ALERTE, non à la famine à Gaza

equipe ONU Gaza IMG 9004 1320x452.jpg ALERTE, non à la famine à Gaza

L’état sanitaire épouvantable des camps qui abritent des centaines de milliers de personnes déplacées internes du génocide et les difficultés pour les Gazaouis de travailler et de gagner leur vie dans ces conditions, donne une place dominante à l’aide humanitaire. Il y a, dans cette attaque génocidaire qui se poursuit, une volonté d’effacer le caractère composite, multiple, de la société de Gaza. Celle-ci comprend toutes sortes de gens, de métiers, de groupes sociaux, que l’on présente aujourd’hui comme une masse informe suspendue à l’aide extérieure, alors que cette société est loin d’être démantelée. 

Toujours est-il que l’aide humanitaire est bien là, mais qu’elle ne parvient pas à ce que les familles soient correctement nourries. Au contraire, cela empire depuis le mois d’août.

Les cuisines collectives et les colis alimentaires n’assurent pas le minimum vital à Gaza. OCHA, le bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires, de même que des journalistes et des militants de la solidarité internationale le disent, l’écrivent : la situation se dégrade gravement.

Depuis un an de soi-disant cessez-le feu et dans le contexte de cette guerre qui s’étend partout au Proche Orient, tout porte à croire que Gaza et ses habitants sont en attente de la mise en œuvre … de quoi au juste ? La réalité c’est que la population est massée dans près d’un tiers du territoire de Gaza, dans des camps de fortune pour beaucoup, sans aucune perspective de changement organisé, sous les tirs et bombardements quotidiens d’Israël qui ont fait plus de 1 500 morts et plus de 5 000 blessés.

Cet état des lieux toléré, voire entretenu, par la « communauté internationale » est inacceptable. C’est laisser mourir à bas bruit toute une population ou l’expulser si elle déclare forfait. Mais les Palestien.nes de Gaza ne déclarent pas forfait. Ils et elles restent fermement sur leur terre. Iels veulent vivre, travailler, nourrir leurs enfants, les voir éduqués, se soigner, se loger. Iels ne renoncent pas à leurs droits fondamentaux.

Il est crucial de le faire savoir et de tout faire pour qu’iels recouvrent le droit de vivre décemment.  La solution est évidemment le retrait israélien et la levée du blocus. Mais, en attendant, il faut arrêter de laisser mourir les habitants de Gaza. Or, actuellement, un des écueils majeurs est la faim. Quand on est sous-alimenté, on faiblit, on pense surtout à manger et à nourrir ses enfants, on est moins entreprenant.

La production locale qui assurait plus ou moins l’approvisionnement de la population en fruits, légumes et poulets avant le génocide est très fortement entravée, voire rendue impossible dans beaucoup de secteurs malgré les rares endroits où les paysans s’acharnent à recultiver chaque lopin de terre accessible. Tout le système cultural : semences, intrants, et les infrastructures (serres, irrigation, …) a été détruit et une grande partie des terres est devenue inaccessible, de l’autre côté de cette « ligne jaune » avec laquelle Israël cantonne les habitants dans une portion réduite du territoire, à la merci de l’aide humanitaire. Malgré tout, des paysans se prennent en mains et, avec le groupe Gaza de l’UJFP, relancent une production.

Israël empêche la livraison de la totalité de l’aide apportée. Ainsi, fin août le taux de déchargement de l’aide de l’ONU et des partenaires, représentant la proportion de camions déchargés avec succès au point d’entrée de Kerem Shalom par rapport à ceux autorisés à entrer chaque jour, a diminué à 52 %, contre 70 % dans la période précédente et encore avant il était de 86 %. (OCHA 18/9 et 25/9)

De plus, l’aide humanitaire est court-circuitée par des envois de biens non essentiels sur les camions d’aide. Comme l’écrit OCHA le 25/9 : 26 % des camions d’aide ont continué à transporter des articles non essentiels, ce qui limite davantage l’entrée de produits sectoriels essentiels nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires, essentiellement alimentaires et sanitaires.

La dégradation de la sécurité alimentaire est patente, à la lecture des bulletins hebdomadaires de l’OCHA.

OCHA 4/9 : Au cours de la première moitié du mois d’août, chaque famille a reçu trois colis et un sac de farine de 25 kilos, couvrant plus de 100 % des besoins caloriques minimum. Cependant, en raison de la disponibilité des stocks, à partir de la mi-août, la taille de la ration a été ajustée à deux colis alimentaires et un sac de farine, couvrant 75 % des besoins caloriques minimum.

Dans la première quinzaine de septembre, en raison de la disponibilité des stocks, chaque famille n’a reçu qu’un seul colis et un sac de farine de 25 kilogrammes, couvrant environ 50 % des besoins caloriques minimum. (OCHA 18/9)

OCHA 25/9 : Au 20 septembre, les partenaires avaient fourni une aide alimentaire en nature à 191 000 ménages (plus de 730 000 personnes) dans le cadre du cycle de distribution mensuel.

Les colis sont passés de 3 par famille à deux, puis un seul et c’est toujours le cas en octobre.

Au 15 octobre, La production quotidienne de repas cuisinés a diminué d’environ 12 % par rapport à la fin du mois de septembre (OCHA 15/10).

Nous alertons le mouvement de soutien à la Palestine et toutes les personnes de conscience : associez-vous à l’UJFP pour exiger que cesse la famine organisée à Gaza.

L’aide alimentaire humanitaire doit atteindre au moins les 100 % des besoins caloriques minimum pour toute la population de Gaza.

Non au blocage israélien criminel de l’aide humanitaire

Non au génocide

Le groupe de travail Gaza de l’UJFP

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