Silence, on tue

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Des enfants palestiniens sont assis sur une butte de sable surplombant un camp de déplacés bondé dans la bande de Gaza. Photo : OCHA

« Il y a ou il y aura bientôt plus de morts à Gaza par maladies et surtout par maladies contagieuses, que de victimes des bombardements. Les insectes, les rongeurs font des ravages. Bientôt les pluies transformeront la bande en un grand cloaque boueux. 4 000 enfants sont actuellement dans un état désespéré et mourront dans quelques jours sans une intervention médicale rapide et cette intervention n’aura pas lieu car rien ne rentre à Gaza … »

Qui parle ainsi dans l’écouteur de mon téléphone ? Le Pr Raphael Walden avec lequel je m’entretenais téléphoniquement il y a quelques jours, ancien sous directeur de l’Hôpital Tell Hachomer, un des plus importants hôpitaux d’Israël, ancien Président des Médecins israéliens pour les droits civiques, de surcroît ancien médecin personnel de Shimon Peres dont il avait épousé la fille, Zvia. Un juste.

«  Et que se passe-t-il en Cisjordanie ? ai-je demandé

«  Une immense misère. La population n’avait que deux ressources qui lui ont été retirées : le travail en Israël et leur agriculture-élevage. Impossible désormais d’aller travailler en Israël et l’activité agricole est profondément perturbée par les groupes de colons qui coupent les oliviers, empêchent la récolte des olives, tuant ou volant les moutons. C’est affreux…

Zvia ajouta : «  c’est chaque jour plus grave. »

Devant un tel témoignage de poids, que valent les insupportables verbiages sur nos écrans et nos radios des BHL et Delphine Horvilleur qui jouissent d’un curieux open bar dans tous les médias, nous soûlant ad nauseam de la vacuité de leur discours et de leur prose, tortillant leurs phrases autour du mot tabou génocide, qu’il ne faut pas prononcer, sinon en le niant. Les ruines de Gaza, les enfants morts par dizaines de milliers n’ont pas droit à l’honneur de ce diagnostic que les meilleurs spécialistes israéliens du génocide et tant d’autres avec eux ont pourtant porté.

Mais peut être cette mauvaise foi renferme-t-elle un éclat de vérité. Le mot génocide ne convient peut être pas ou ne convient plus pour décrire l’état de Gaza. Par quoi le remplacer ?

Il y a des années de cela, Raphi Walden avait cette analyse : Gaza n’est rien d’autre qu’une prison à ciel ouvert. Après le 7 octobre, date fatidique attendant depuis 3 ans l’enquête internationale qui nous dira la réalité des faits dans leur horreur, elle s’est transformée en camp de concentration. Depuis, peu à peu, avec le tracé d’une ligne jaune, elle est devenue … un camp d’extermination. Point n’est besoin de chambres à gaz pour cela, les maladies, les rats, les insectes, la malnutrition y suffiront.

Voilà peut-être le mot juste pour remplacer celui de génocide : Extermination, en commençant par celle des enfants. Et nous sommes les spectateurs impuissants de cette abomination, avec les silences des médias, une propagande ou hasbara omniprésente, avec son relai dans la bouche de « philosophes », (cf. ci-dessus) comme on n’en a jamais connu.

Se lèvera-t-il enfin le vent de la révolte qui nous délivrera de ce cauchemar ?

P.S. : Court extrait  du dernier compte rendu hebdomadaire d’OCHA (United Nations Office of Humanitarian Affairs) :

Entre le 14 et le 20 septembre, les maladies transmissibles ont représenté 18 % des 279 419 consultations sanitaires menées dans 215 sites de déclaration actifs à Gaza. Les infections respiratoires aiguës restent la principale affection signalée (52 % de tous les cas de maladies à déclarer), suivies des infections cutanées (28 %) et de la diarrhée aqueuse aiguë (20 %). Un nouveau cas de paralysie flasque aiguë (Acute Flaccid Paralysis, AFP) a également été signalé, portant le total cumulé à 22 cas depuis le début de 2026.

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