Rapport sur la situation humanitaire à Gaza | 3 juillet 2026

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Le Rapport complet en anglais ICI.

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Remise en état provisoire des infrastructures d’assainissement desservant la ville de Gaza, grâce au soutien de l’UNICEF et du CICR. Photo : UNICEF

Faits saillants

En seulement deux semaines, plus de 9 000 cas de varicelle  ont été signalés dans 130 établissements de santé à Gaza, dont la moitié à Khan Younis.

Bien que seulement 85 % des déchets solides produits à Gaza soient collectés, les risques globaux pour la santé et l’environnement liés aux déchets non gérés et aux infestations de parasites, combinés à la lutte antiparasitaire, n’ont pas augmenté.

Une pénurie de bicarbonate de sodium, due à un sous-financement chronique à l’hôpital Al Shifa affecterait gravement les services d’hémodialyse, réduisant la capacité de traitement d’environ 240 patients atteints d’insuffisance rénale terminale.

Une nouvelle évaluation humanitaire dans deux localisations palestiniennes en Cisjordanie a révélé que l’établissement d’avant-postes de colonies à proximité s’est accompagné d’attaques répétées de colons, d’une insécurité croissante et d’une détérioration de l’accès aux services essentiels.

Plus de 2 300 Palestiniens ont été déplacés à travers la Cisjordanie en 2026 en raison d’attaques de colons  et de restrictions d’accès qui leur sont liées.

Les démolitions dans les quartiers de Jérusalem-Est du côté « cisjordanien » de la séparation représentent maintenant 37 % de toutes les démolitions sans permis à Jérusalem-Est, soit près du double de la moyenne enregistrée au cours des six dernières années.

Vue d’ensemble

Dans l’ensemble du territoire palestinien occupé (Occupied Palestinian Territory, OPT), les Palestiniens sont confinés dans des espaces de plus en plus petits où il faut à la fois vivre, se déplacer, accéder aux services essentiels et subvenir aux moyens de subsistance. Dans la bande de Gaza, de nouveaux déplacements sont entraînés par l’expansion des zones d’accès restreintes imposées par l’armée – parfois marquées par des blocs de ciment jaune – ou par des frappes aériennes ou des bombardements qui, rien qu’au cours de la semaine dernière, ont allumé des incendies qui ont consumé des centaines de tentes. En Cisjordanie, le déplacement est de plus en plus lié aux attaques récurrentes de colons israéliens et à la création de nouveaux avant-postes de colonies, ainsi qu’aux démolitions de maisons, qui ruinent l’accès à la terre, les moyens de subsistance et les services de base. Dans les deux contextes, les déplacements répétés érodent la résilience des ménages, approfondissent les besoins humanitaires et augmentent la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire.

La Bande de Gaza

Cette section couvre la période du 22 au 28 juin, sauf indication contraire.

Au cours de la période de référence, les habitants de la bande de Gaza, y compris les travailleurs humanitaires, sont restés exposés à des frappes aériennes, à d’autres actions militaires, à des déplacements nouveaux ou prolongés et à des risques persistants pour la santé. Pour la plupart des résidents, le déplacement, la surpopulation et l’accès limité aux services de base continuent de saper la sécurité, la dignité et le bien-être.

Selon le ministère de la Santé (Ministry of Health, MoH) de Gaza, qui fonctionne sous les autorités de facto, 23 Palestiniens ont été tués, un corps a été retrouvé, une personne est morte de ses blessures et 112 personnes ont été blessées entre le 24 et le 30 juin. Cela porte le nombre global de victimes signalée depuis l’annonce d’un accord de cessez-le-feu le 10 octobre 2025 à 1 053 décès et 3 406 blessés, selon le ministère de la Santé.

Le 29 juin, la mort d’une mère et de sa petite fille, tuées par une frappe aérienne dans la région d’Al Mawasi de Khan Younis a été annoncée. La frappe aurait également détruit les tentes de plus de 150 familles et endommagé les tentes de 250 autres familles. Les personnes touchées sont aidées par l’ONU et ses partenaires.

Le 27 juin, un enfant en classe de CM2 est décédé des suites de blessures subies lors d’une frappe aérienne le 23 juin près d’un espace temporaire d’enseignement. Dans un incident distinct, une jeune fille de 17 ans – l’une des ambassadeurs de la jeunesse de l’UNICEF – a été tuée alors qu’elle allait passer son examen de fin d’études secondaires.

Le déplacement des zones proches de la « ligne jaune » se poursuit. Entre le 26 et le 27 juin, plus de 20 familles ont été déplacées de l’Est du gouvernorat de Deir al Balah et plus d’une douzaine de l’est de la ville de Gaza. Les personnes nouvellement déplacées ont déclaré qu’elles avaient reçu l’ordre de partir par des annonces faites depuis des quadricoptères ou qu’elles se sont enfuies alors que les forces israéliennes avançaient vers leurs zones résidentielles tout en larguant des munitions explosives par avion. Dans le gouvernorat de Deir al Balah, de nouveaux blocs de ciment jaune ont été installés, signalant une nouvelle expansion des zones qui sont maintenant interdites. Dans une déclaration  publiée le 1er juillet, l’équipe nationale humanitaire – qui rassemble les chefs d’entités de l’ONU et les ONG opérant dans l’OPT – a averti que l’expansion continue des zones sous contrôle israélien mettait en danger les civils et les actions de secours.

Pour plus d’informations à ce sujet, consulter la section sur les zones à accès restreint du rapport de la semaine dernière.

Une évaluation conjointe publiée par l’Organisation de l’alimentation et de l’agriculture (Food and Agriculture Organisation, FAO) et le Centre des satellites des Nations unies (United Nations Satellite Center, UNOSAT) a révélé que les agriculteurs de Gaza ont réhabilité environ 24 hectares de serres depuis la déclaration du cessez-le-feu, ainsi que des signes précoces de reprise dans le secteur de l’élevage. Les efforts de récupération agricole se poursuivent grâce à l’aide en espèces, au soutien au bétail et aux conseils techniques, malgré les restrictions d’accès en vigueur. Depuis octobre 2025, la FAO a distribué près de 600 tonnes d’aliments pour animaux chaque mois. Cependant, les partenaires signalent qu’environ 80 % des serres sont endommagées ou hors production, tandis que la plupart des terres agricoles de Gaza restent inaccessibles, ce qui limite gravement les moyens de subsistance et la production agricole.

Parallèlement, les partenaires humanitaires ont continué à utiliser le mécanisme de distribution conjointe rapide pour répondre aux besoins immédiats de sauvetage des familles nouvellement déplacées et de celles qui ont perdu leurs biens.

Au total, 29 ménages qui ont subi des pertes totales ont reçu un paquet multisectoriel, comprenant une tente, quatre couvertures, un kit d’hygiène, un kit de dignité, trois bidons et deux bâches. Les 10 autres ménages ont reçu une assistance ciblée en fonction de la gravité des dommages et des résultats de l’évaluation.

La santé publique

Le Groupe Santé met en garde contre une propagation de la varicelle dans toute la bande de Gaza. En seulement deux semaines, il a enregistré près de 9 300 cas signalés dans plus de 130 établissements de santé. Plus de la moitié de ces cas étaient localisés à Khan Younis. Les partenaires associent cette flambée à la détérioration des conditions environnementales, à la surpopulation, aux lacunes en matière d’assainissement et d’hygiène, ainsi qu’à la saison estivale. Les partenaires fournissent des antihistaminiques, des antibiotiques, des antipyrétiques et d’autres médicaments essentiels. Ils intensifient également le transport d’eau sur les sites où se concentrent des déplacements importants, intensifiant la chloration et améliorant le nettoyage et la désinfection des latrines. En outre, ils envoient plus de 100 promoteurs de la santé dans des lieux prioritaires pour éduquer les gens sur la gestion domestique, les pratiques d’isolement et la façon de demander un soutien médical à un stade précoce. Pour étendre la couverture du traitement, plus de ressources et de kits d’hygiène sont nécessaires, ainsi qu’un accès sans entrave aux zones touchées et un financement soutenu.

Le Groupe Santé a diffusé aux partenaires de la santé des données agrégées au niveau des établissements pour soutenir le suivi ciblé, comprenant l’examen de la disponibilité des traitements de soutien, les mesures de prévention et de contrôle des infections, l’identification et la gestion des cas, l’orientation des cas compliqués et la déclaration des lacunes. Le Groupe Santé se coordonne également avec les Groupes Gestion des sites et d’Eau, Assainissement et Hygiène (Water, Sanitation and Hygien, WASH) sur le suivi au niveau des sites pour les zones à haut risque, où les rapports sur le terrain font état de préoccupations concernant les maladies de la peau, la surpopulation, les mauvaises conditions d’assainissement, l’accumulation de déchets, ainsi que les risques liés aux vecteurs et aux rongeurs.

L’augmentation des cas signalés de varicelle se produit dans un environnement de déplacement déjà marqué par une grave surpopulation, une détérioration des conditions d’hygiène et des risques environnementaux généralisés pour la santé. Gaza compte actuellement plus de 1 600 sites de déplacement actifs abritant environ 1,7 million de personnes, tandis que la couverture du Groupe Gestion des Sites (Site Management Cluster, SMC) reste limitée à environ 34 %, laissant une grande proportion de familles déplacées sans soutien ni surveillance réguliers au niveau du site. Les systèmes d’alerte SMC existants continuent de signaler des vulnérabilités aiguës liées à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, dont un accès inadéquat à l’eau potable, une disponibilité limitée de savon, une gestion insuffisante des déchets solides et des conditions de vie surpeuplées, ce qui augmente tous les risques de transmission de maladies transmissibles.

Ces risques sont encore aggravés par des infestations généralisées de rongeurs et d’ectoparasites, signalées dans 83 % des sites de déplacement évalués, ainsi que des eaux usées dans les rues, des déchets solides accumulés, de l’eau stagnante et des mauvaises conditions d’assainissement. Lors de récentes visites sur les sites, les équipes du Groupe Gestion de Sites ont également observé que de nombreux ménages n’avaient pas de conteneurs de stockage d’eau appropriés et avaient recours à des solutions improvisées, telles que le stockage de l’eau dans des sacs à farine usagés doublés de sacs poubelles en plastique, qui augmentent le risque de contamination de l’eau et de stockage insuffisant de l’eau à usage domestique. Combinées à la surpopulation, à une mauvaise gestion des déchets et à un accès limité à l’eau et aux fournitures d’hygiène, ces conditions créent un environnement très propice à la propagation de la varicelle et d’autres maladies transmissibles.

Plus généralement, le système de santé continue de souffrir d’une pénurie d’articles critiques. Le ministère de la Santé (Ministry of Health, MoH) a signalé une perturbation critique des services d’hémodialyse à l’hôpital Al Shifa dans la ville de Gaza en raison de pénuries de bicarbonate de sodium, conséquence d’un sous-financement chronique. En raison de la pénurie de ce consommable essentiel pour le fonctionnement de la machine de dialyse, environ 45 à 50 % des appareils de dialyse (environ 25 sur 52) sont actuellement hors service, ce qui réduit considérablement la capacité de traitement pour environ 240 patients atteints d’insuffisance rénale terminale. Des mesures d’urgence, notamment la réduction des séances de dialyse de trois à deux fois par semaine, la réduction de la durée des séances de quatre à trois heures et l’augmentation du nombre de services quotidiens, ont été introduites pour maintenir une couverture partielle. Ces mesures ont eu un impact négatif sur les patients, avec des rapports croissants de fatigue, de détérioration clinique et de risques élevés de complications cardiaques et respiratoires. La situation reste critique, avec un besoin urgent de rétablir les approvisionnements pour éviter une nouvelle détérioration et d’éventuelles pertes en vies. Le Groupe Santé continue de travailler avec des partenaires et des donateurs bilatéraux pour répondre à ce besoin urgent.

Les approvisionnements

Selon les données du mécanisme 2720 de l’ONU, les agences des Nations unies et les partenaires des ONG ont déchargé environ 41 800 palettes d’aide au passage de Kerem Shalom pour les distribuer à l’intérieur de Gaza en juin. Cela a mis en évidence une diminution par rapport à environ 46 600 palettes en mai en restant en-dessous des volumes enregistrés en avril (49 400), mars (47 500), février (54 600) et janvier (58 600). Kerem Shalom reste le seul passage opérationnel pour les marchandises entrant à Gaza.

Au cours de la période de référence, les volumes de déchargement par le corridor Ashdod sont tombés fortement à 65 camions en raison d’un problème technique affectant un scanner utilisé pour le fret humanitaire. Le corridor égyptien a continué à connaître des taux de retour et de rejet élevés, avec seulement 42 % des marchandises déchargées avec succès, tandis que le corridor du Jourdain maintenait un taux de déchargement de 100 %, avec 166 camions déchargés.

Sur le plan commercial, les données fournies par la Chambre de commerce de Gaza au Groupe de Travail sur la Trésorerie indiquent que le secteur privé a collecté 831 camions à Gaza entre le 22 et le 28 juin. Sur ces camions commerciaux, 52 % contenaient des produits alimentaires, ainsi que 23 camions de combustible de cuisson. Cependant, 29 % (240 camions) transportaient des biens non essentiels, ce qui reflète la poursuite des incitations du marché qui favorisent les produits de base associés à des coûts plus bas et à des marges bénéficiaires plus élevées dans un contexte d’incertitude et de risques financiers continus. En comparaison, les matériaux d’abri représentaient 11 % des importations commerciales et les articles d’hygiène 5%. Seules des quantités limitées de marchandises essentielles sont entrées à Gaza, y compris trois camions de médicaments et d’aliments pour animaux, deux camions d’articles de papeterie et d’insecticides et un camion de produits de soins pour bébés. Les produits essentiels restent donc sous-importés malgré la demande continue et les besoins humanitaires critiques.

L’ONU n’est en mesure de confirmer que l’entrée des fournitures suivies par l’ONU 2720. Pour leur ventilation, consulter le tableau de bord en ligne du Mécanisme 2720 de l’ONU.

Pour un compte rendu détaillé des dernières opérations humanitaires à Gaza, voir l’annexe 1 ci-dessous.

Le financement

image 1 Rapport sur la situation humanitaire à Gaza | 3 juillet 2026
92% des fonds requis vont à l’aide humanitaire
à Gaza et 8% à la Cisjordanie
90% des fonds s’adressent aux besoins de la bande de Gaza et 10% à ceux de la Cisjordanie

Sources : Système de Suivi Financier (Financial Tracking System) et Aide Humanitaire dans les territoires palestiniens occupés

Annexes

Annexe 1 : Opérations humanitaires dans la bande de Gaza, par groupe

Cette section couvre la période du 22 au 28 juin, sauf indication contraire.

La sécurité alimentaire

Entre le 1er et le 28 juin, les partenaires ont fourni une assistance alimentaire générale à plus de 752 000 personnes via 36 sites de distribution dans le cadre du cycle de distribution mensuel. Chaque famille a reçu deux colis, un sac de farine de 25 kilogrammes et 2,5 kilogrammes de biscuits à haute teneur énergétique, couvrant 75 % des besoins caloriques minimum. Alors que certaines familles continuent de recevoir une aide alimentaire mensuelle en nature, un nombre croissant reçoit une aide financière polyvalente (Multi Purpose Cash Assistance, MPCA), coordonnée par le Groupe de Travail sur la Trésorerie (Cash Working Group, CWG), qui aide également à répondre aux besoins alimentaires des ménages et à renforcer la sécurité alimentaire dans toute la bande de Gaza.

Au 24 juin, les partenaires préparaient près de 703 000 repas chaque jour dans 98 cuisines et les livraient dans plus de 1 100 localisations. Cela inclut plus de 10 000 repas quotidiens dans les établissements de santé pour les travailleurs de la santé et les patients.

Au 28 juin, environ 120 000 paquets de pain de deux kilogrammes étaient produits quotidiennement par 28 boulangeries subventionnées. Environ 80 % du pain sont vendus par l’intermédiaire de 159 détaillants sous contrat à un prix subventionné de 3 NIS (0,83 €) le paquet, et 20 % sont distribués gratuitement dans environ 320 refuges et sites communautaires.

Grâce au modèle de production « diesel uniquement » qui a débuté le 25 avril, six boulangeries privées continuent de recevoir du carburant gratuit de la part de partenaires humanitaires pour produire du pain pour leurs communautés tout en gérant leurs opérations de manière indépendante, y compris la tarification du paquet de pain. La production a régulièrement augmenté pour s’élever à 29 tonnes (Metric Tons, MT) de pain préparé quotidiennement à la fin du mois de juin.

Les partenaires de la sécurité alimentaire (Food Security System, FSS) renforcent leur collaboration avec les partenaires de l’Action Anti-Mines (Mine Action, MA) pour effectuer des évaluations des risques d’explosion de munitions sur les terres agricoles identifiées, avant de mettre en œuvre des interventions agricoles. Compte tenu de la nature saisonnière et du caractère urgent des activités agricoles, de la petite taille des propriétés foncières des agriculteurs et des zones relativement grandes nécessitant une évaluation par rapport à d’autres secteurs, il est urgent de faire un plaidoyer conjoint pour permettre des interventions d’action minière, dont la levée des restrictions sur la conduite des activités d’élimination des munitions explosives et l’entrée d’équipements connexes.

Il y a un besoin urgent de plaidoyer continu pour faciliter l’entrée et l’installation d’équipements de refroidissement et de réfrigération. Son absence affecte négativement la disponibilité et l’accessibilité financière des produits alimentaires frais, en particulier à mesure que les températures augmentent.

L’Eau, l’assainissement et l’hygiène (Water, Sanitation and Hygien, WASH)

Les partenaires ont collecté et transféré des déchets, mais le financement et la capacité opérationnelle étant limités, seuls 85 % de la production ont été collectés. Dans le nord de Gaza, la décongestion des décharges temporaires, dont celle du marché de Firas, se poursuit sous la direction du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), les déchets étant transférés sur le site d’Abu Jarad, au sud de la ville de Gaza.

Les activités de lutte antiparasitaire se poursuivent également à Gaza dans le cadre du PNUD, ainsi que des campagnes systématiques de sensibilisation communautaire menées par l’UNICEF et les agences partenaires.

Les partenaires du l’ensemble eau-assainissement-hygiène se concentrent de plus en plus sur les activités de stabilisation, par des mesures visant à réduire la dépendance à l’égard du camionnage d’eau, à améliorer la chloration et à renforcer la gestion des eaux usées. Alors que l’eau potable (74 %) et l’eau domestique (28 %) continueront à dépendre fortement du camionnage dans un avenir prévisible, l’entrée de plus de matériaux de réparation, ainsi que la création de points d’eau communautaires et de mini-réseaux, pourrait réduire considérablement cette dépendance. Depuis le début de l’année, 40 points de remplissage et 15 unités d’osmose inverse ont été installés, portant le total à 282 points d’eau communautaires à travers la bande de Gaza.

Le 24 juin, les partenaires ont réparé cinq ruptures dans le réseau d’égouts de l’ouest de Khan Younis ; d’autres travaux de réparation et de réhabilitation des infrastructures essentielles d’eau, d’assainissement et d’hygiène ont été effectuées.

Les partenaires ont distribué 15 800 kits d’hygiène, 10 000 bidons et 3 000 autres conteneurs d’eau, apportant un soutien à au moins 94 800 personnes dans la bande de Gaza.

La nutrition

Au cours de la première moitié du mois de juin, les partenaires ont examiné 29 617 enfants âgés de 6 à 59 mois ; chez 1 208 (4,08 %) d’entre eux a été identifiée une malnutrition aiguë et ces enfants ont été admis à un traitement, dont 178 (0,6 %) atteints de la forme de malnutrition aiguë (Severe Acute Malnutrition, SAM) la plus grave. Les dernières admissions portent à 3 301 le nombre total d’enfants qui ont reçu des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi pour un traitement au cours des deux premières semaines de juin. Parmi les autres groupes d’âge, 14 nourrissons de moins de six mois qui présentaient un risque de retard de croissance ont été admis à un traitement hospitalier de la malnutrition, tandis qu’un nourrisson de moins de six mois a été inscrit pour recevoir des préparations pour nourrissons prêtes à l’emploi (Ready to Use Infant Formula, RUIF). En outre, 22 enfants de plus de cinq ans souffrant d’émaciation sévère et/ou d’œdème nutritionnel ont été admis à des soins hospitaliers et au traitement de la malnutrition.

Les partenaires ont également examiné 22 598 femmes enceintes et allaitantes (Pregnant and Breastfeeding Women, PBW) pour la malnutrition aiguë et 6 100 d’entre elles ont été admises à un traitement. Parallèlement, les partenaires ont fourni à 23 249 femmes enceintes ou allaitantes et à des soignants une combinaison de conseils collectifs et individuels sur l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants en cas d’urgence (Infant and Young Child Feeding -in Emergency, IYCF-E).

Au-delà de ceux qui ont reçu un traitement, 118 077 enfants âgés de 6 à 59 mois et 43 044 femmes enceintes et allaitantes ont reçu des suppléments nutritionnels à base de lipides en quantité moyenne (Medium Quantity-Lipid-based Nutrient Supplements, MQ-LNS) dans le cadre du programme d’alimentation supplémentaire préventive (Blanket Supplementary Feeding Programme, BSFP). Il y a actuellement 281 sites de nutrition opérationnels dans toute la bande de Gaza.

Le Groupe Nutrition a terminé une enquête standardisée de surveillance et d’évaluation des secours et des transitions (Standardized Monitoring and Assessment of Relief and Transitions, SMART) et ses résultats devraient être publiés sous peu.

L’hébergement

Entre le 21 et le 27 juin, les partenaires ont fourni à plus de 4 000 ménages un abri et d’autres articles essentiels par des modalités en nature et en espèces, dont des kits de literie, des ustensiles de cuisine, des tentes et des kits de vêtements.

Les partenaires ont également amélioré 851 abris de fortune, portant le total cumulé à 2 560 abris de fortune améliorés et 774 abris d’urgence nouvellement installés depuis janvier 2026.

Des réparations d’urgence ont été effectuées sur 453 maisons partiellement endommagées, ce qui a porté le nombre cumulé d’unités de logements réhabilités à environ 1 299 depuis le début de 2026.

La distribution de lampes à énergie solaire à 7 200 ménages de la bande de Gaza est en cours. L’intervention cible 26 sites de déplacement dans le nord et le sud de Gaza.

La réponse en termes d’hébergement continue d’être limitée par le quasi-épuisement des stocks d’abris et d’articles non alimentaires (Non Food Items, NFI), par les restrictions prolongées à l’entrée de matériaux essentiels pour les abris, par un accès humanitaire limité en raison de l’insécurité ; interviennent aussi les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, d’importants déficits de financement et l’augmentation rapide des besoins d’abris. Ces difficultés continuent de limiter sévèrement l’ampleur et l’efficacité de la réponse humanitaire.

Pour plus d’informations, consulter le site internet du Groupe Hébergement.

Le Groupe Gestion de sites

Les partenaires du Groupe Gestion de sites (Site Management Cluster, SMC) continuent de mobiliser les habitants des 532 sites de déplacement par une présence active de gestion des sites pour qu’ils participent aux activités d’entretien et d’amélioration du site :  campagnes de nettoyage de routine, enlèvement des déchets, débouchage des canalisations et entretien de base des espaces communs. L’engagement communautaire reste fort, les résidents démontrant constamment leur volonté de consacrer du temps et des efforts à l’amélioration de la sécurité, de l’hygiène et de la qualité de vie de leurs sites.

Cependant, ces efforts sont de plus en plus contraints par une pénurie critique de boîtes à outils pour l’amélioration des sites. En partie à cause des refus d’entrée, le manque d’équipement d’entretien de base – dont des râteaux, des brouettes, des balais, des pelles et des gants – limite la capacité des résidents et des partenaires à traduire la mobilisation communautaire en améliorations pratiques et durables. En outre, l’espace extrêmement limité entre les abris continue d’entraver la circulation en toute sécurité, la gestion des déchets, les travaux de drainage et les améliorations plus larges au niveau du site. En conséquence, malgré la forte participation de la communauté, le manque d’outils essentiels et la grave surpopulation continuent de saper les efforts visant à faire face aux risques évitables pour la santé environnementale à grande échelle.

La protection

Quelque 15 acteurs de la protection ont continué à fournir des services de protection à plusieurs niveaux dans les gouvernorats du nord de Gaza, de la ville de Gaza, de Deir al Balah et de Khan Younis, touchant plus de 46 100 personnes, ainsi que 726 foyers, au total. Cela comprend :

  • Des protections multicouches servies à plus de 23 200 personnes ;
  • Des services en santé mentale et de soutien psychosocial (Mental Health and PsychoSocial Support, MHPSS), des premiers secours psychologiques (Psychological First Aid, PFA) et des services de conseil à 9 579 personnes ;
  • L’éducation au risque d’explosion de munitions (Explosive Ordnance Risk Education, EORE) et l’éducation à la préparation et à la protection contre les conflits (Conflict  Preparation and Protection, CPP), avec distribution de matériel d’information, d’éducation et de communication, à 6 155 personnes ;
  • Gestion de cas, suivi de cas et orientation à 3 501 personnes ;
  • Sensibilisation à la protection générale et activités d’atténuation des risques à 1 091 personnes ;
  • Aide juridique, médiation, logement, terre et propriété (Housing, Land and Property, HLP) et soutien aux démarches d’état civil de 492 personnes ;
  • Services d’inclusion, de réadaptation et d’accessibilité pour 359 personnes, y compris les personnes handicapées, les personnes blessées et les personnes âgées ;
  • Sensibilisation à la prévention de l’exploitation et des abus sexuels (Prevention of Sexual Exploitation and Abuses, PSEA), rapports sécuritaires et formation connexe ayant touché 257 participants ;
  • Aide financière en espèces pour se protéger et autres aides en espèces à 200 personnes ;
  • Activités de formation, de renforcement des capacités, de supervision professionnelle et de bien-être du personnel, apportées à 169 participants, dont 61 travailleurs de première ligne soutenus par une composante dédiée « Aider les aidants » ;
  • Sensibilisation à la santé et à la nutrition et activités de suivi ayant touché 573 personnes ;
  • Activités d’autonomisation économique impliquant 60 femmes ;
  • Activités liées à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’acquisition de compétences de la vie courante avec 380 participants ;
  • Campagnes de nettoyage et soutien en matière d’hygiène au niveau des sites impliquant 393 travailleurs et moniteurs de sites.

En parallèle, les partenaires ont touché environ 22 920 personnes par une aide intégrée et axée sur la protection. Cette aide a inclus des colis de nourriture et de légumes, des kits d’hygiène, des kits de dignité, des colis de matériel de nettoyage, des colis d’ustensiles de cuisine, des colis d’approvisionnement en eau, des colis pour les abris, des couches pour adultes, des sacs d’école et des sacs pour le personnel éducatif, des distributions collectives de déjeuners liées à l’appui à la santé mentale et au soutien psychosocial, le remplacement de tentes endommagées ou inadéquates sur un site de déplacement et la fourniture de papeterie éducative pour les enfants handicapés.

Le Groupe Protection a continué à coordonner le bureau de protection pour le soutien à 186 rapatriés par des premiers secours psychologiques, l’aide d’urgence et des services d’orientation. Cela porte le nombre cumulé de rapatriés soutenus depuis la réouverture de la frontière de Rafah à 3 676 personnes, dont 1 327 reçoivent actuellement des services de protection de suivi, avec des évaluations initiales des besoins et un soutien psychosocial spécialisé.

La surveillance de la protection s’est poursuivie via neuf groupes de discussion (Focus Groups Discussions, FGD) et 124 entretiens avec des informateurs clés (Key Informant Interview, KII) menés avec les membres de la communauté dans 13 quartiers accessibles, qui ont concerné 1 177 personnes au total.

Pour plus d’informations, consulter le tableau de bord du Groupe Protection.

La protection de l’enfance

Les partenaires de la protection de l’enfance ont entrepris les activités suivantes :

  • Gestion de cas et services spécialisés fournis à au moins 390 enfants, dont 51 enfants orientés vers des services spécialisés ; 10 enfants nouvellement identifiés placés dans des dispositifs de prise en charge en groupe et 10 enfants réunis avec des membres de leur famille élargie ; en outre, 100 enfants vulnérables ont reçu une aide financière en espèces pour atténuer les risques liés à la protection, et 60 enfants ont reçu un soutien à la restauration de la parole ;
  • Interventions en santé mentale et en soutien psychosocial faites auprès d’au moins 10 000 enfants par des séances structurées comportant les premiers secours psychologiques (Psychological First Aid, PFA), la mise en œuvre de compétences corps-esprit et d’autres activités de soutien psychosocial telles que le conseil individuel et de groupe, la thérapie par le jeu, les activités artistiques, les sports, les activités récréatives et les séances sur les compétences de vie courante ; au moins 3 700 soignants ont participé à des séances sur la parentalité et de conseil familial positif, ainsi qu’à des activités axées sur l’adaptation positive et la régulation émotionnelle ;
  • Des activités communautaires de prévention et de sensibilisation aux risques pour la protection de l’enfance ont concerné au moins 5 900 enfants et soignants ; elles ont traité de la prévention de la violence, des abus et de l’exploitation, ainsi que de la sauvegarde, de la protection contre l’exploitation et les abus sexuels et de la sécurité numérique ; des outils de cartographie de la sécurité des enfants et de marches sur la sécurité ont été mis en œuvre, y compris avec la participation de 500 enfants dans cinq camps de déplacement, permettant l’identification des problèmes de sécurité et le développement d’actions de suivi;
  • Activités préparatoires à la programmation pour la saison estivale, avec un total de 120 groupes d’enfants formés pour les activités du camp d’été à venir ;
  • Renforcement des capacités pour les travailleurs de première ligne, avec au moins 98 membres du personnel participant aux soins du personnel, à l’autosoins, à la sauvegarde, à la protection contre l’exploitation et les abus sexuels et à d’autres formations liées à la protection de l’enfance et au soutien à la santé mentale et à l’appui psychosocial ;
  • Aide d’urgence fournie parallèlement aux services de protection, avec la distribution de 2 450 kits récréatifs (de soutien psychosocial) et d’au moins 904 kits d’hygiène aux enfants, en plus de 500 kits d’hygiène pré-positionnés pour la distribution aux familles vivant dans des tentes ; couvertures distribuées à 500 familles et kits de dignité fournis à 319 familles ;
  • En réponse aux cas signalés de varicelle dans les lieux de déplacement, l’assistance à maîtrise d’ouvrage pour la protection de l’enfance s’est coordonnée avec les partenaires de la santé et de l’ensemble eau-assainissement-hygiène pour mettre en œuvre une approche multisectorielle visant à protéger les enfants tout en maintenant l’accès aux services essentiels de protection de l’enfance et de santé mentale et soutien psychosocial. Des conseils ont été diffusés aux animateurs et aux équipes chargées d’assurer des espace sûrs, sur les mesures préventives comprenant la promotion de l’hygiène, le nettoyage des espaces et du matériel d’activité, la gestion sûre des activités de groupe, la communication sur les risques auprès de soignants et les parcours d’orientation vers les services de santé. Cette approche vise à réduire les risques de transmission, à prévenir la stigmatisation et l’exclusion, et à assurer la prestation sûre et continue des services de protection de l’enfance.

S’attaquer à la violence fondée sur le genre (Gender Based Violence, GBV)

Les partenaires ont entrepris les activités suivantes pour s’attaquer à la violence fondée sur le genre :

  • Services multisectoriels dédiés à la violence fondée sur le genre rendus à 12 171 personnes dans 129 points, y compris 79 centres de services sociaux pour femmes et jeunes filles (Women and Girls Social Services, WGSS) fonctionnels (en augmentation par rapport au nombre précédent de 74), bien que 11 restent fermés en raison de pénuries de financement ;
  • Élargissement des services de santé mentale et de soutien psychosocial, l’activité la plus demandée : 7 250 femmes et jeunes filles ont participé à 493 sessions de groupe et 2 868 ont reçu un soutien individuel. Les activités ont inclus des séances récréatives et de renforcement des compétences, ainsi que des initiatives d’autonomisation économique nouvellement introduites ;
  • Apport de services de gestion de cas à 724 survivantes de violence fondée sur le genre : planification de la sécurité et orientation vers la santé, l’alimentation et l’aide en espèces
  • Soutien juridique élargi, avec des services de conseil, de documentation et de représentation ; 12 femmes ont bénéficié d’une assistance juridique ;
  • Augmentation de l’aide en espèces attribuée à 1 402 femmes et jeunes filles à partir du fonds pour la protection et à l’atténuation des risques de violence fondée sur le genre ;
  • Activités de prévention et de sensibilisation menées auprès de 11 778 personnes (9 061 femmes, 2 717 hommes) bien que les contraintes d’accès persistent dans certaines zones ;
  • Formation de 222 travailleurs de première ligne sur la violence fondée sur le genre, dont 30 travailleurs de la santé formés à la prise en charge clinique du viol et de la violence entre partenaires intimes
  • Distribution de 474 kits de dignité, en attente de fournitures supplémentaires.

L’action anti-mines

Les partenaires ont effectué 17 évaluations des risques d’explosion dans l’accompagnement de l’enlèvement des débris et d’autres activités partenaires, ainsi que 31 missions de gestion de la qualité pour soutenir les activités d’élimination des engins explosifs. Sept équipes d’intervention d’urgence ont également été menées à l’appui du département de l’ONU pour la sûreté et la sécurité (United Nations Department of Safety and Security, UNDSS).

Les partenaires ont continué à mettre en œuvre des programmes d’éducation sur les risques d’explosion de munitions et de protection de la communauté (Explosive Ordnance Risk Education -Conflict Preparation and Protection, EORE-CPP) par des séances de sensibilisation adressées à des personnes, de formation de formateurs (Training of Trainers, ToT), de campagnes médiatiques de masse et d’activités de sensibilisation d’urgence pour sensibiliser aux risques d’engins explosifs. Les partenaires ont également continué à appliquer l’outil de hiérarchisation de l’éducation à ces risques, pour identifier et cibler les communautés les plus exposées, en veillant à ce que les interventions et les ressources soient destinées aux populations les plus vulnérables.

L’éducation

La distribution des fournitures scolaires s’est poursuivie pendant la période considérée. Au total, 250 kits « L’école dans un carton » ont été alloués pour être distribués dans environ 80 espaces temporaires d’éducation (Temporary Learning Spaces, TLS) soutenus par les partenaires. Le 22 juin, les partenaires ont collecté un envoi supplémentaire de 1 512 de ces kits, en nombre suffisant pour soutenir environ 60 480 apprenants. Malgré ces livraisons, les fournitures scolaires disponibles restent inférieures aux besoins actuels. Comme ces matériaux sont consommables, un réapprovisionnement continu sera nécessaire pour soutenir les activités d’apprentissage.

Les examens Tawjihi de 2026 se sont poursuivis d Gaza, la fréquentation déclarée étant supérieure à 95 %. Le cycle d’examen devrait se terminer le 8 juillet. Les chiffres finaux sur le nombre de candidats qui ont terminé les examens seront publiés après la fin du cycle d’examen.

Les télécommunications d’urgence

Le 22 juin, Groupe Télécommunications d’Urgence (Emergency Telecommunications Cluster, ETC) s’est coordonné avec le Département de l’ONU pour la sûreté et la sécurité, sur les activités de télécommunications en grappe, dont les mises à jour des plans de communication de sécurité et les préparatifs pour le déploiement de programmes de radio à très haute fréquence (Very High Frequency, VHF) standardisés dans les opérations de Gaza.

Le Groupe s’est également coordonné avec le Centre des opérations de sécurité de Gaza (Gaza Security Operations Center, GSOC) pour intégrer les enseignements opérationnels des activités de formation du système de communication de sécurité (Security Communication System, SCS). L’équipe a programmé plusieurs appareils radio VHF, a diffusé des conseils aux équipes de sécurité et a fait progresser l’élaboration d’une carte de couverture radio mise à jour.

Les préparatifs pour la reconfiguration et l’alignement des canaux des radios VHF des Nations Unies dans tout Gaza sont en cours, dirigés par le Département de l’ONU pour la Sûreté et la Sécurité, avec le soutien technique du Groupe Télécommunications d’Urgence, pour renforcer la coordination et l’interopérabilité des communications. À ce jour, environ 25 % de la flotte radio VHF de l’ONU a été reconfigurée, des activités ayant été réalisées dans 2 des 13 agences des Nations Unies. Les agences restantes seront couvertes par un déploiement progressif au cours des deux prochains mois.

Traduction SF pour l’UJFP

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