Collège de France : la censure du colloque sur la Palestine jugée illégale

College de france Collège de France : la censure du colloque sur la Palestine jugée illégale

Le 15 juillet 2026, le tribunal administratif de Paris a jugé illégale l’annulation par le Collège de France d’un colloque international sur la Palestine. L’histoire d’une polémique fabriquée, d’une pression politique et d’une institution qui cède. Avec mes consœurs Lyne Haigar et Amel Delimi, je représentais Mouvement pour la Justice (seule association palestinienne partie au recours) et Pluriversité.

D’autres requêtes tendant aux mêmes fins avaient été déposées (voir point 6).

Communiqué de presse sur le site du tribunal administratif de Paris : https://paris.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/annulation-du-colloque-la-palestine-et-l-europe-au-college-de-france

1. Au début, un colloque sur La Palestine au Collège de France

Il faut d’abord dire ce qui a été annulé, parce que tout le reste en découle.

Les 13 et 14 novembre 2025 devait se tenir, dans l’amphithéâtre Marguerite de Navarre du Collège de France, un colloque intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines ». Il était organisé par le professeur Henry Laurence, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, en partenariat avec le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (CAREP).

L’objet était universitaire et parfaitement identifié : comprendre, sur le temps long, l’évolution des rapports politiques, économiques et idéologiques entre l’Europe et la Palestine, à la lumière des héritages coloniaux, des dynamiques diplomatiques et du droit international. Le tribunal administratif lui-même décrira l’événement comme réunissant « des enseignants-chercheurs ainsi que des personnalités politiques de diverses nationalités » autour de l’étude des rapports entre l’Europe et la Palestine, « des responsabilités imputées à l’Europe dans la situation contemporaine à Gaza et en Cisjordanie », avec des tables rondes comme « Le sionisme comme projet européen d’expansion coloniale » ou « Silencier les voix palestiniennes ».

Le comité scientifique, présidé par Henry Laurens, réunissait des chercheurs confirmés du CNRS, de l’EHESS et d’universités de Rome, Madrid, Londres, Montréal, Amsterdam, Bruxelles, Turin ou Berlin. Parmi la quarantaine d’intervenants annoncés figuraient l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, l’ancien chef de la diplomatie européenne Josep Borrel, la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese , ou encore les chercheuses Stéphanie Latte Abdallah (CNRS) et Leila Seurat. L’administration du Collège de France avait été informée du projet au plus tard le 2 avril 2025 soit plus de sept mois à l’avance.

Retenez ce détail, car il résume tout : l’une des tables rondes s’intitulait « Silencier les voix palestiniennes ».

Le colloque a fini par illustrer, à ses dépens, son propre programme.

2. La fabrique d’une « polémique »

La « polémique » invoquée pour justifier l’annulation n’existait tout simplement pas avant qu’on la fabrique.

Le point de départ n’est pas un incident, ni une menace. C’est un article. Le 7 novembre 2025, l’hebdomadaire Le Pointpublie « Au Collège de France, un colloque palestinien à haut risque ». Le tribunal administratif, qui a examiné cet article, en fera une lecture sévère : il relève que le texte « s’en tient à faire état du caractère univoque du colloque et ne mentionne en aucun cas, si ce n’est dans son titre, les risques d’atteinte à l’ordre public auxquels ferait face le colloque ». Autrement dit, le « haut risque » était dans le titre, pas dans les faits.

À partir de là, la mécanique s’emballe. Selon les révélations du journal Le Monde (11 novembre 2025), un réseau d’universitaires et d’associations (dont la LICRA) échange, entre le 8 et le 10 novembre, autour de la nécessité de « mesures coercitives pour faire rentrer dans le cadre » des chercheurs qualifiés de « militants propalestiniens ».

Puis intervient le pouvoir politique. Le Monde révèle que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a adressé à l’administrateur du Collège de France, avant la décision d’annulation, une lettre où il évoquait une « vive polémique », affirmait douter que l’établissement soit « en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer », et exprimait son « profond désaccord avec l’angle retenu par le colloque » ; tout en jurant qu’il lui revenait de « faire respecter » la liberté académique.

C’est un tour de force rhétorique : invoquer la liberté académique pour peser sur une décision qui va la restreindre. Une fois l’annulation prononcée, le même ministre l’a saluée publiquement comme une « décision responsable ». Il félicitait donc, comme spectateur, une décision qu’il avait contribué à provoquer comme acteur.

3. Le Collège de France cède sous la pression

Le 9 novembre 2025 à 11 heures, l’administrateur du Collège de France, Thomas Römer, publie un communiqué annonçant l’annulation. Il y rappelle la « stricte neutralité » de l’établissement et son attachement à la liberté académique, puis justifie la mesure par « les risques » entourant l’événement et l’obligation d’« assurer la sécurité » et « la sérénité des débats ».

Deux choses manquent cruellement à ce communiqué : le moindre incident précis, et la moindre menace caractérisée. Le texte ne cite aucun fait daté, aucun texte juridique. Il parle de « polémique » et de « risques » au singulier abstrait.

La réaction du monde universitaire fut immédiate. François Héran, professeur émérite du Collège de France, rend publique une lettre dénonçant une atteinte à la liberté académique sous couvert de neutralité. France Universités, qui réunit les chefs d’établissement du supérieur, dit découvrir la décision « avec stupeur » et exprime une « vive inquiétude ». Près d’un millier de chercheurs, enseignants et étudiants signent une pétition. Et, fait rare, le Collège de France lui-même reconnaîtra auprès de Le Monde que le colloque « ne contrevenait pas aux règles générales en matière de liberté académique ».

Traduction : scientifiquement légitime, académiquement fondé, institutionnellement validé mais politiquement gênant, donc supprimé.

4. Un argument sécuritaire qui s’effondre tout seul

C’est le cœur du dossier. Le seul motif juridiquement présentable d’une annulation, c’est le risque de trouble à l’ordre public. Encore faut-il le prouver. Or les faits eux-mêmes contredisent le récit du danger.

Premier fait accablant : le cours du professeur Laurens s’est tenu normalement. Le 12 novembre 2025 (la veille du colloque annulé), Henry Laurens, nommément visé par la polémique, a donné son cours au Collège de France, au même endroit, devant le même type de public, sur le même Proche-Orient. Sans incident. Sans intervention policière.

Deuxième fait : les graffitis brandis comme preuve venaient des opposants au colloque. Le Collège a mis en avant des inscriptions découvertes le 3 novembre 2025 aux abords de l’établissement (plainte déposée le 5 novembre). Mais quand on lit ce que disaient ces tags (« LAURENS BOUCHERON LIBEREZ OTAGES POUR PAIX A GAZA », « HAMAS TUEURS VIOLEURS », « HAMAS ASSASSIN »), on comprend qu’ils émanaient de personnes hostiles au colloque, et non de ses partisans. Le « risque » invoqué pour interdire l’événement provenait donc de ceux qui voulaient l’empêcher. Quant aux dégradations les plus nombreuses et aux messages haineux visant les intervenants, ils datent du 14 novembre : soit après la décision d’annulation du 9 novembre. On ne peut pas justifier une décision par des faits qui n’existaient pas encore quand elle a été prise.

Troisième fait : aucune mesure alternative n’a été sérieusement tentée. Depuis la jurisprudence Benjamin (1933), une autorité ne peut interdire une réunion que si le trouble redouté est si grave qu’aucune mesure moins radicale ne pourrait l’éviter. Filtrage à l’entrée, contrôle des accès, limitation de la jauge, présence d’agents, concours de la police : autant de solutions que le Collège n’a jamais démontré avoir examinées avant de choisir la mesure la plus brutale : la suppression pure et simple.

5. Deux juges de l’urgence disent non et pourquoi cela ne veut pas dire « c’est légal »

Ici, un point technique, essentiel pour comprendre la portée de la décision du 15 juillet 2026.

Face à l’annulation, les requérants ont d’abord saisi le juge en extrême-urgence, par la voie du référé-liberté (article L. 521-2 du code de justice administrative). Cette procédure expresse oblige le juge à statuer en 48 heures. Mais elle a un prix : pour gagner, il ne suffit pas de démontrer que la décision est illégale. Il faut prouver une « atteinte grave et manifestement illégale » à une liberté fondamentale : une illégalité tellement flagrante qu’elle saute aux yeux, sans instruction approfondie.

Le 12 novembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Paris rejette les sept requêtes : dans l’urgence, il n’aperçoit pas d’atteinte manifestement illégale. Le 13 novembre, le juge des référés du Conseil d’État confirme et de la manière la plus expéditive : par une ordonnance de « tri » rendue sans audience publique (article L. 522-3 du CJA), estimant « manifeste » que les appels ne pouvaient prospérer.

Beaucoup en ont conclu, un peu vite, que la justice avait « validé » l’annulation. C’est un contre-sens. Le rejet d’un référé-liberté ne signifie pas que la décision est légale : il signifie seulement que, dans l’urgence et en l’état, l’illégalité n’était pas assez évidente pour justifier une intervention en 48 heures. Le juge du fond, lui, dispose du temps, du dossier complet, et d’un contrôle bien plus exigeant.

Cette distinction n’est pas un artifice d’avocat. Le droit administratif regorge d’affaires où une même atteinte, jugée ni « grave » ni « manifestement illégale » en référé, a ensuite été purement et simplement annulée au fond. L’exemple le plus célèbre est celui du port du matricule par les policiers : rejet en référé en 2023, puis condamnation de l’État au fond quelques mois plus tard par le Conseil d’État réuni en Assemblée (la formation la plus solennelle du Conseil d’État). De même, certaines dispositions sur la prolongation automatique des détentions pendant le Covid, jugées acceptables en référé, ont ensuite été censurées puis annulées.

Le référé photographie l’urgence, le fond juge le droit.

6. Le 15 juillet 2026 : le fond tranche

C’est exactement ce qui vient de se produire. Saisi cette fois du recours au fond (celui qui juge la légalité même de la décision), le tribunal administratif de Paris a, le 15 juillet 2026, annulé la décision du 9 novembre 2025.

Le raisonnement est méthodique, et il démonte un à un les motifs du Collège.

La polémique ne suffit pas. Le tribunal juge que « la seule circonstance que l’organisation du colloque ferait l’objet d’une polémique » n’excède pas les missions d’un établissement d’enseignement supérieur et ne constitue aucun manquement à l’exigence d’indépendance. Une controverse (au surplus créée de toute pièce) n’est pas un motif d’annulation.

Les graffitis ne suffisent pas. Le tribunal admet leur lien avec le colloque, mais juge que « de telles dégradations ne caractérisent pas un risque d’atteinte à l’ordre public d’un degré tel qu’il justifie l’annulation d’un colloque universitaire ».

L’article du Point ne suffit pas. Le tribunal relève que cet article ne mentionne le « haut risque » que dans son titre. Et il écarte expressément les messages haineux et les nouveaux graffitis du 14 novembre, parce qu’ils sont « intervenus postérieurement à la date de la décision attaquée ».

Le plan Vigipirate ne suffit pas. Le tribunal constate que le Collège « n’apporte aucune précision sur l’impossibilité effective de mettre en place un dispositif de sécurité le jour de l’événement ». Quant au huis clos prétendument impossible : « aucune justification sur ce point ».

Conclusion : la décision d’annuler le colloque « est entachée d’une erreur d’appréciation » et doit être annulée. Le Collège de France est condamné à verser 4 000 euros aux requérants.

Une nuance, pour être complet : le tribunal n’a pas donné raison à tout le monde sur tout. Il a jugé que l’association Pluriversité (dont l’objet statutaire vise l’accompagnement d’étudiants) n’avait pas d’intérêt à agir contre cette décision, et a rejeté sa requête comme irrecevable. En revanche, il a reconnu la qualité pour agir de notre autre cliente, l’association Mouvement pour la Justice, dont l’objet est « la défense des libertés individuelles ou associatives de toutes personnes agissant dans l’intérêt des droits reconnus au peuple palestinien », comme celle de la Coordination antifasciste pour l’affirmation des libertés académiques et pédagogique (CAALAP) (représentée par notre confrère Henri Braun). Ce sont ces recours, avec notamment ceux de la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP-FSU), la Fédération syndicale unitaire (FSU), la Fédération syndicale des étudiants de France (UNEF), le syndicat CGT-FERC Sup, la société des études sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans, l’association pour la liberté académique et l’association française de science politique (AFSP) (représentés nos confrères Lionel Crusoé et Aïnoha Pascual), les chercheurs du CAREP (représentés par notre confrère Raphaël Kempf), qui ont emporté l’annulation.

7. Le hors-champ : ce que l’on faisait taire

Le colloque, le tribunal l’a rappelé, portait précisément sur « les responsabilités imputées à l’Europe dans la situation contemporaine à Gaza et en Cisjordanie ». C’est ce débat-là que l’on a voulu empêcher. Il faut donc dire ce qui se joue, pendant ce temps, sur le terrain et que la censure d’un colloque contribue à soustraire au regard.

Le 19 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme emploie, dans un rapport officiel, l’expression de nettoyage ethnique à propos de Gaza et de la Cisjordanie. Son Haut-Commissaire, Volker Türk, résume : «L’impunité n’est pas une notion abstraite : elle tue. » Cinq mois plus tôt, la Commission d’enquête indépendante de l’ONU avait estimé réunis quatre des cinq actes constitutifs du génocide. En juin 2026, une commission d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme accuse Israël de prendre délibérément pour cible des enfants palestiniens à Gaza, élément d’une intention génocidaire.

Les bilans donnent la mesure. 72 000 morts officiels au 22 février 2026 ; The Lancet Global Health, le 18 février 2026, estime que le total dépasse 83 000 morts pour les seuls quinze premiers mois, avant même la famine. Cette famine, au stade maximal (Phase 5), a été officiellement confirmée le 22 août 2025. Human Rights Watch a documenté des centaines de Palestiniens tués en tentant d’accéder aux points de distribution d’aide. Le journal israélien Haaretz a recueilli les témoignages de soldats affirmant avoir reçu l’ordre de tirer sur des foules désarmées : « Il n’y a pas d’ennemi. Pas d’armes. »

Ce qui rend cette affaire française si troublante, c’est le contraste. Pendant que des institutions internationales documentent ces faits, l’État qui a laissé annuler un colloque sur la Palestine multiplie, sur le même sujet, les gestes contradictoires : condamnations verbales d’un côté ; salons d’armement, coopérations industrielles et tentatives de renvoi de Gazaouis vers Gaza de l’autre. Ses propres juridictions l’ont d’ailleurs rappelé à l’ordre : le tribunal administratif de Montreuil (9 octobre 2024), puis celui de Paris (10 décembre 2025), ont annulé des arrêtés fixant la Palestine comme pays de renvoi, jugeant qu’y renvoyer un Palestinien l’exposerait à des « traitements inhumains ou dégradants » (article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme). Et la Cour nationale du droit d’asile, en grande formation le 11 juillet 2025, a jugé que les Palestiniens de Gaza craignent « avec raison d’être personnellement persécutés » en cas de retour.

Là encore, ce ne sont pas des voix militantes. Ce sont des juges, des rapporteurs de l’ONU, et jusqu’aux organisations israéliennes de défense des droits humains les plus respectées (B’Tselem et Physicians for Human Rights Israel) qui, dans leurs rapports du 28 juillet 2025, concluent qu’« Israël commet un génocide ». La présidente de la Commission d’enquête de l’ONU, Navi Pillay, prévient : « Lorsque des signes évidents de génocide apparaissent, l’absence d’action équivaut à de la complicité. »

Le lien avec le Collège de France est direct. On ne peut pas, d’un même mouvement, réclamer que la justice, l’université et le débat public regardent ces faits en face, et supprimer les colloques qui prétendent précisément les étudier. Faire taire le débat savant sur la Palestine, au moment où l’impunité grandit, ce n’est pas rester neutre : c’est détourner le regard, et aider à le détourner.

8. Aujourd’hui la Palestine, demain n’importe quel sujet

Parce que le mécanisme est reproductible. Regardez l’enchaînement : un article de presse lance une polémique ; une organisation saisit un ministre ; le ministre écrit à l’institution ; l’institution cède ; le juge de l’urgence, ne bloque pas et l’événement disparaît. Si ce circuit fonctionne une fois, il fonctionnera toujours. Comme l’ont résumé les organisateurs : il suffirait désormais d’un article polémique ou d’un tweet ministériel pour faire tomber n’importe quel colloque jugé « sensible ».

Parce que le motif réel n’était pas le risque, mais le sujet. Le professeur visé a pu faire cours sans incident la veille. Le colloque a finalement été diffusé en ligne sans heurt. Ce qui gênait, ce n’était pas un danger : c’était un sujet. Et lorsqu’on admet qu’un savoir puisse être supprimé à raison de son thème, plus aucune recherche n’est à l’abri. Aujourd’hui la Palestine ; demain, potentiellement, les violences policières, l’écologie, les migrations, les discriminations.

Parce que la liberté académique ne se réduit pas à une diffusion en ligne. Tenir un débat scientifique, ce n’est pas mettre une vidéo sur internet. C’est le tenir dans le cadre institutionnel qui l’a validé et annoncé, devant un public, des étudiants, des chercheurs et la presse et non le reléguer, dans l’urgence, à une salle de trente places pour près de quarante intervenants.

9. Une victoire, et un avertissement

L’annulation de ce colloque c’est aussi une affaire de liberté, de savoir et de contre-pouvoirs.

Le contre-pouvoir a fini par fonctionner. Il a fallu du temps, un procès au fond, et un juge disposé à regarder les faits plutôt que la clameur, pour que le droit reprenne sa place. Le jugement du 15 juillet 2026 rappelle une évidence qu’on avait laissée vaciller : on n’annule pas un colloque parce qu’il dérange parce qu’il parle, a fortiori quand ce sujet est, précisément, l’un de ceux sur lesquels le monde a le plus besoin de savoir.

C’est une victoire. Ce n’est pas une raison de fermer les yeux, c’en est une de ne rien lâcher.

Samy DJEMAOUN Avocat au barreau de Paris 

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