
En octobre prochain se tiendront à Lyon, Marseille et Paris des salons de l’alyah. L’alyah, terme qui signifie “ascension” en hébreu, désigne l’acte pour un-e Juif-ve d’immigrer en Israël et constitue l’un des piliers de la politique sioniste de colonisation de la Palestine. Originellement, dans la mystique juive, le terme alyah évoque l’ascension spirituelle de l’âme, et aucunement une situation d’émigration matérielle. Dans les prières juives, la formule “l’an prochain à Jérusalem” est régulièrement invoquée, mais celle-ci évoque une rédemption prochaine de l’âme et non une migration véritable. Les sionistes ont perverti ce concept spirituel en en faisant l’un des piliers de la colonisation en Palestine, créant une fallacieuse “loi du retour” permettant aux personnes juives ayant au moins un grand-parent juif, ainsi qu’à leurs conjoints, de s’installer en Palestine occupée et d’acquérir la citoyenneté israélienne.
Cette “loi du retour” dénuée de fondements s’inscrit en contradiction totale avec le droit au retour, lui bien réel et toujours nié par le gouvernement sioniste, des Palestinien-nes chassé-e-s de leurs terres. Il s’agit donc d’un véritable salon de recrutement colonial destiné à accélérer le nettoyage ethnique des Palestinien-nes et à étendre les territoires colonisés.
L’organisateur principal de ce salon est l’Agence Juive pour Israël (AJPI). Cette dernière a joué un rôle central dans l’implantation des colonies sionistes en Palestine dès l’époque du mandat britannique avant 1948. Travaillant en étroite collaboration avec le Fonds National Juif, créé en 1901 et gérant historique des terres volées aux propriétaires palestinien-nes chassé-e-s, l’Agence Juive œuvre à l’installation de colons sur l’ensemble du territoire de la Palestine afin d’exercer une pression démographique et économique sur les Palestinien-nes, pour les pousser au départ. Ainsi, le programme d’alyah collective “Alyah Lekh Lekha”, qui a son propre stand dans ces salons de l’alyah, invite les aspirants immigrants à “sauter dans l’avion d’El Al pour rejoindre la Terre qui [leur] appartient”. Leur brochure invite ses bénéficiaires à s’installer dans des localités comme Alon Shvout ou Tal Menashe, colonies en Cisjordanie occupée. Ce programme est soutenu par l’association Israel is Forever, très proche du gouvernement de Netanyahou, et dont la présidente Nili Kupfer fait l’objet en France d’un mandat d’amener pour ses actions de blocage de l’aide humanitaire à destination de Gaza.
Depuis le 7 octobre 2023, de nombreux salons de ce type se sont déroulés en toute impunité dans plusieurs villes françaises, tandis que le décompte des victimes palestiniennes allait croissant. En juillet 2026, l’ONU publiait les chiffres effroyables de 73 000 morts dont 21 600 enfants, 1,4 million de personnes déplacées, 660 000 enfants privés d’éducation et plus de 100 000 enfants exposés à un risque de malnutrition aigüe. Ce salon de recrutement colonial est d’autant plus aberrant lorsque l’on sait que 92 % des habitations et 96 % des terres agricoles gazaouies ont été détruites.
Alors, que fait la France ? Tandis que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot affirmait récemment avec un aplomb sans pareil que la France a fait plus “pour la cause palestinienne” que n’importe quel autre État du monde, la député Caroline Yadan vient de déposer un amendement visant à allouer 500 000 euros d’argent public pour aider les familles françaises installées en Palestine occupée. Dans le même temps, les réfugiés palestiniens demandant l’asile en France sont accueillis au compte-goutte, et les chaînes du service public censurent les voix s’élevant pour la Palestine, comme l’illustre l’exemple récent d’Adèle Haenel censurée par France Télévision. La tenue de ces salons de la colonisation n’est donc que l’énième élément d’une politique française ouvertement sioniste et impérialiste.
Enfin, en suggérant que les Juif-ves n’auraient pas leur place en France, ces salons alimentent un message antisémite entretenu par des discours islamophobes et antipalestiniens. Comme toute lutte antiraciste, la lutte contre l’antisémitisme doit s’inscrire dans un mouvement global de libération de toutes et de tous.
Nous, militant-e-s antiracistes, antifascistes et anticolonialistes, refusons la tenue de cet événement honteux ! Nous vous appelons à interpeller vos élus, à parler de ce salon autour de vous et à soutenir les organisations luttant pour la libération de la Palestine.
NON A LA TENUE DE CES SALONS DE PROPAGANDE SIONISTE ET COLONIALE !
POUR LA LIBÉRATION DE LA PALESTINE ET L’AUTODÉTERMINATION DU PEUPLE PALESTINIEN, NE LÂCHONS RIEN !
Urgence Palestine,
Tsedek!,
La Fosse aux Lyons,
Union Juive Française pour la Paix
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ORGANISATIONS SIGNATAIRES DE L’APPEL (LISTE NON CLOSE) :
Samidoun
Comité Palestine Saint-Denis
Europalestine
Waves of Freedom
Parti des Indigènes de la République
Organisation de Solidarité Trans
Universitaires avec Gaza
Sahraouis en révolte
Coalition Stop Jumelages
Union pour la Reconstruction Communiste


