Bardella a du mal à effacer son passé soralien1 : « toutes les banques sont détenues par des Juifs ». « Le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. En France, deux bels exemples [sic] sont BHL ou Attali. Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale ».
Il n’est pas seul au Rassemblement National : Edwige Diaz affiche fièrement comme devise « Le parti ne te doit rien, tu dois tout au parti » qui était la devise du PPF2, le parti de Jacques Doriot. Jean-Philippe Tanguy s’est exclamé à plusieurs reprises dans un meeting à Vierzon : « le travail rend libre », traduction du slogan à l’entrée d’Auschwitz. Et Caroline Parmentier, choisie pour « dédiaboliser » le RN, a dirigé pendant 28 ans le journal Présent qui est à la fois raciste, antiféministe, catholique identitaire et homophobe.
Bardella a reçu le soutien d’Amichai Chikli, ministre israélien de la Diaspora, celui qui a interdit la présence à Gaza de Médecins sans Frontières, Handicap International et Save the Children. Ce ministre défend l’alliance d’Israël avec les sionistes chrétiens3 contre les Juifs américains qui, selon lui, « perdent leur identité ». Il avait invité tous les dirigeants européens de l’extrême droite dont Bardella à une « conférence internationale contre l’antisémitisme »[note]Jérusalem, 26 et 27 mars 2025.[/note]. Il a immédiatement affirmé que Bardella n’était pas antisémite.
Les révélations de Médiapart sur Bardella remettent les choses au point à un moment où Serge Klarsfeld4 s’est fait décorer par Louis Aliot5 et a aussitôt affirmé que le RN n’était pas antisémite, le principal danger pour les Juifs étant, selon lui, la France Insoumise. Rappelons qu’en 2022, 53,5% des Français d’Israël ayant voté, avaient choisi Éric Zemmour, celui qui affirmait que Pétain voulait sauver les Juifs.
Cette complicité avec l’extrême droite antisémite est ancienne. Déjà Theodor Herzl6 s’était adressé à tous les antisémites de son époque, partageant avec eux le but que les Juifs quittent l’Europe.
Depuis des années nos « élites » politiques et médiatiques font tout pour intégrer le RN dans « l’arc républicain ». Ces élites renouent avec le sinistre « plutôt Hitler que le Front Populaire » des années 1930. Le vote juif pour l’extrême droite, fondé sur l’amnésie, se développe. Les révélations de Médiapart vont, espérons-le, enrayer cette évolution.
Même le président du CRIF7 a déclaré « ne pas avoir de doutes » sur les propos antisémites de Bardella. Il a ajouté que le RN « continue d’être le parti refuge des identitaires ».
Pour l’UJFP, l’extrême droite a toujours été antisémite, même si aujourd’hui elle essaie de masquer sa nature en multipliant les pires propos et actes islamophobes. Et la complicité entre cette extrême droite et les dirigeants génocidaires israéliens est une réalité ancienne et évidente. Quand des Juifs soutiennent aujourd’hui l’extrême droite antisémite, c’est plus que de l’amnésie, c’est une obscénité.
La Coordination nationale de l’UJFP, le 21 octobre 2026
- Alain Soral est un idéologue d’extrême droite condamné plusieurs fois pour antisémitisme.[⇧]
- Parti Populaire Français fondé en 1936.[⇧]
- Pour ces évangélistes, les Juifs doivent revenir en Terre Sainte, chasser les Arabes, puisse convertir à la « vraie foi », sinon ils seront exterminés.[⇧]
- Connu comme chasseur de Nazis.[⇧]
- Maire RN de Perpignan.[⇧]
- Fondateur du sionisme avec le livre « L’État des Juifs » (1896).[⇧]
- Yonathan Arfi.[⇧]