Rapport sur la situation humanitaire à Gaza | 12 juin 2026

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Le rapport complet en anglais ICI.

reparation de canalisations Rapport sur la situation humanitaire à Gaza | 12 juin 2026
À Gaza, plus de 70 % de la population dépend de l’approvisionnement en eau par camions-citernes, mais le manque de financement menace cet approvisionnement. En Cisjordanie, la dépendance de la population vis-à-vis de l’approvisionnement en eau par camions-citernes ne cesse de croître. Des travailleurs humanitaires réparent un puits dans le nord de Gaza. Photo : UNRWA

Faits saillants

La situation dans le territoire palestinien occupé se détériore rapidement, prévient le Secrétaire Général de l’ONU.

En Cisjordanie, le ministère palestinien de la Santé avertit que plus d’un tiers des médicaments essentiels sont en rupture de stock et que plus de 11 000 interventions chirurgicales ont été reportées depuis le début de 2026.

Depuis janvier, plus de 1 000 attaques de colons ont causé des pertes ou des dommages matériels dans plus de 230 communautés, et dans ce contexte, plus de 2 200 Palestiniens ont été déplacés.

Depuis janvier, plus de 100 incidents de démolition ou de violence des colons ont endommagé ou détruit plus de 190 structures liées à l’eau et à l’assainissement à travers la Cisjordanie, augmentant la dépendance au transport urgent de l’eau  dans les communautés vulnérables.

À Gaza, plus de 70 % de la population dépend de l’eau distribuée par camion-citerne, mais les déficits de financement mettent cet approvisionnement en danger.

Les familles déplacées dans des sites surpeuplés, les bâtiments endommagés et les abris de fortune seront bientôt exposés à des températures estivales extrêmes, tandis que les restrictions d’accès et les longues procédures de dédouanement continuent d’affecter la livraison d’abris et d’articles non alimentaires essentiels en temps voulu et que les pénuries de financement menacent l’approvisionnement et le prépositionnement des fournitures hivernales.

Alors qu’environ 2 000 sites ont été traités contre les parasites depuis la mi-mai, les maladies de la peau et les infections continuent d’augmenter en raison d’un accès limité à l’eau potable, à l’assainissement et au traitement ; et l’accès aux décharges est encore restreint, ce qui entraîne une accumulation continue de déchets dans les zones peuplées.

Vue d’ensemble

La situation dans le territoire palestinien occupé se détériore rapidement. C’est ce qu’a exprimé tout récemment António Guterres, le Secrétaire Général de l’ONU le 10 juin, lors de son intervention devant le Conseil de Sécurité.

« Malgré le cessez-le-feu annoncé il y a huit mois », a-t-il déclaré, « Gaza est toujours confrontée à une profonde incertitude et à une immense souffrance humaine. La violence est en hausse, des civils sont tués  quotidiennement. Les opérations humanitaires restent fortement limitées. Les besoins humains fondamentaux – en matière d’eau potable, d’assainissement, de nourriture, d’abri, de soins de santé, et plus encore – ne sont pas satisfaits. Et le gouvernement israélien déclare son intention de contrôler 70 % de la bande de Gaza. »

En ce qui concerne la Cisjordanie, M. Guterres a cité des « rapports alarmants ]..[ de violence des colons – perpétrant en moyenne six attaques par jour. Démolition de maisons, destruction de fermes et confiscation de terres. L’expansion incessante des colonies israéliennes illégales. Le déplacement continu des Palestiniens à des niveaux jamais vus depuis 1967. La menace d’une tentative d’annexion qui – à l’instar de l’occupation de plusieurs décennies – n’aurait aucune validité juridique. »

Le secrétaire général a mis en garde contre une « présomption d’impunité » dans tout le territoire palestinien occupé. « Ces injustices doivent cesser », a-t-il déclaré. « Les États membres doivent se conformer à toutes leurs obligations en vertu du droit international. Aucune exception. »

La Bande de Gaza

Les civils et les infrastructures civiles sont exposés aux frappes aériennes israéliennes, aux bombardements et aux coups de feu, ce qui entraîne des signalements de victimes et de dommages. Selon le ministère de la Santé (Ministry of Health, MoH) de Gaza, qui opère sous les autorités de facto, 39 Palestiniens ont été tués, deux corps ont été retrouvés, quatre sont morts de leurs blessures et 199 personnes ont été blessées entre le 3 et le 10 juin. Cela porte le nombre global de victimes signalé depuis l’annonce d’un accord de cessez-le-feu le 10 octobre 2025 à 981 décès et 3 104 blessés, selon le ministère de la santé.

Le 10 juin, le Bureau du Haut-Commissaire aux Droits Humains (Office of the High Commissionner on Human Rights, OHCHR) s’est dit  préoccupé par des rapports répétés d’activités violentes menées par des « éléments armés palestiniens à Gaza qui semblent être soutenus par les forces israéliennes ». La veille, selon l’OHCHR, ces forces ont arrêté plusieurs Palestiniens, dont sept membres de l’équipage d’ambulance de la Société palestinienne du Croissant-Rouge (Palestinian Red Cross Society, PRCS). Tandis que cinq d’entre eux ont été libérés plus tard, deux ont été emmenés dans un endroit inconnu, selon l’OHCHR, qui a appelé à leur libération immédiate, soulignant les obligations d’Israël en tant que puissance occupante d’assurer l’ordre public et la sécurité « et de s’abstenir de telles violations du droit international, ainsi que de les prévenir, concernant notamment l’obstruction des services médicaux ». Le 11 juin, le Croissant Rouge Palestinien a déclaré que l’un des deux avait été libéré.

Parallèlement, les partenaires humanitaires parlent d’une détérioration de l’environnement de protection des enfants Liée à la pauvreté, les déplacements et l’insécurité augmentant les risques de négligence, de travail dangereux, de séparations familiales et d’exposition à la violence. Les enfants sont confrontés à de graves difficultés psychologiques et à des risques liés aux engins explosifs, tandis que les contraintes d’accès, les pénuries de ressources et les approvisionnements limités entravent toujours la prestation de services de protection de l’enfance, de santé mentale et de soutien psychosocial. Plus largement, les partenaires de la protection signalent des pénuries critiques de kits de dignité et d’articles de gestion de l’hygiène menstruelle (MHM), les stocks étant presque épuisés malgré la forte demande parmi les femmes et les jeunes filles.

La campagne de lutte antiparasitaire est en cours avec plus de 2 000 sites traités depuis la mi-mai. Néanmoins, les maladies de la peau et les infections ectoparasitaires continuent d’augmenter, tandis que les partenaires signalent que les infestations de parasites et de rongeurs augmentent également les niveaux de stress et contribuent à une augmentation de la violence domestique. Cela tient au fait que les gens sont encore déplacés dans des lieux surpeuplés, avec un accès limité à de l’eau propre, aux fournitures d’hygiène et à un traitement rapide ; également au fait que les décharges près de la bordure est de Gaza restent inaccessibles, perpétuant l’accumulation de déchets dans les zones peuplées.

Entre le 1er et le 9 juin, un peu plus d’un million de litres de diesel pourraient être apportés à Gaza. Ce montant est en deçà des volumes nécessaires pour maintenir les opérations de sauvetage en cours. Les faibles volumes de carburant entrant ont, à leur tour, forcé les partenaires humanitaires à donner la priorité aux opérations les plus critiques identifiées par les groupes sectoriels, ce qui a conduit à la réduction de certaines activités non critiques.

Le Groupe Eau, Assainissement et Hygiène (Water, Sanitation and Hygien, WASH) rapporte, par exemple, que dans le nord, les livraisons limitées de carburant de la semaine dernière ont entraîné des perturbations et un fonctionnement par rotation des services essentiels, dont la relocalisation des déchets solides du marché de Firas et le fonctionnement des infrastructures d’eau et d’assainissement dans la ville de Gaza.

Pour plus de 70 % de la population, la principale source d’eau potable est la livraison par camion qu’il est difficile de maintenir. Alors que les partenaires humanitaires comblent les lacunes liées au fait que quatre partenaires ont progressivement abandonné les livraisons d’eau par camion  depuis la mi-mai, le financement reste insuffisant pour maintenir la couverture actuelle, et encore plus pour l’étendre pendant l’été.

En aggravant ces difficultés, les restrictions d’accès et les longues procédures d’autorisation pour l’entrée d’articles d’aide continuent d’affecter la livraison en temps voulu d’abris et d’articles non alimentaires, les besoins dépassant les ressources disponibles ; c’est particulièrement le cas de ménages déplacés vivant dans des sites surpeuplés, des bâtiments endommagés et des abris de fortune qui seront de plus en plus exposés à des températures estivales extrêmes, ce qui limite la capacité des partenaires à répondre efficacement aux priorités émergentes.

La sécurité alimentaire et les marchés

Selon le dernier numéro du Gaza Market Monitor du Programme Alimentaire Mondial (PAM) (World Food Program, WFP), au cours de la première moitié du mois de mai 2026, la consommation alimentaire, la disponibilité et les prix se sont légèrement améliorés par rapport à avril, ce qui est attribué à une augmentation déclarée du flux de fournitures commerciales et humanitaires. Les enquêtes rapportées par le PAM montrent une diminution – de 75 % en avril à 63 % – du nombre de ménages déclarant des difficultés d’accès aux marchés. Parmi les ménages confrontés à des difficultés, 93 % ont cité des difficultés financières en raison du manque d’argent liquide et 54 % ont indiqué qu’ils ne pouvaient pas se permettre des aliments de base en raison de leurs prix élevés. Le PAM prévient que la consommation de fruits et d’aliments riches en protéines est restée limitée à une fois par semaine ou moins, perpétuant le risque de malnutrition, en particulier chez les enfants. Le PAM dit que globalement, les prix restent élevés par rapport à la fin du mois de février (à la veille de l’escalade régionale). Le carburant et le gaz de cuisson sont restés rares et extrêmement coûteux, ce qui a conduit 66 % des ménages à dépendre de la combustion de déchets pour cuisiner, selon le PAM.

D’après les données de la Chambre de commerce de Gaza, entre le 1er et le 7 juin, les prix des produits alimentaires, en particulier les produits frais, ont diminué de 15 % ou plus par rapport à la semaine précédente, mais restent significativement plus élevés que les niveaux d’avant octobre 2023. Les prix non alimentaires sont restés stables par rapport à la semaine précédente, bien qu’ils soient toujours élevés, à l’exception des serviettes hygiéniques, maintenant moins chères qu’avant octobre 2023. Dans l’ensemble, selon la Chambre de commerce, l’indice des prix à la consommation de Gaza est passé de 235 % en mai à 199 % début juin, ce qui indique un certain apaisement de l’inflation, bien qu’il ne soit toujours pas clair si cette tendance est durable compte tenu du caractère volatile de la situation régionale.

En même temps, la Chambre de commerce rapporte que les taux de commission d’encaissement ont encore diminué à 10 %, en baisse par rapport aux niveaux plus élevés observés les mois précédents, et sont restés largement stables. Selon le Groupe de travail sur la Trésorerie (Cash Working Group, CWG), cette réduction progressive améliore légèrement le pouvoir d’achat des bénéficiaires qui dépendent des transactions en espèces, bien que les pénuries persistantes de liquidités continuent de limiter la possibilité de nouvelles diminutions. Dans l’ensemble, les données recueillies par le groupe de travail indiquent que les marchés restent sous une pression importante, avec des chaînes d’approvisionnement limitées et inégales, une diversification limitée des marchandises et des difficultés structurelles persistantes qui continuent de déstabiliser la reprise du marché et la résilience des ménages.

Les approvisionnements

Dans la soirée du 7 juin, les autorités israéliennes ont temporairement fermé Kerem Shalom et le passage de Rafah, invoquant des mesures de sécurité liées aux attaques de missiles de l’Iran. Le 8 juin, ils ont annoncé que Kerem Shalom reprendrait ses opérations le lendemain et que Rafah rouvrirait également. Tout au long de la fermeture temporaire, l’ONU et ses partenaires ont encore pu récupérer des marchandises du côté palestinien de Kerem Shalom, mais d’autres opérations ont dû être suspendues : le déchargement des marchandises a repris le 9 juin et le soutien aux évacuations médicales et aux rapatriés a repris le 10 juin.

Comme indiqué précédemment, Kerem Shalom est le seul point d’entrée actif pour le fret approuvé. L’accès à cet endroit depuis l’intérieur de Gaza est canalisé par une nouvelle route, avec un nouveau point de contrôle militaire, où les convois ont été confrontés à des retards et à la congestion.

Entre le 1er et le 7 juin, l’ONU et ses partenaires ont apporté à Gaza des milliers de tonnes de nourriture ainsi que des produits alimentaires, des provisions liées à la santé, à l’eau et à l’assainissement, du matériel pour abris, des fournitures d’éducation et d’autres biens essentiels. Au cours de cette période, 62 % de tous les camions d’aide venus d’Égypte ont pu décharger au carrefour de Kerem Shalom contrôlé par Israël, sur la base des données suivies par le Groupe Logistique. En revanche, les expéditions en provenance du port d’Ashdod en Israël ont pu être déchargées à Kerem Shalom dans 94 % des cas.

Sur le plan commercial, les données de la Chambre de commerce de Gaza, fournies au groupe de travail sur la trésorerie, suggèrent qu’entre le 1er et le 7 juin, le secteur privé a collecté 817 camions de produits à Gaza. Parmi ceux-ci, 374 transportaient des produits alimentaires et 23 du gaz de cuisson, ce qui représente 48 % du total, tandis que 153 autres transportaient des articles essentiels non alimentaires – dont des produits d’hygiène, d’hébergement et de petites quantités de fournitures pour la garde d’enfants – sans médicaments ni intrants agricoles enregistrés. Environ un tiers des fournitures étaient des biens non essentiels, dans l’ensemble de données.

Le 25 mai, une nouvelle installation de stockage sécurisée par le Groupe Logistique est devenue opérationnelle pour les partenaires de l’ONU et non-ONU, après l’approbation des autorités israéliennes.

L’ONU n’est en mesure de confirmer que l’entrée des fournitures suivies par le mécanisme ONU 2720. Pour les ventilations de ces fournitures, consulter le tableau de bord en ligne du mécanisme UN 2720

Pour un compte rendu détaillé des dernières opérations humanitaires à Gaza, voir l’annexe 1 ci-dessous.

Le financement

image 3 Rapport sur la situation humanitaire à Gaza | 12 juin 2026
92% des fonds requis vont à l’aide humanitaire
à Gaza et 8% à la Cisjordanie
90% des fonds s’adressent aux besoins de la bande de Gaza et 10% à ceux de la Cisjordanie

Sources : Système de Suivi Financier (Financial Tracking System) et Aide Humanitaire dans les territoires palestiniens occupés

Annexes

Annexe 2 : Opérations humanitaires dans la bande de Gaza par groupe

Cette section couvre la période du 1er au 7 juin, sauf indication contraire.

La sécurité alimentaire

Les partenaires ont fourni une aide alimentaire générale à 69 000 ménages (262 000 personnes) dans le cadre du cycle de distribution mensuel. Chaque famille a reçu deux colis, un sac de farine de 25 kilogrammes et 2,5 kilogrammes de biscuits à haute teneur énergétique, couvrant 75 % des besoins caloriques minimum.

Alors que certaines familles continuent de recevoir une aide sous forme de distributions alimentaires mensuelles en nature, un nombre croissant de ménages reçoit désormais une aide mensuelle polyvalente en espèces coordonnée par le groupe de travail sur la trésorerie, qui aide à répondre aux besoins alimentaires et à soutenir la sécurité alimentaire globale.

Au 3 juin, les partenaires préparaient près de 740 000 repas chaque jour dans 95 cuisines dans plus de 1 000 lieux. Par rapport à 1,5 million de repas quotidiens à la mi-mars, la production a considérablement diminué. Bien que ces efforts restent essentiels, les partenaires ont réduit la production de repas cuits en raison des contraintes de financement et de la hausse des coûts d’exploitation. Dans le même temps, les intervenants cherchent à diversifier les modalités d’assistance, pour inclure plus d’argent et de soutien aux moyens de subsistance.

Vingt-huit boulangeries soutenues par l’ONU produisent chaque jour quelque 120 000 paquets de pain de deux kilos. Un cinquième du pain est distribué gratuitement dans plus de 300 refuges et sites communautaires, tandis que le reste est vendu à un prix subventionné de 3 NIS (0,83€) le paquet, par l’intermédiaire de 160 détaillants.

Pendant les dix premiers jours de juin, les partenaires ont soutenu plus de 2 200 éleveurs, donnant à chacun d’eux un sac de 50 kilogrammes de fourrage concentré et un sac d’orge.

Depuis fin mars, les partenaires fournissent une aide financière conditionnelle à plus de 1 000 agriculteurs pour soutenir la réactivation de la production agricole locale. Après la sortie du premier versement au cours des mois précédents, le deuxième versement a commencé en juin, environ 500 agriculteurs ciblés l’ayant reçu à ce jour.

Le 3 juin, le secteur privé a importé une quantité limitée d’huile moteur pour un petit nombre de boulangeries. Le plaidoyer reste essentiel pour faciliter l’entrée de l’huile moteur et des pièces de rechange par les circuits commerciaux, en plus des voies humanitaires.

L’eau, l’assainissement et l’hygiène (WAter, Sanitation and Hygien, WASH)

Les partenaires ont formé des professionnels à l’utilisation du chlore pour améliorer la qualité de l’eau et ont distribué plus de 11 500 kits d’hygiène, 273 000 barres de savon, 1 500 bidons, 500 couches pour adultes, 100 kits de dignité et 12 pièges à rats, pour plus de 69 000 personnes au total.

Le 2 juin, la canalisation d’eau Mekorot d’Israël à Bani Suhaila a été endommagée en raison de l’excavation de routes par l’armée israélienne, ce qui a réduit la capacité de pompage et affecté l’approvisionnement en eau d’environ 200 000 personnes à Khan Younis. Le pipeline était initialement hors service et a fonctionné par la suite à une capacité réduite avant que l’Autorité palestinienne de l’eau ne termine les travaux de réparation le 8 juin.

La santé

Au 7 juin, 31 équipes médicales d’urgence (Emergency Medical Teams, EMT) étaient déployées à travers Gaza, comprenant 312 personnels de santé nationaux et 74 internationaux. Le Groupe Santé a introduit un nouvel outil qui permet aux partenaires de ces équipes de planifier les rotations à Gaza au moins deux mois à l’avance.

Entre le 30 mai et le 6 juin, les maladies transmissibles représentaient près de 28 % de toutes les consultations signalées par le système d’alerte et d’intervention précoce (Early Warning Alert and Response System, EWARS) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les infections respiratoires aiguës et la diarrhée aqueuse aiguë sont restées les affections les plus fréquemment signalées, bien que les deux aient montré une tendance à la baisse. En revanche, les maladies de la peau et les infections ectoparasitaires ont continué d’augmenter, probablement en raison de conditions de vie surpeuplées, d’un accès limité à l’eau et aux fournitures d’hygiène et aux retards dans l’accès à des traitements appropriés.

En coordination avec le Groupe Gestion de sites, les partenaires ont formé et déployé 129 nouveaux points focaux dans des abris et d’autres milieux à haut risque, améliorant ainsi la détection précoce et la déclaration des risques pour la santé publique.

Le groupe de travail technique sur la santé mentale et le soutien psychosocial (Mental Health and Psychosocial Support, MHPSS) continue de soutenir l’extension de ces services chez les partenaires ; une formation de formateurs est en cours sur la  boîte à outils communautaire du programme d’action de l’OMS visant à combler les lacunes en matière de santé mentale et la coordination d’une modalité MHPSS connue sous le nom de « Techniques d’enseignement de récupération (Teaching Recovery Techniques, TRT) » pour étendre le soutien psychosocial aux enfants et aux adolescents. Les directives relatives à l’ensemble du service minimum de soutien psychosocial du comité permanent inter-agences (Inter-Agencies Standing Committee, IASC) ont été adaptées au contexte de Gaza et seront diffusées aux partenaires pour soutenir la prestation de services normalisés.

Pour plus d’informations, consulter le tableau de bord en ligne du Groupe Santé.

L’hébergement

Entre le 31 mai et le 6 juin, les partenaires ont fourni à plus de 4 000 ménages un abri et d’autres articles essentiels en nature et en espèces. L’aide a inclus 955 tentes, 1 168 bâches, 475 articles de literie, 150 kits de literie, 150 ensembles de cuisine et 1 544 kits de vêtements fournis par le biais d’une aide en espèces et en bons.

Les partenaires ont effectué des réparations d’urgence et des améliorations de 749 abris de fortune, ainsi que des réparations urgentes de 40 logements endommagés. Le 8 juin, le Groupe Hébergement a publié ses priorités de préparation à l’été, en faisant état des interventions prioritaires, des recommandations opérationnelles, des mécanismes d’adaptation communautaire et des priorités de plaidoyer pour améliorer les conditions d’hébergement pendant les mois d’été.

Quelques exemples de ce qui est encore nécessaire : Il est urgent d’engager l’approvisionnement et le prépositionnement de matériaux d’hivernage pour être prêts avant la prochaine saison hivernale. Cependant, d’importants déficits de financement menacent les efforts de préparation et risquent de saper la capacité de la communauté humanitaire à répondre aux besoins attendus d’abris saisonniers.

Pour plus d’informations, consulter le site internet du Groupe Hébergement.

La protection

Les partenaires de la protection ont fourni des services de sauvetage et de protection à au moins 27 700 personnes, en plus de 260 ménages vulnérables, dans les gouvernorats du nord de Gaza, de la ville de Gaza, de Deir al Balah et de Khan Younis :

  • Santé mentale et soutien psychosocial (MHPSS), dont les premiers secours psychologiques (Psychological First Aid, PFA) et le conseil individuel et de groupe à 10 365 personnes ;
  • « Aider les aidants » à soutenir 573 travailleurs humanitaires et de la protection ;
  • Des conseils juridiques, une sensibilisation juridique, un soutien au règlement des litiges liés au logement, aux droits fonciers et à la propriété et une formation alternative à la résolution des litiges pour les avocats ont touché 1 384 personnes, tandis que des séances de sensibilisation aux droits, sur les plaintes et les mécanismes de rétroaction, sur des canaux de signalement sécurisés, sur la protection contre l’exploitation et les abus sexuels Protection against Sexual Exploitation and Abuses, PSEA) et les parcours de prise en charge ont été  adressées à 2 646 personnes ;
  • Gestion de cas, suivi de cas et services de prise en charge pour 600 personnes ;
  • Services liés au handicap, y compris la réadaptation, le soutien prothétique et orthopédique, la physiothérapie, l’orthophonie et la fourniture d’appareils et de services d’assistance, à 696 personnes ;
  • Séances de formation sur les risques d’engins explosifs pour 6 705 personnes ;

En outre, les partenaires ont touché 4 732 personnes et 260 ménages vulnérables grâce à la fourniture d’articles pour l’hébergement, de tentes, de colis alimentaires, de kits de dignité, d’argent pour la protection, de soutien aux moyens de subsistance et de latrines.

Le Groupe Protection a également offert des services à 311 rapatriés par le biais de premiers secours psychologiques, d’assistance d’urgence et de services d’orientation. Cela porte le nombre cumulé de rapatriés soutenus depuis la réouverture du passage de Rafah en février 2026 à 2 973, dont 981 continuent de recevoir un suivi de soutien de protection.

Les activités de surveillance de la protection se sont poursuivies par le biais de 13 focus groupes de discussion (Focus Group Discussion, FGD) et de 130 entretiens avec des informateurs clés (Key Informants Interviews, KII) avec les membres de la communauté dans 12 quartiers accessibles, qui ont touché 1 430 personnes au total.

Les résultats du plus récent instantané de  surveillance de la protection  mettent en évidence des préoccupations persistantes concernant l’insécurité alimentaire, les pénuries d’eau potable, les conditions d’hébergement inadéquates et les risques pour la santé environnementale, y compris les infestations de rongeurs et d’insectes liés à une mauvaise gestion des déchets. Les communautés ont également signalé des difficultés dans l’obtention de documents civils, tandis que la présence d’engins non explosés (Unexploded ordnance, UXO) cause toujours d’importantes préoccupations en matière de sécurité, en particulier pour les enfants. Les communautés vivant à proximité de zones à haut risque ont été confrontées à des risques accrus de protection, tandis que l’insécurité et les restrictions de mouvement entravaient davantage l’accès à l’aide humanitaire et aux services essentiels.

Pour plus d’informations, consulter le tableau de bord en ligne du Groupe Protection.

La Protection de l’enfance

Les partenaires de la protection de l’enfance ont entrepris les activités suivantes :

  • Fourniture à au moins 17 800 enfants et soignants d’un large éventail de services, dont la gestion de cas, des soins alternatifs, le regroupement familial, le soutien à la santé mentale et le soutien psychosocial, du conseil, des activités récréatives, des interventions dans des espaces accueillants pour les enfants, de la sensibilisation et de l’aide d’urgence. En outre, 1 149 familles ont reçu un soutien d’urgence ou matériel ;
  • Une gestion de cas individualisée à 200 enfants à risque, dont 31 enfants handicapés, soutien de 44 enfants non accompagnés et séparés de leur famille par des soins alternatifs et réunion de six enfants avec leurs familles ;
  • Poursuite de l’extension de services pour la santé mentale et le soutien psychosocial, avec plus de 5 000 enfants qui ont participé à des activités psychosociales et de santé mentale, dont 500 ayant bénéficié d’interventions spécialisées. Au moins 2 000 soignants ont également été concernés par des activités sur la parentalité et de soutien psychosocial ;
  • Renforcement des actions de prévention et de sensibilisation auprès de 3 432 enfants et soignants par le biais de séances de protection de l’enfance en face à face, 211 grâce à l’éducation au risque d’engins explosifs, et environ 5 000 par le biais de messages de sensibilisation de masse sur les principaux risques de protection et les mesures de prévention ;
  • Élargissement de l’offre de programmes destinés aux adolescents avec au moins 250 adolescents touchés grâce aux compétences en matière de vie quotidienne, à l’autonomisation, à la formation professionnelle et au soutien psychosocial, avec des activités ciblées abordant des risques tels que le décrochage scolaire, le travail des enfants, le mariage précoce et la détresse psychologique ;
  • Dispositifs de réadaptation et d’assistance procurés à 680 enfants handicapés, tandis que 69 familles ont reçu des conseils. Cependant, des lacunes importantes subsistent dans les services spécialisés, les dispositifs d’assistance et l’accès aux soins avancés ;
  • Mise en place d’une cartographie de la sécurité des enfants et des activités participatives dans quatre camps, impliquant 182 enfants dans l’identification des risques et élaboration de mesures d’atténuation dans les situations de déplacement ;
  • Assistance d’urgence pour atténuer les risques de protection, dont des kits d’hygiène, des kits de dignité, des bons et une aide en espèces pour 539 familles accueillant des enfants dépourvus de soins parentaux, et un soutien en nature pour des enfants très vulnérables.

S’attaquer à la violence sexiste

Les partenaires ont entrepris les activités suivantes pour lutter contre la violence sexiste (Gender-Based Violence, GBV) :

  • Poursuite de l’offre de services, principalement par le biais d’espaces sécurisés pour femmes et jeunes filles ; ouverture de huit nouveaux espaces de ce type, portant le nombre total d’espaces fonctionnels à 73, tandis que 19 restent fermés en raison de contraintes de financement. Deux refuges sécurisés continuent également de fonctionner et fournissent des services de protection à des femmes et jeunes filles vulnérables ;
  • Soutien multisectoriel prodigué à plus de 24 000 personnes, dont 15 700 femmes et jeunes filles qui ont participé à des activités de groupe sur la santé mentale et le soutien psychosocial, et 2 095 personnes qui ont reçu des soins spécialisés en santé mentale et en soutien psychosocial ;
  • Services spécialisés de gestion de cas de violence sexiste apportés à 1 565 femmes et jeunes filles, dont une assistance en espèces pour la protection et des orientations données dans 262 cas ;
  • Activités de sensibilisation et de proximité auprès de la population qui ont touché 12 183 femmes et 5 190 hommes sur des sujets tels que la violence domestique, la santé sexuelle et reproductive, la prévention de l’exploitation et des abus sexuels (Prevention of Sexual Exploitation and Abuses, PSEA) et les parcours de prise en charge ;
  • Renforcement de la capacité des fournisseurs de première ligne, avec 550 membres du personnel formés à la gestion de la violence sexiste et de l’exploitation et des abus sexuels ;
  • Distribution de 3 741 kits de dignité à des femmes et des jeunes filles, bien que les besoins continuent de dépasser les ressources disponibles.

L’Action anti-mines

Entre le 1er et le 7 juin, le service des Nations Unies pour l’action anti-mines (United Nations Mine Action Service, UNMAS) a effectué 50 évaluations de risques d’explosifs à l’appui de l’enlèvement des débris et d’autres activités de partenaires, ainsi que deux missions inter-agences. Sept équipes d’intervention d’urgence ont également été missionnées en appui au service des Nations Unies sur la sécurité et la sûreté (United Nations Department of Security and Safety, UNDSS).

Entre le 23 mai et le 4 juin, l’éducation au risque d’explosion d’engins et les activités de préparation et de protection contre les conflits se sont poursuivies, touchant près de 14 000 personnes.

La nutrition

Le 2 juin, le Groupe Nutrition a lancé une enquête standardisée de surveillance et d’évaluation des secours et des transitions (Standardized Monitoring and Assessment of Relief and Transitions, SMART) pour mieux évaluer la prévalence de la malnutrition aiguë et d’autres formes, ainsi que les facteurs y contribuant. L’enquête devrait être terminée la semaine prochaine.

En mai, les partenaires ont examiné 77 197 enfants âgés de 6 à 59 mois : la malnutrition aiguë a été diagnostiquée chez 3 180 enfants (4,1 %) qui ont été admis à un traitement, dont  478 (0,6 %) atteints de la forme de malnutrition aiguë (Severe Acute Malnutrition, SAM) la plus sévère. Les dernières admissions portent le nombre total d’enfants qui ont reçu  à titre de traitement des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi au cours des cinq derniers mois, à 17 392.

En mai, les partenaires ont également dépisté 53 593 femmes enceintes et allaitantes (Pregnant and Breastfeeding Women, PBW) pour la malnutrition aiguë, dont 1 683 (3,14 %) ont été admises à des traitements ; plus de 55 900 de ces femmes ont été touchées ainsi que d’autres soignants par une combinaison de conseil en groupe et de conseil individuel sur l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants en cas d’urgence (Infant and Young Children Feeding-Emergency, IYCF-E).

L’Éducation

Les partenaires du Groupe Éducation ont poursuivi leurs efforts pour améliorer l’inclusivité de la réponse en intensifiant le dépistage des enfants handicapés afin de mieux identifier et remédier aux obstacles à l’apprentissage. À ce jour, environ 22 000 enfants inscrits dans des espaces d’apprentissage ont été examinés ; une évaluation plus approfondie a été jugée nécessaire pour 27 % d’entre eux. Grâce à des parcours de prise en charge établis, ces enfants sont orientés vers des prestataires de services spécialisés pour une évaluation et un soutien plus approfondis. Les besoins les plus fréquemment identifiés sont liés aux déficiences de la parole et de la vision. Bien que certaines interventions, y compris l’orthophonie, soient fournies, la disponibilité et l’entrée limitées des dispositifs d’assistance restent un défi majeur. L’accès accru aux dispositifs d’assistance est essentiel pour permettre aux enfants handicapés de participer de manière indépendante et significative aux activités d’apprentissage.

L’entrée des fournitures éducatives reste sévèrement limitée. Bien que 865 trousses du type « L’école dans un carton » correspondant à 46 000 élèves soient entrées à Gaza le 1er juin, cela fait suite à une période prolongée où aucune fourniture éducative n’était entrée depuis le 19 mai. L’année scolaire devant se terminer le 17 juin, de nombreux enfants la termineront sans recevoir de matériel d’apprentissage essentiel, ce qui nuira à la fois à la qualité de l’apprentissage et à leur capacité à participer pleinement aux activités éducatives.

Les préparatifs des examens Tawjihi de 2026 (examens finaux du secondaire) se poursuivent ; cependant, d’importantes difficultés opérationnelles subsistent. De nombreux centres d’examen prévus, y compris des espaces temporaires d’apprentissage, manquent de mobilier adéquat, de mesures de sécurité et d’un soutien logistique essentiel. La capacité d’impression restreinte limite également les efforts visant à produire et à distribuer les documents d’examen à temps pour la date prévue pour le démarrage au 20 juin. Alors que les partenaires s’efforcent de combler ces lacunes, on craint de plus en plus que les examens doivent être administrés par voie électronique, comme au cours de l’année universitaire précédente. Un tel scénario risque d’exclure les étudiants qui n’ont pas accès aux appareils appropriés, à une connectivité Internet fiable ou à l’électricité. En outre, les étudiants ont eu peu d’occasions de se familiariser avec ou de tester la plate-forme d’examen, ce qui peut avoir un impact négatif sur leurs performances.

Traduction SF pour l’UJFP

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