Rapport sur la situation humanitaire | 10 avril 2026

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Ocha Gaza 10 avril 26 Rapport sur la situation humanitaire | 10 avril 2026
Travaux de réparation d’un puits d’eau dans la ville de Gaza, le 4 avril 2026. Photo : CMWU et UNICEF

Le rapport complet en anglais ICI.

Faits saillants

Dans le nord de la Cisjordanie, les forces israéliennes ont étendu de deux mois un ordre militaire qui prolonge encore l’évacuation de plus de 33 000 personnes de trois camps de réfugiés depuis janvier 2025.

5 700 Palestiniens de plus ont été déplacés à cause des attaques de colons et des restrictions d’accès depuis janvier 2023.

La violence des colons israéliens s’est encore intensifiée, le mois de mars enregistrant le plus grand nombre de blessés palestiniens par des colons israéliens au cours des 20 dernières années.

Entre le 31 mars et le 5 avril, le retrait d’approvisionnements approuvés à Gaza a été entravé par la réduction de l’ouverture de Kerem Shalom, la réduction de la capacité de numérisation à Ashdod, les retards liés au dédouanement et d’autres perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Les habitants de la moitié des sites de déplacement de Gaza sont touchés par des maladies de peau tandis que des rongeurs et des parasites sont fréquemment observés dans 80 % des sites.

Une pénurie critique d’huile lubrifiante pour les générateurs diesel électriques devrait déclencher une diminution de la production d’eau potable et à usage domestique.

Vue d’ensemble

Dans l’ensemble du territoire palestinien occupé, les gens continuent d’être exposés à des niveaux élevés de violence et à des politiques restrictives, ce qui cause des victimes et des dommages matériels, prolongeant les déplacements existants, déclenchant de nouveaux déplacements et approfondissant les besoins humanitaires. Dans le même temps, les efforts des partenaires humanitaires pour répondre aux besoins des gens continuent d’être entravés.

La Bande de Gaza

Les conditions de vie dans la bande de Gaza restent désastreuses, la plupart des familles sont toujours déplacées et dépendantes de l’aide humanitaire. Les civils n’ont pas souvent les moyens de se procurer des produits de base et manquent d’une protection adéquate contre l’exposition à l’environnement et la violence. Les frappes aériennes, les bombardements et les coups de feu continuent dans les zones résidentielles, entraînant des pertes civiles et des dommages sur les installations essentielles, entravant davantage les services aussi critiques que la production d’eau.

Selon le ministère de la Santé (Ministry of Health, MoH) de Gaza, entre le 2 et le 8 avril, 20 Palestiniens ont été tués, trois sont morts de blessures, trois corps ont été retrouvés et 97 personnes ont été blessées, portant le nombre global de victimes signalées depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025 à 736 décès et 2 035 blessés.

Tout au long de l’escalade régionale, du 28 février au 10 avril, les autorités israéliennes ont maintenu fermé le passage de Zikim dans le nord de Gaza, invoquant des problèmes de sécurité. En conséquence, le réapprovisionnement des stocks par les organisations d’aide n’a pu avoir lieu que par le passage de Kerem Shalom au sud, où une congestion s’est produite et où, plus récemment, les heures d’ouverture ont été considérablement réduites pendant la période des vacances. Cela a conduit à une baisse des volumes d’aide entrant à Gaza. En outre, l’aide a dû être transportée du sud au nord de la bande, ce qui a rallongé les temps de trajet sur des routes endommagées, et causé une augmentation des coûts d’exploitation et une consommation de carburant plus élevée.

Entre le 1er et le 8 avril, 17 patients, ainsi que 33 soignants, ont bénéficié d’évacuations médicales hors de Gaza. Leur évacuation a été effectuée, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé, OMS (World Health Organisation, WHO), par le passage de Rafah dans le en une seule opération qui a eu lieu le 5 avril. Elle a été suivie du retour de 50 Palestiniens à Gaza ce jour-là par le même passage. Le 6 avril, une personne engagée pour fournir des services à l’OMS à Gaza a été tuée dans un incident de sécurité. Deux membres du personnel de l’OMS étaient présents mais n’ont pas été blessés. L’incident est en cours d’examen par les autorités compétentes. L’OMS a suspendu le soutien aux évacuations médicales jusqu’à nouvel ordre.

Le 27 mars, le Service de l’eau des municipalités côtières (Coastal Municipalities Water Utility, CMWU) a émis une alerte urgente concernant une pénurie critique d’huile lubrifiante pour les générateurs diesel électriques. L’épuisement de ces stocks a forcé le CMWU à suspendre la distribution d’huile lubrifiante, réduisant ainsi les heures de travail des générateurs dans les installations soutenues. Cela devrait réduire la production d’eau potable et d’eau à usage domestique, y compris l’eau livrée par camion aux sites de déplacement et aux abris.

Les partenaires humanitaires signalent des taux alarmants d’infestations d’ectoparasites, de poux, de gale, de rats et d’autres ravageurs dans les sites de déplacement. Les résultats de la dernière évaluation rapide menée par le Groupe de Gestion de Sites en mars, couvrant plus de 1 600 sites de déplacement en activité, montrent une présence fréquente et visible de rongeurs et de parasites dans 80% de ces sites, tandis que les maladies de peau sont répandues dans 48 % des sites. Rien qu’entre le 1er et le 6 avril, le Groupe de Gestion de Sites a reçu 41 alertes de partenaires signalant des infestations de rongeurs, avec des demandes d’articles d’hygiène et de soutien à la lutte antiparasitaire. Pour plus d’informations, voir la section « Opérations humanitaires à Gaza » ci-dessous, sous « Santé » et « Eau, assainissement et hygiène (Water, Sanitation and Hygien, WASH) ».

Selon l’analyse  d’images satellites effectuée par l’UNOSAT, au 11 octobre 2025, on estime que plus de 320 600 logements à Gaza avaient été endommagés. Depuis décembre 2025, les partenaires du Groupe Hébergement réalisent des évaluations des dommages afin de mieux cerner la situation, de quantifier l’étendue des réparations nécessaires et de déterminer les priorités en matière de réponse. Au 5 avril, 17 432 bâtiments comprenant plus de 91 000 logements ont été évalués : parmi ceux-ci, quelque 40 000 unités ont été classées comme totalement endommagées et près de 51 000 comme partiellement endommagées. Parmi les unités partiellement endommagées évaluées, 9 075 sont considérées comme inhabitables, tandis que 40 095 – soit 44 % du total évalué – sont considérées comme habitables. Un tableau de bord est en cours d’élaboration ; il comprendra des informations clés pour guider les interventions des partenaires ciblant les unités de logement peu et modérément endommagées avec un soutien aux réparations d’urgence.

Début avril, le ministère de la Santé – soutenu par l’Organisation mondiale de la santé, l’UNICEF, l’UNRWA, les donateurs et les partenaires – a lancé le troisième et dernier cycle de la campagne de vaccination de rattrapage. Cette action de cinq jours vise à vacciner les enfants de moins de trois ans qui ont manqué la vaccination de routine au cours des 30 derniers mois. Il est mis en œuvre par 146 équipes qui délivrent des vaccins vitaux par le biais d’établissements de santé fixes et d’intervention mobile pour ceux qui ne peuvent pas accéder aux services.

Prix et importations des aliments

Selon le dernier  Moniteur du marché du Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour Gaza, la consommation alimentaire a montré une reprise partielle en mars, par rapport à février. Malgré ces améliorations, la consommation globale reste bien en dessous des niveaux d’avant octobre 2023 ; avec le début de l’escalade régionale et la poursuite des restrictions sur les approvisionnements commerciaux, une baisse de la diversité alimentaire a été notée entre le début et la fin mars en raison de la réduction de la disponibilité de certains produits de base et de prix plus élevés, notamment la consommation de légumes (qui s’élevait à 1,8 jours/semaine à la fin du mois de mars, contre 2,5 jours au début du mois de mars), et la consommation de sources de protéines (viande, volaille, œufs) (qui est passée de 3 jours/semaine début mars à 1,3 jour/semaine à la fin mars). Cela souligne le besoin urgent de stabiliser l’approvisionnement en produits frais pour maintenir l’accessibilité et l’équilibre nutritionnel.

La quatrième semaine de mars a vu une augmentation soudaine du prix de la farine de blé, un sac de 25 kilogrammes coûtant en moyenne 75 NIS (21 €), en plus d’une hausse des prix des produits surgelés, en particulier du poulet et de ses dérivés, car leur disponibilité a également diminué par rapport à la semaine précédente. Le PAM estime que cette augmentation a été due à de graves pénuries d’approvisionnement en raison de la forte diminution des fournitures humanitaires et commerciales entrant à Gaza en mars par rapport aux deux mois précédents, et à la monopolisation de cette activité par les commerçants.

Selon le PAM, cette diminution soudaine a gêné la stabilité déjà fragile des marchés, 71 % des détaillants interrogés déclarant des niveaux de stock inférieurs à la normale. Les prix du diesel ont également fortement augmenté pour s’élever à 35 – 40 NIS (9,81 à 11,21 €) le litre ; une augmentation de 438 % par rapport aux mois précédant l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025. Le gaz de cuisson a été vendu en quantités limitées en mars, par les canaux officiels, à 65 NIS (18,22 €) pour huit kilogrammes, tandis que sur le marché informel, les prix ont grimpé à environ 95 NIS (26,62 €) le kilogramme. En conséquence, le PAM affirme que 55 % de la population interrogée a déclaré qu’elle dépendait encore de la combustion des déchets comme alternative au gaz de cuisson en mars.

Les tendances observées en mars se sont poursuivies jusqu’à la première semaine d’avril. Alors que seules les autorités israéliennes ont actuellement une surveillance totale de ce qui entre à Gaza, les informations disponibles partagées par la Chambre de commerce de Gaza indiquent qu’entre le 30 mars et le 5 avril, seuls 327 camions commerciaux ont été reçus au point de passage, contre 432 la semaine précédente ; aucun n’est entré entre le 2 et le 4 avril, ce qui a encore porté atteinte à la résilience du marché, en augmentant la volatilité des prix et en affaiblissant la capacité des personnes à satisfaire leurs besoins fondamentaux. Les données de la chambre de commerce indiquent que la plupart des fournitures commerciales étaient des produits alimentaires et du carburant de cuisson, alors que seulement 11 camions comportaient des articles d’hygiène et neuf des matériaux de construction – dont les stocks sont maintenant extrêmement faibles. Les produits alimentaires représentaient 61 % du total des importations cette semaine, contre 70 à 75 % les semaines précédentes, tandis que la 96 camions (29 %) étaient chargés d’articles classés « autres », dont des biens non essentiels.

Les opérations humanitaires à Gaza

Les opérations humanitaires se poursuivent dans toute la bande de Gaza dans tous les secteurs. Pour naviguer dans les restrictions de certains éléments critiques et sur les opérations de croisement, les partenaires adaptent leurs approches. Cela comprend l’ajustement de l’équilibre entre l’assistance en nature et les dons d’argent ou de bons, ce qui aide à soutenir la reprise économique, s’éloignant ainsi de la dépendance à l’aide et permettant aux familles de répondre à leurs besoins spécifiques.

Pour un compte rendu détaillé des dernières opérations humanitaires à Gaza, voir  l’Annexe 3 ci-dessous.

Les fournitures entrantes

En avril, les autorités israéliennes ont limité l’ouverture de Kerem Shalom conformément à l’horaire lié aux vacances : le passage a été entièrement fermé les 2 et 8 avril en fonctionnant selon des horaires d’une demi-journée les 1er et 7 avril. La réduction de l’ouverture a conduit les organisations humanitaires à présenter des manifestes (documentation détaillée de la cargaison d’aide sur chaque camion pour examen et autorisation par les autorités israéliennes) pour de plus petits volumes d’approvisionnement, car les opérations d’une demi-journée ont effectivement réduit de moitié la capacité de déchargement et limité le nombre de cargaisons de camions qui pouvaient être traitées.

Les dédouanements en cours exigés des autorités israéliennes ont encore retardé les mouvements de marchandises, en particulier ceux en provenance d’Égypte. Entre le 31 mars et le 5 avril, l’ONU et ses partenaires ont constaté moins de camions sur cette route et, parmi ceux-ci, seulement 70 % ont été déchargés au point de passage de Kerem Shalom, les 30 % restants étant retournés en Égypte. C’est en baisse par rapport à un taux de déchargement de 93 % via le même itinéraire la semaine précédente.

Via Ashdod, les volumes sont également restés limités en raison de problèmes techniques affectant la capacité de numérisation. Par rapport à la semaine entre le 3 et le 8 mars – après la réouverture du point de passage de Kerem Shalom – le nombre de camions a diminué de 65 % entre le 31 mars et le 5 avril, bien que le taux de déchargement soit resté constamment élevé.

Entre le 1er et le 7 avril, l’UNOPS a facilité l’entrée d’un peu plus de 560 750 litres de diesel à Gaza et a distribué 785 188 litres à ses partenaires pour soutenir les opérations humanitaires qui sauvent des vies.

Toutes les données de cette section, sur les fournitures entrantes, se réfèrent au fret humanitaire suivi par le mécanisme 2720 des Nations Unies ; en tant que tel, il n’inclut pas les dons bilatéraux ni le secteur commercial.

Pour plus d’informations sur les fournitures entrantes, consultez le tableau de bord en ligne du mécanisme 2720 de l’ONU.

Financement

image 3 Rapport sur la situation humanitaire | 10 avril 2026
92% des fonds requis vont à l’aide humanitaire
à Gaza et 8% à la Cisjordanie
90% des fonds s’adressent aux besoins de la bande de Gaza et 10% à ceux de la Cisjordanie

Sources: Système de Suivi Financier (Financial Tracking System) et Aide Humanitaire dans les territoires palestiniens occupés ( oPtHF)

Annexe 3 : Opérations humanitaires à Gaza par groupe

La sécurité alimentaire

Entre le 1er et le 6 avril, les partenaires du secteur de la sécurité alimentaire (Food Security Sector, FSS) ont fourni une aide alimentaire générale au niveau des ménages à plus de 47 000 familles (environ 235 000 personnes) dans le cadre du cycle de distribution mensuel d’avril. Chaque famille a reçu deux colis, un sac de farine de 25 kilogrammes et 2,5 kilogrammes de biscuits à haute teneur en énergie, couvrant 75 % des besoins caloriques minimum ; c’est une hausse par rapport aux 50 % des besoins caloriques quotidiens couverts par ces distributions dans les cycles de février et mars. Les besoins caloriques supplémentaires sont couverts par d’autres modalités.

Alors que certains ménages continuent de recevoir de l’aide par le biais de distributions alimentaires mensuelles en nature, un nombre croissant de ménages sont soutenus par une aide mensuelle polyvalente en espèces, coordonnée par le groupe de travail sur l’argent, de Gaza.

La production de pain reste stable, avec environ 130 000 paquets de pain de deux kilogrammes produits quotidiennement par 26 boulangeries soutenues par l’ONU. Un cinquième du pain est distribué gratuitement à plus de 400 refuges et sites communautaires, tandis que le reste est vendu à un prix subventionné de 3 NIS (0,83 €) le paquet par l’intermédiaire d’un réseau de détaillants en expansion, qui sont passés à 164 depuis le 1er avril, contre 138 en mars.

Entre le 15 mars et le 1er avril, les partenaires ont fourni à environ 2 300 éleveurs et 56 propriétaires d’animaux de travail trois sacs à chacun de 50 kilos d’aliments pour animaux.

Le 31 mars, les partenaires ont fourni une aide conditionnelle en espèces à plus de 1 000 agriculteurs pour soutenir la réactivation de la production agricole locale. Bien que cela devrait permettre la production d’environ 5 000 tonnes de légumes et nourrir près de 95 000 personnes pendant un an, c’est à peine la moitié de ce que ces agriculteurs pourraient réaliser si les restrictions continues sur l’entrée des intrants agricoles étaient assouplies.

La capacité de réponse reste limitée par l’entrée limitée de produits du commerce, y compris la farine de blé, les légumes frais et le gaz de cuisson. L’augmentation des flux d’approvisionnement alimentaire via le secteur privé est essentielle pour soutenir les marchés locaux, augmenter la capacité d’intervention humanitaire et garantir que les ménages puissent satisfaire leurs besoins fondamentaux.

La reconstruction des fermes et autres installations agricoles, qui est essentielle pour augmenter la production locale, nécessite l’entrée complète et sans restriction des intrants et de l’équipement agricoles par des canaux commerciaux et humanitaires.

La santé

Au 6 avril, 269 points de services de santé – soit 43 % des 630 installations cartographiées fonctionnelles avant octobre 2023 – étaient opérationnels dans toute la bande de Gaza, mais seulement partiellement pour la majorité. Il s’agit notamment de 19 hôpitaux, 13 hôpitaux de campagne, 114 centres de soins de santé primaires, 123 points médicaux et 22 centres de gestion d’ambulances. La plupart des points de services sont gérés par des ONG nationales (118), suivis par des ONG internationales (85), des agences des Nations Unies (38), des fournisseurs gouvernementaux (23) et un petit nombre d’autres partenaires. Géographiquement, la plus grande concentration de services se trouve à Deir al Balah (92), suivie du gouvernorat de Gaza (84), de Khan Younis (78), du nord de Gaza (9) et de Rafah (6).

Pour plus d’informations, consultez le tableau de bord en ligne du Groupe Santé.

L’eau, l’assainissement et l’hygiène (WAter, Sanitation and Hygien, WASH)

Entre le 31 mars et le 4 avril, la Gaza Electricity Distribution Corporation, avec le soutien de l’UNICEF, a effectué deux réparations successives sur la ligne d’alimentation électrique F11 desservant l’usine de dessalement du sud de Gaza. Après l’achèvement des réparations le 4 avril, l’usine a repris complètement ses activités et elle produit maintenant environ 15 000 mètres cubes d’eau potable par jour. La ligne F11 avait été endommagée par une frappe aérienne le 25 mars, forçant l’usine de dessalement à s’appuyer exclusivement sur des générateurs de secours, avec une réduction de 80 % de la capacité de production d’eau, qui a déclenché de graves pénuries d’eau potable pour plus de 500 000 personnes dans la région de Deir Al Balah et dans la zone d’Al Mawasi de Khan Younis.

Pour lutter contre les infestations d’ectoparasites, de poux, de gale, de rats et d’autres infestations de parasites (voir ci-dessus), le groupe WASH travaille avec des partenaires locaux. Ensemble, ils identifient les mesures d’atténuation provisoires dans l’attente de l’autorisation des autorités israéliennes à l’entrée des pesticides nécessaires à traiter complètement le problème.

Entre le 31 mars et le 6 avril, pour atténuer les conditions désastreuses concernant l’eau, l’assainissement et l’hygiène, dans un contexte de restrictions, les partenaires du Groupe WASH ont distribué 3 600 kits d’hygiène, 1 000 kits pour bébés, 1 000 kits de dignité pour femmes et filles, 5 200 pains de savon, 10 500 bidons d’eau, 4 000 récipients d’eau de 20 litres et 246 dalles de latrines – au profit de 21 500 personnes.

Voir aussi ci-dessus, les mesures de CMWU concernant l’huile lubrifiante.

L’hébergement

En mars, les partenaires du Groupe Hébergement ont touché plus de 46 500 ménages en leur procurant des abris et des articles non alimentaires (Non-Food Items, NFI). Cela comprenait la distribution d’articles d’urgence et de protection contre les intempéries, tels que 1 881 tentes, 2 575 bâches, plus de 33 000 articles de literie, 6 827 kits de literie et 9 773 kits d’étanchéité, ainsi que des ustensiles de cuisine, des vêtements et des kits d’abri d’urgence.

Au cours de la première semaine d’avril, les partenaires ont fourni à 11 536 ménages 16 650 articles de literie, 3 126 kits de literie et 210 kits de vêtements.

Pour surmonter les contraintes opérationnelles, les articles sont livrés selon des modalités en nature et en bons d’achat.

En réponse aux appels des familles touchées par les précipitations, les partenaires des refuges ont effectué des visites sur le terrain et des évaluations rapides. Entre le 30 mars et le 5 avril, par le biais du mécanisme de distribution conjointe rapide visant à fournir une aide immédiate et vitale aux familles qui ont perdu leur abri ou leurs biens en raison de conditions météorologiques défavorables, 1 393 ménages ont bénéficié d’un abri d’urgence et d’articles ménagers essentiels. Cela comprenait 272 paquets d’assistance complète, comprenant des tentes et des produits non-alimentaires (Non-Food Items, NFI) et 2 242 bâches.

Entre le 31 mars et le 4 avril, les partenaires ont apporté à Gaza 7 600 nouveaux kits de literie, 18 864 couvertures et matelas, ainsi que 300 tentes, qui ont été intégrés dans le mécanisme d’intervention conjointe rapide pour soutenir les distributions en cours et planifiées.

Depuis janvier 2026, le PNUD a apporté à Gaza 1 705 logements de secours (Relief Housing Units, RHU), dont 570 ont été installés à ce jour sur trois principaux sites de déplacement. 62 RHU supplémentaires ont été installés dans les établissements de santé pour soutenir l’expansion des services essentiels.

Pour plus d’informations, consultez le site Web du Groupe Hébergement.

La gestion de sites

Le Groupe de gestion de sites a reçu des demandes urgentes pour plus de 100 tentes et 460 bâches pour répondre aux besoins immédiats des familles touchées, dont les abris ont été détruits ou endommagés en raison de la tempête qui a frappé Gaza entre le 30 mars et le 5 avril. Des efforts sont en cours pour répondre aux besoins conjointement avec d’autres groupes.

En plus de travailler avec les partenaires de l’eau-assainissement-hygiène et de la santé pour lutter contre les infestations de rongeurs, le Groupe de gestion des sites se coordonne avec le secteur de la sécurité alimentaire pour réutiliser 70 000 sacs de farine à employer comme sacs de sable pour aider à ancrer et à protéger les abris des vents violents et de la pluie. Depuis le début de la saison hivernale, le Groupe a reçu plus de 200 sacs de farine de la part des partenaires du secteur de la sécurité alimentaire (Food Security Sector, FSS) pour compenser l’absence de sacs de sable. En raison de multiples rejets de sacs de sable en 2024, les partenaires du Groupe de Gestion des sites n’en ont pas acheté en 2025.

La protection

Entre le 30 mars et le 5 avril, les partenaires du Groupe Protection ont touché environ 12 000 personnes dans toute la bande de Gaza grâce à des interventions statiques, mobiles et communautaires. Les services comptaient ceux de la santé mentale et du soutien psychosocial (Mental Health and psychosocial support, MHPSS), de la gestion de dossiers et du conseil, de l’assistance juridique et de la sensibilisation, de l’éducation au risque de munitions explosives (Explosive Ordnance Risk Education,  EORE), de la réponse à la violence sexiste (Gender Based Violence, GBV), de l’orientation et du soutien aux personnes handicapées, ainsi que de la distribution d’articles de secours sélectionnés dans le cadre du programme de protection.

La réponse a été confrontée à des défis persistants, notamment le mauvais temps, la surpopulation, l’insécurité, les pénuries de carburant et les restrictions de mouvement, qui ont tous affecté la continuité et la qualité du service. Une lacune clé demeure le manque d’espaces sûrs et privés pour les services confidentiels, ce qui gêne une gestion efficace des dossiers et de la participation, en particulier pour les femmes, les filles et les groupes vulnérables. Les contraintes de mobilité et les pénuries d’appareils fonctionnels limitent encore la prestation de services et la résolution des cas.

Pour plus d’informations, consultez le tableau de bord en ligne du Groupe de Gestion de sites.

La protection de l’enfance

Entre le 29 mars et le 5 avril, les partenaires de la protection de l’enfance ont touché environ 4 700 enfants et soignants dans la bande de Gaza par le biais de sessions MHPSS en groupe structuré, de conseils individuels, de thérapie psychosomatique, d’activités récréatives et de renforcement de la résilience, d’orthophonie et de soutien psychosocial familial. Les services se sont concentrés sur la lutte contre la détresse psychosociale, le renforcement des mécanismes d’adaptation et la promotion d’environnements plus sûrs et plus protecteurs pour les enfants touchés par les déplacements en cours et les conditions humanitaires désastreuses.

Environ 50 enfants confrontés à des risques accrus en matière de protection ont reçu une assistance ciblée pour la gestion des dossiers, ainsi que 23 séances de conseil individuel et de consultation psychologique. En outre, 301 enfants handicapés, sans soins parentaux ou souffrant d’un stress aigu ont bénéficié de services de réadaptation, comprenant de la kinésithérapie, de l’ergothérapie et de l’orthophonie. Les activités de prévention et de protection de l’enfance menées au niveau communautaire se sont également poursuivies sur les sites de déplacement. Plus de 2 500 enfants et soignants ont été impliqués dans  des séances de sensibilisation à la protection de l’enfance, d’éducation au risque d’explosions et de messages sur les risques dans la protection de l’enfant, la prévention de la séparation familiale et les comportements sûrs. Ces activités visaient à renforcer les mécanismes de protection au niveau communautaire, à améliorer la capacité des soignants à soutenir les enfants et à réduire l’exposition des enfants aux risques de protection dans des environnements surpeuplés et à haut risque.

Les partenaires de la protection de l’enfance ont également soutenu la préparation à l’hiver et l’aide d’urgence dans toute la bande, notamment par la distribution de 207 kits d’assainissement, 500 kits pour nouveau-nés et 150 couvertures d’hiver, ainsi qu’une aide en espèces pour 751 enfants.

S’attaquer à la violence sexiste

Les partenaires traitant de la violence sexiste (Gender Based Violence, GBV) ont continué à fournir des services critiques à travers 68 espaces sûrs pour les femmes et les filles, deux refuges sûrs pour les cas les plus à risque et plusieurs points de prestation de services supplémentaires. Entre le 30 mars et le 5 avril, les partenaires ont atteint plus de 14 150 personnes, dont 13 133 femmes et filles.

Les services clés fournis dans toute la bande de Gaza ont inclus le MHPSS par le biais d’activités de groupe et de conseil individuel ; le soutien juridique par le biais de séances de sensibilisation et de médiation sociale et juridique ; la sensibilisation à la santé sexuelle et reproductive ; la gestion des cas de GBV, y compris l’aide en espèces ; et la distribution de la dignité et des kits d’hygiène menstruelle. Notamment, 600 femmes ont reçu des kits de dignité entre le 30 mars et le 5 avril.

En parallèle, les partenaires ont lancé la mise en œuvre d’un audit de sécurité inter-clusters (entre groupes) visant à identifier les risques de violence sexiste auxquels sont confrontées les femmes et les filles des villes de Gaza, de Khan Younis et de Deir al Balah. Dirigé par un consultant dédié, le processus implique les Groupes de Gestion des sites, d’Hébergement et de Protection. Les réunions de consultation ont commencé, parallèlement au développement d’outils de collecte de données.

Malgré ces efforts, les partenaires continuent d’être confrontés à d’importants défis opérationnels, y compris une forte augmentation des coûts des matériaux nécessaires à des activité (tels que la boulangerie et l’artisanat) et le transport. Les pénuries de carburant et les conditions météorologiques extrêmes pendant la semaine ont encore porté atteinte à l’accessibilité des services pour de nombreuses femmes et filles.

L’action anti-mines

Entre le 30 mars et le 5 avril, les partenaires ont mené 68 évaluations des risques d’explosion en soutien aux activités d’enlèvement des débris et d’autres activités des partenaires.

Les activités d’éducation sur les risques d’engins explosifs se sont poursuivies, touchant près de 12 000 personnes dans les villes de Gaza, Deir al Balah et Khan Younis entre le 29 mars et le 2 avril.

Les partenaires de l’action anti-mines attendent toujours l’autorisation des autorités israéliennes pour mener l’ensemble des activités d’élimination des engins explosifs et apporter à Gaza du matériel critique que les autorités considéraient toujours comme « à double usage », ce qui le limite.

La nutrition

Dans la seconde moitié du mois de mars, les partenaires de la nutrition ont dépisté 50 250 enfants âgés de 6 à 59 mois atteints de malnutrition aiguë, dont 1 937 (4 %) ont été admis à un traitement. Cela comprend 269 enfants (0,5 %) diagnostiqués en malnutrition aiguë sévère. Avec ces nouvelles inscriptions, le nombre total d’enfants qui ont reçu des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi entre le 1er et le 15 mars a atteint 6 083.

Au cours de la même période, 21 nourrissons de moins de six mois qui étaient à risque de croissance insuffisante ont été orientés vers une admission en soins hospitaliers dans des centres de stabilisation pour malnutrition aiguë, tandis que cinq autres nourrissons ont été nouvellement inscrits pour recevoir des préparations prêtes à l’emploi assurant une alimentation appropriée. En outre, six enfants de plus de cinq ans chez lesquels ont été diagnostiqués une cachexie sévère et/ou un œdème nutritionnel, ont également été admis à un traitement nutritionnel hospitalier.

Les partenaires ont également examiné 38 100 femmes enceintes et allaitantes, dont 919 (2 %) ont été admises à un traitement pour malnutrition aiguë.

Au total, 41 541 femmes enceintes et allaitantes et d’autres soignants ont reçu une combinaison de conseils collectifs et individuels sur l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants en cas d’urgence.

L’éducation

Entre le 30 mars et le 5 avril, au moins 20 tentes haute performance ont été installées sur cinq sites (trois à Khan Younis et deux dans le nord de Gaza), ce qui a contribué à l’extension des espaces d’apprentissage. Au total, 584 espaces d’apprentissage temporaires (Temporary Learning Spaces, TLS) sont actuellement opérationnels, avec une capacité d’inscription d’environ 357 476 enfants d’âge préscolaire et d’âge scolaire. Cela représente des progrès importants, soit environ 51 % de l’objectif de l’Appel Flash 2026 visant à faciliter l’accès à l’éducation de base.

En outre, les partenaires du groupe ont terminé des travaux de réhabilitation légère dans au moins cinq salles de classe au sein d’une école publique. Les travaux de réhabilitation se poursuivent dans 17 salles de classe dans deux écoles supplémentaires. Cependant, l’utilisation continue d’infrastructures scolaires sommairement réparées comme abris par des familles déplacées ralentit l’enlèvement des débris, les efforts de réhabilitation et la réactivation des salles de classe à des fins éducatives.

L’accès au matériel d’apprentissage est encore très restreint. Seuls 392 kits scolaires en carton ont été reçus le 31 mars, ce qui est suffisant pour environ 15 680 apprenants, et aucune fourniture supplémentaire n’a été reçue en avril à ce jour. Ce déficit continue de limiter la qualité et l’échelle de la réponse à l’éducation, en particulier à la fin de l’année scolaire – une période critique pour soutenir la progression des élèves et la transition vers la classe suivante.

En outre, le manque continu de rémunération des enseignants en raison des défis économiques, associé au financement limité des incitations des partenaires humanitaires, affecte considérablement la qualité et la continuité des services éducatifs. Cela a conduit à une réduction de la disponibilité des enseignants, à une moindre motivation et à une dépendance accrue à l’égard d’enseignants bénévoles, ce qui a finalement nui à l’apprentissage structuré, à la cohérence de l’enseignement et à l’efficacité globale de l’intervention d’urgence en matière d’éducation à Gaza.

Pour plus d’informations, consultez la page du Groupe Éducation en ligne.

Les télécommunications d’urgence

Le Groupe Télécommunications d’urgence (Emergency Telecommunications Cluster, ETC) continue à renforcer les systèmes de communication sécurisés à Gaza. Entre le 30 mars et le 5 avril, le groupe a reprogrammé 20 radios à très haute fréquence (Very High Frequency, VHF) appartenant à trois agences des Nations Unies, réparé des unités défectueuses et restauré un petit nombre de batteries épuisées. En outre, le groupe a fourni des conseils techniques aux agences des Nations Unies sur l’installation sécurisée de dispositifs de suivi par satellite dans les véhicules blindés afin d’éviter d’endommager le matériel.

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