Dans le silence du désert …

bedouins Dans le silence du désert ...
Au sud d’Israël, le désert du Néguev représente plus de la moitié de la surface d’Israël. Les Bédouins ont été regroupés dans moins de 10% de cette surface : le « Siyag »

Le 30 août 2026

Loin des médias la colonisation se poursuit dans le désert du Néguev. Rien à voir avec l’horreur de Gaza ni les violences de Cisjordanie, c’est petit à petit qu’Israël détruit tous les villages Bédouins, expulsant les gens sans aucune indemnité afin de construire des villes juives sur les terres volées. (C’est bien comme ça que les premiers colons s’y sont pris en s’emparant de force des terres, achetées ou pas- à un lointain propriétaire foncier mais des terres cultivées par des paysans palestiniens).


État des lieux

Avant 1948, environ 92 000 Bédouins1 vivaient paisiblement d’agriculture et d’élevage, oubliés, loin des régions fertiles de la Galilee et de la Shéphélah. Mais, avec la guerre, eux aussi ont connu la Nakba, la majorité d’entre eux s’enfuyant en Égypte, à Gaza ou en Jordanie. Seuls 11 000 d’entre eux sont restés et ont immédiatement été soumis au régime militaire (limitant les possibilités de déplacement) imposé à tous les Palestiniens. Israël a alors commencé à les regrouper de force dans un espace plus restreint situé à l’Est de Beer Sheva. Espace que les Bédouins ont appelé par dérision Siyag (ﺳﯾﺎج, enclos en arabe), le lieu où ils enferment leurs bêtes.

Dès 1965 Israël a commencé à bâtir des cités-dortoirs (il y en aura 7 au total) afin de regrouper encore plus. Malgré les pressions exercées par l’État, seule la moitié des 300 000 Bédouins recensés aujourd’hui dans le Néguev1 ont accepté ce type d’habitat complètement à l’opposé de leur mode de vie.

L’autre moitié a décidé de rester dans le Néguev, le Dukium2 compte 46 villages bédouins. De ces 46, seulement 11 villages ont été « reconnus » par l’État d’Israël mais, bien que peuplés d’Israéliens3, ces villages ne disposent pas tous des services minimum (eau, électricité, routes, santé, écoles…) de l’État.

Quant aux villages non reconnus, c’est simple : ils ne figurent sur aucune carte et sont donc ignorés (ainsi diverses usines bruyantes ou polluantes se sont installées en toute légalité à proximité de certains d’entre eux). Reconnus ou pas, leurs habitants sont victimes d’une injustice flagrante puisque, soit ils existaient avant l’établissement d’Israël (Al-Araqib), soit ils ont été créés par Israël quand les tribus bédouines ont été artificiellement regroupées dans le Siyag.

La suite à lire dans le fichier à télécharger ci-dessous :

  1. Chiffre fourni par Adalah[][]
  2. Le Forum pour la coexistence et pour l’égalité des droits dans le Néguev, aussi appelé NCF: https://www.dukium.org/[]
  3. Comme les autres Palestiniens, les Bédouins ont obtenu la nationalité israélienne à la fin de la période de régime militaire, en 1966[]