Contre le « permis de tuer », dénonçons l’alliance mortifère entre le bloc bourgeois et le fascisme

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Le 7 juillet dernier, l’Assemblée nationale a franchi un point de non-retour dans l’escalade sécuritaire et autoritaire en adoptant la proposition de loi instaurant une « présomption d’usage légitime de l’arme » pour les forces de l’ordre. En tant qu’organisation juive, antiraciste, anticolonialiste et antifasciste, l’UJFP dénonce avec la plus grande fermeté l’instauration d’un véritable « permis légal de tuer ».

Ce vote ne s’inscrit pas dans un vide politique. Il est l’expression glaçante de l’alliance objective qui s’opère sous nos yeux entre le bloc bourgeois, soucieux de protéger un ordre social de plus en plus inégalitaire, et un fascisme décomplexé. Pour se maintenir, le pouvoir n’hésite plus à rejoindre les revendications historiques de l’extrême droite et des syndicats policiers factieux. Cette mesure de « présomption de légitime défense », qui figurait au cœur du programme historique de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National aux côtés d’anciens membres de la Waffen-SS, montre la dérive autoritaire et de droitisation du gouvernement français. En votant ce texte, l’Assemblée nationale militarise la répression, piétine l’État de droit et légitime a posteriori les crimes dénoncés par les collectifs depuis tant d’années. Parmi les victimes figurent encore dans nos mémoires les noms de Zyed et Bouna, de Nahel et de tant d’autres.

Face à cette offensive, l’UJFP joint sa voix à celles des forces politiques, des collectifs de familles de victimes et des organisations de défense des droits humains qui ont tenté de faire barrage à cette loi inique :

  • L’institutionnalisation du racisme et de la violence d’État : nous faisons nôtres les mots des comités de familles de victimes. Cette loi n’est pas une simple réforme juridique, c’est l’officialisation d’une protection de l’État pour ceux qui tuent dans nos quartiers. C’est la garantie de l’impunité institutionnalisée, condamnant au silence les familles des quartiers populaires, majoritairement noires et arabes, qui se battent déjà contre une justice à deux vitesses.
  • La violation flagrante du droit international : les alertes d’Amnesty International et de Human Rights Watch sont sans appel. En bafouant l’obligation de mener des enquêtes indépendantes et impartiales sur l’usage de la force létale, la France s’isole sur la scène internationale. Ces organisations rappellent, à juste titre, que cette présomption de légalité ciblera en premier lieu les minorités racisées, victimes d’un racisme systémique au sein des forces de l’ordre et ayant plus de difficulté d’accès à la justice.
  • Une dérive autoritaire et un blanc-seing juridique :  cette loi acte une scandaleuse inversion de la charge de la preuve. Ce n’est plus à l’État de justifier de la proportionnalité d’un tir mortel, mais aux familles endeuillées de prouver l’illégalité de l’acte. Il s’agit d’une aggravation catastrophique de la loi de 2017, qui avait déjà fait exploser le nombre de morts pour « refus d’obtempérer ». C’est précisément cette inversion que de nombreux opposants – Claire Hédon, le Président de la Commission nationale des droits de l’Homme, (CNCDH), Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature, etc. – assimilent à un « permis de tuer », car elle fragilise le contrôle judiciaire des tirs policiers. C’est aussi ce qu’a souligné la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui rappelle qu’il appartient bien à l’État de prouver que le recours à la force est nécessaire, et non aux victimes.

Pour ces acteurs, en présumant la légalité du tir dès le départ, l’enquête risque de devenir une formalité et le principe de « nécessité absolue » de l’usage de la force est vidé de sa substance.

L’histoire de l’UJFP nous enseigne que lorsque la police bénéficie d’une impunité légale pour réprimer une partie de la population, la xénophobie d’État se renforce.

Nous n’acceptons pas cet état de fait. Nous appelons à faire front commun contre ce droit de tuer, à rejoindre massivement les mobilisations organisées par les comités de familles de victimes, les syndicats et les forces de gauche.

Face au permis de tuer, notre seule arme est la solidarité et la lutte antifasciste.

La Coordination nationale de l’UJFP, le 25 juillet 2026

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