Mercredi 9 septembre, dans sa « carte blanche » à la Grande Librairie sur France 5, Adèle Haenel, droite, digne et avec beaucoup d’émotion, a dénoncé le silence concernant les violences sexistes et sexuelles, faisant lien avec le silence dont bénéficie l’État d’Israël alors même qu’il commet un génocide en Palestine avec la complicité de la France. Elle a enfin appelé à sanctionner Israël et à libérer la Palestine.
France Télévisions, chaîne publique, a retiré la séquence, puis l’intégralité du replay, invoquant un défaut de « pluralisme ». De quel pluralisme s’agit-il, alors que les voix palestiniennes ne peuvent pas s’exprimer sur les médias dominants ?
Ces éléments de langage ne trompent personne. Exiger une « contradiction » face à un fait documenté depuis plusieurs années maintenant par plusieurs organismes onusiens, par des spécialistes des études sur le génocide, par de nombreuses ONG internationales (dont MSF, Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH) et même israéliennes (B’Tselem, Physicians for Human Right) revient à traiter un génocide comme une opinion comme une autre.
Mais ce qui s’est joué cette semaine n’a rien de nouveau. On se souvient du journaliste qui, questionnant Olivier Rafowicz, porte-parole de l’armée israélienne, en lui apportant une contradiction sur TV5, avait été brutalement désavoué par sa hiérarchie. Aujourd’hui, c’est France 5, qui décide de censurer la parole libre qu’elle avait pourtant elle-même offerte. En retirant non seulement la séquence mais l’émission entière, France Télévisions n’a pas cherché à « rééquilibrer » un propos : elle l’a tout simplement supprimé.
Ce réflexe n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une longue habitude des médias publics et privés à traiter la solidarité avec la Palestine comme un crime ou une anomalie à corriger, alors que la parole pro-israélienne, quant à elle, circule sans jamais être sommée du contradictoire. Cette asymétrie a un nom : cynisme et complicité. Car elle organise, au nom du pluralisme lui-même, le silence de celles et ceux qui alertent et dénoncent la réalité établie du génocide en cours contre les Palestiniens.
L’UJFP apporte tout son soutien à Adèle Haenel, pour sa parole qui, malgré la censure, a largement circulé grâce aux réseaux de solidarité. Comme cette dernière l’a très justement indiqué, cette suppression ne fait que confirmer son message : l’urgence de la mobilisation.
L’UJFP fait sienne les mots d’Adèle Haenel : « Mais puisque je suis ici, il faut parler pour redire ce qu’il y a dans ce silence, afin que tout le monde l’entende : l’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine ».
La Coordination nationale, le 14 septembre 2026


