BRÈVES DE PRESSE #30, le 16 mai 2026 – L’APPEL À LA RÉSISTANCE (AVIS AU CONSOMMATEUR)

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« Si les droits humains, la morale ont un sens, Gaza est l’endroit où ces valeurs doivent subsister ou mourir. Car si le monde peut nous regarder disparaître sans rien faire, rien de ce qu’il prétend défendre n’est réel. »  Nour Elassy, citée par Annie Ernaux    

« C’est lorsque le monde dort que naissent les monstres. Et des monstres, nous en avons déjà beaucoup parmi nous. Le premier d’entre eux : notre indifférence. » Francesca Albanese, in « Quand le monde dort / Récits, voix et blessures de la Palestine », Ed. Mémoire d’Encrier, octobre 2025, Montréal (Québec)

« Cela vous rappelle un film, et cela vous rappelle un film uniquement parce que cela se produit dans la vie réelle. »  Mumia Abu Jamal, prisonnier des États-Unis et figure emblématique du combat international pour l’abolition universelle de la peine de mort (extrait d’un témoignage audio adressé au Rapporteur spécial du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies, enregistré par Prison Radio et traduit par Claude Guillaumaud-Pujol).

« 2025 restera dans l’histoire comme une année de prédateurs imposant leurs choix par la force, une année de concessions face à la trahison éhontée des obligations internationales, une année de défaitisme assumé, une année où les États auront joué avec un feu qui menace désormais de nous dévorer toutes et tous et de compromettre l’avenir des générations futures. […] Rares sont les États qui ont trouvé le courage d’élever la voix pour couvrir le grondement des canons qui menacent la diplomatie. Certains ont rejoint le Groupe de La Haye, un groupe d’États déterminés à prendre des « mesures juridiques et diplomatiques coordonnées » pour défendre le droit international et la solidarité avec le peuple palestinien. D’autres ont apporté leur contribution à la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël pour génocide. Le Canada a appelé les puissances moyennes à s’unir pour investir dans une résilience collective. Quelques-uns, comme l’Espagne, ont dénoncé avec constance le démantèlement des garanties normatives. Début 2026, certains pays européens ont semblé prendre davantage conscience des risques, refusant de se joindre aux attaques lancées contre l’Iran par les États-Unis et Israël et s’engageant à protéger la souveraineté stratégique, sans malheureusement, à l’image de l’Union européenne, aller jusqu’à réaffirmer la primauté du droit international et des droits universels. […] Nous sommes au moment même où tout peut basculer, où tout ce qui a été construit au cours des 80 dernières années risque d’être anéanti. Nous, les citoyen·ne·s, serons à la hauteur de ce moment historique. Nous aurons l’ambition requise par la situation, et le courage d’évoluer nous aussi au fil du temps. C’est notre devoir en tant que responsables politiques et que diplomates, en tant que militant·e·s et que consommateurs·trices, en tant qu’électeurs·trices et qu’investisseurs·euses, en tant qu’hommes et femmes animés par la foi et le courage que nous donnent nos convictions. Ensemble, nous devons bâtir des coalitions fortes et réunissant de nombreuses parties prenantes, et encourager les États à faire de même. […] Poursuivre la lutte, aujourd’hui, c’est se concentrer sur ce qui doit être défendu en priorité et à tout prix, non seulement pour nos droits, mais aussi pour ceux des générations futures. Nous devons en outre, dans le cadre de notre résistance, déterminer clairement ce qui doit absolument être combattu en premier lieu, parmi la déferlante de lois, de politiques publiques et de pratiques que veulent imposer les prédateurs de la planète, qu’ils soient étatiques ou non. […] » C’est Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, qui lance cet appel dans sa préface au Rapport annuel 2025-2026 de l’organisation de défense des droits humains. Et c’est nous qui en soulignons certains termes en y introduisant des liens. Pour sa 30è publication des Brèves de Presse qui ont dernièrement mis en évidence le terrorisme et la terreur conjugués d’Israël1contre toute la population palestinienne avec la complicité de la France qui y joue sa part active, l’UJFP que l’État souhaite criminaliser, se trouve confortée, s’il était nécessaire, dans sa démarche juste parmi les Justes au XXIè siècle. Quant au consommateur il n’a qu’un pas à faire pour redevenir citoyen parmi les siens, celui qui va du marché à la société. Responsable ou rien. AMNESTY INTERNATIONAL, Rapport annuel 2025/2026 : le bilan des droits humains dans le monde.

Résister est mieux fondé que désobéir

À condition de s’en souvenir et de s’en servir ‒ au lieu de flâner dans l’indifférence à la psychose qui s’installe ‒ on peut résister en pleine conscience du droit dont on dispose le plus légitimement du monde en s’appuyant sur les articles 2 et 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et sur l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, plus efficacement qu’en revendiquant la supériorité de sa juste cause. C’est ce qu’envisageait un article de Vincent Sizaire en février 2025 face à « la vigueur de la poussée autoritaire depuis le début du siècle ». Il exposait que « même lorsque la loi la prévoit, une mesure restrictive de liberté qui n’est pas nécessaire à l’accomplissement du but fixé par le législateur, ou disproportionnée, perd toute légitimité et ainsi toute force obligatoire : chacun a le droit mais aussi le devoir de refuser son application. » Il concluait alors : « à partir du moment où il n’est plus possible de contester autrement que […]par l’occupation d’une université ou par la participation à une manifestation interdite au dernier moment, en quoi la répression des personnes participant à ces actions peut-elle être regardée, fût-ce un instant, comme légitime dans une société démocratique ? » La question demeure que chaque consommateur en ait bien conscience pour ne pas devenir un sujet aliéné d’un gouvernement transgressif2 et qu’il-et-elle restaure avec autrui son état de citoyenneté perdu face à l’état d’injustice extraordinaire dont Gaza est l’expression la plus brutale qui nous frappe intimement et socialement au cœur. Monde Diplomatique, février 2025 : Résister plutôt que désobéir.

L’honnêteté qui manque

Face au génocide et à ses soutiens français, il n’y a pas de position objective ni d’absence de subjectivité sans aliénation qui autoriserait à ne pas agir. On se rappelle l’invocation du « droit de se défendre », accordé à Israël par nos dirigeants… qui n’en parlent plus devant l’évidence du caractère expansionniste et génocidaire des guerres israéliennes, de Gaza et de Cisjordanie à l’Iran en passant par le Liban et la Syrie. Partout la ruine3. Sans que cela change en quoi que ce soit la position criminelle de notre Occident, adoptée en 2023. Elle a été aggravée d’une phrase lapidaire le 7 avril 2026 par la menace concrète d’anéantir une civilisation et de « tout détruire de l’Iran » après avoir prétendu secourir sa population de 90 millions d’habitants : « Une civilisation va mourir ce soir, pour ne plus jamais renaître. » Qui parmi nos dirigeants a saisi l’horreur de la menace armée de ramener des populations « à l’âge de pierre » 4 ? Comme souvent5, l’Europe et la France en particulier n’ont pas dénoncé6 ‒ même implicitement ‒ la plus odieuse des menaces proférées contre un peuple entier. Le langage macronien qui nous compromet toutes et tous a le don d’inverser les responsabilités dans la guerre d’agression déclenchée le 28 février en pleines négociations diplomatiques : « « Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale », a martelé le président français » au premier jour des bombardements ; ce qui donne à l’autre terme de la déclaration selon lequel la France « n’a été ni prévenue ni impliquée » la valeur d’un propos de Tartuffe. Et sous couvert des menaces trumpiennes de la veille, le 8 avril (jour que l’opinion publique occidentale a oublié) Israël tuait et détruisait par « 100 frappes en 10 minutes » sur le Liban ce qu’il ne pouvait tuer et détruire en Iran à cause du cessez-le-feu qui venait d’entrer en vigueur. Ses victimes ont un visage. Pas pour la France officielle. L’Orient-Le Jour, le 9 avril 2026 : Derrière le massacre du 8 avril au Liban : les noms et les visages de celles et ceux tués par Israël.

« Nommer ou taire »

Dans les médias généralistes, « le langage amortit la violence au lieu de la nommer ». Réflexion sur une partialité structurelle dans les médias occidentaux. Mediapart, le 11 mai 2026 : Nommer ou taire : la guerre des mots sur Gaza.

Grande Bretagne

Spirit of Free Speech, le 11 mai 2026 : Le génocide, véritable critère politique d’intégrité, d’éthique, de moralité & de discernement.

France : perversion sur perversion, la standardisation du deux poids deux mesures

La standardisation du double standard politique passe par la force abusive du pouvoir pour rendre normal ce qui ne peut pas l’être aux yeux d’un humain normalement constitué. Si Trump et Netanyahou sont maîtres en la matière, notre ministre français « étranger aux affaires » ‒ comme le qualifie Olivier Berruyer ‒ déjà connu pour avoir récemment comploté ouvertement contre une rapporteuse spéciale des Nations unies en vue d’obtenir sa démission, s’y entend lui aussi lorsqu’il fait la sourde oreille aux questions7 que lui pose un journaliste de Radio France tout sauf subversif. Lorsqu’il finit par lui dire qu’aucune action militaire israélienne n’est « disproportionnée par rapport à quoi », cela traduit clairement l’absence de tout repère historique et un cynisme ce qu’il y a de plus actuel et pervers, aux effets tragiques. Elucid, le 2 mai 2026 : « Israël fait le sale boulot » : le dur métier de criminel de guerre.

Fin de partie pour la diplomatie française

Mediapart, le 1 avril 2026 : Ventes d’armes à Israël : une fin de partie peu glorieuse pour la diplomatie française.

Des propos toujours plus scabreux

Lettre ouverte au ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, après que ce dernier a repris une citation choquante de l’ancienne première ministre israélienne Golda Meir devant le Sénat. Orient XXI, le 5 mai 2026 : Lettre ouverte à Jean-Noël Barrot.

« En finir avec le déni »

« À l’analyse, il est des usages vraiment raccordés à des valeurs d’égalité et de réflexivité, et d’autres purement manipulatoires. Marc Joly et Christian Savestre8 vont plus loin et montrent qu’un certain type de déni, le déni pervers, prévaut dans les classes dirigeantes, comme l’illustre le cas de la macronie. »

Acrimed publie un extrait de « En finir avec le déni », consacré à l’« Affiche antisémite de LFI » : matrice d’un délire.

– Macron, « un prédateur de seconde zone ». Aude Lancelin s’entretient longuement avec les auteurs de « En finir avec le déni », Marc Joly et Christian Savestre : QG, le 20 avril 2026 : « Le système Macron : perversion et évaporation de millions ».

– Le cercle des affaires judiciaires de Macron. Mediapart, le 6 avril 2022, mis à jour : La République exemplaire d’Emmanuel Macron.

« Chasse à la sorcière en bande organisée »

Là-bas si j’y suis, le 13 avril 2026 : Rima Hassan, chasse à la sorcière en bande organisée.

Le procès du lyrisme reporté au 7 décembre 2026

Avec Sarkozy, Hollande, Macron, l’inculture du pouvoir a imposé sa technocratie au pays. Si bien que le dernier s’est mis à faire des procès aux symboles. Et maintenant à la poésie. Agence Média Palestine, le 7 mai 2026 : « Apologie du terrorisme » : le procès d’Omar Alsoumi renvoyé au 7 décembre.

La France a condamné et incarcéré 41 ans le résistant Georges Ibrahim Abdallah pour un crime qu’il n’avait pas commis

Le nouveau film de Pierre Carles, « L’affaire Abdallah », est actuellement à l’affiche.

« Il revient notamment sur la part que le journal « Le Monde », et particulièrement Edwy Plenel à l’époque, a prise dans la diffusion de cette fake news aux conséquences exorbitantes. » Hors-Série, le 21 avril 2026 : L’Affaire Abdallah – Entretien avec Pierre Carles.

De l’obligation morale de ne pas se conformer au récit israélien des « vérités alternatives »

Un peu de complexité éclairante pour qui ne veut rien savoir

Le journaliste Arthur Sarradin qualifie la « politique régionale prédatrice d’Israël » au Liban en termes de « décivilisation » des territoires par la destruction des villages et des cultures, comme à Gaza. Et Dominique Eddé qui se dit vaincue par la « saturation » de la guerre « refuse de capituler sur le plan de la pensée ». Quant à « l’armée la plus morale du monde » censée épargner les populations comme chacun sait, elle a envoyé 150 avertissements seulement pour 3 500 frappes sur des sites non militaires. C’est dans l’émissionUn jour dans le monde réalisée en direct du Liban avec L’Orient-Le Jour. France Inter, le 11 mai 2026 : Émission spéciale à Beyrouth.

Quand le 8 avril n’existe pas

Le 7 octobre a trouvé dans le 8 avril, si ce n’était déjà fait, l’équivalent symbolique dont personne ne parle. Contrairement aux attaques du Hamas assiégé, les bombardements israéliens sont censés, ils sont même sommés par Israël de ne pas avoir existé. Arthur Sarradin sur France Inter, le 11 mai 2026 : « après un bombardement, il n’y a pas seulement des choses qui sont effacées à l’instant de la frappe  […] c’étaient des enfants surtout, des femmes, des vieillards, tous des civils […] On n’a jamais pu savoir quelle avait été la cible dans cet immeuble […]. [L’armée israélienne] avait répondu que rien n’avait été visé et que cette frappe n’existait pas. »

Une torture « disproportionnée par rapport à quoi »

Quelqu’un a-t-il déjà demandé à Jean-Noël Barrot si la torture dans les prisons israéliennes était « disproportionnée par rapport à quoi » ? Ou « à qui » ? Le New York Times répond à cette question. Puis, comme d’habitude, Israël enrôle de la pire des manières l’antisémitisme dans sa propagande en retour contre le New York Times : « Dans son message sur X, le ministère israélien dénonce « l’une des pires accusations de crime rituel jamais parues dans la presse moderne ». Le « crime rituel » est une calomnie antisémite remontant au moins au Moyen Âge selon laquelle les juifs assassineraient des enfants non juifs pour les besoins de leur culte. » Libération, le 12 mai 2026 : Une enquête du « New York Times» décrit des « violences sexuelles généralisées» de la part d’Israël contre les prisonniers palestiniens.

Le seuil de consentement à la violence en hausse dans la société israélienne

« Pour qu’Israël soit totalement juif. » Le Monde, le 29 avril 2026 : « En Israël, le seuil d’acceptabilité de la violence ne cesse de s’élever ».

Santé mentale en Israël

« Du cannabis au LSD en passant par l’ecstasy, tout est bon pour traiter les troubles post-traumatiques, que les Israéliens, qui se complaisent dans le rôle de victimes, ont baptisés « blessures morales. […] Avant cela, le seul pays qui a drogué massivement ses soldats — mais aussi sa population — dans une situation de guerre a été l’Allemagne de Hitler, à partir de 1939. » Orient XXI, le 11 mai 2026 : Israël. La drug-nation blanchit la guerre.

Santé mentale des colons israéliens

RFI, le 10 mai 2026 : Cisjordanie occupée : sidération après l’exhumation forcée d’un corps enterré «trop près» d’une colonie.

Quid ?

La presse en a parlé quand il s’est agi d’une statuepéché véniel ‒ d’une cigarette ou d’un couvent. « « L’armée israélienne a rasé hier le couvent et l’école des Sœurs du Saint-Sauveur à Yaroun au Liban. De quel droit ? En quoi cela a-t-il à voir avec le désarmement du Hezbollah ? Israël, réveille-toi, tes dirigeants ont perdu le Nord », a réagi de son côté la députée européenne Nathalie Loiseau, ancienne ministre française et membre du parti Horizons, allié du président Emmanuel Macron. » L’Orient-Le Jour, le 2 mai 2026 : Nouveau tollé après la démolition par Israël d’un couvent à Yaroun, au Liban-Sud. L’info suivante est presque passée inaperçue dans les médias français. Vidéo dans The Guardian, le 1er mai 2026 : Attack on French nun in Jerusalem draws widespread condemnation.

Saluer la « pudeur des Gazaouis »

Plutôt que de continuer à porter collectivement notre attention de « consommateurs sentimentaux » sur les affres d’influenceurs en perdition9. France 24, le 9 mai 2025 : Un historien raconte #Gaza : la pudeur et la résilience des #Palestiniens.

Racisme anti-palestinien du gouvernement français

C’est encore plus net par comparaison avec l’Italie. Middle East Monitor, le 11 mai 2026 : Italy evacuates 72 Palestinian students from Gaza under university program.

En Cisjordanie

« Il est insupportable de voir le macronisme prendre des décisions politiques que l’on attendrait de l’extrême droite. » Mounir Satouri, député européen écologiste, Club de Mediapart, le 27 avril 2026 : À quoi jouent Jean-Noël Barrot et le gouvernement Lecornu ?

Comme à Gaza

Sophie Wauquier, professeure à l’université Paris 8 et chargée de mission « exil » dans cet établissement : « Jamais le critère d’ethnicité n’était entré en jeu dans nos dispositifs. Nous avions toujours été soutenus par nos ministères de tutelle sur des dossiers afghans, turcs, iraniens, parfois compliqués […]. Jamais auparavant l’université ne s’était heurtée à une telle décision des ministères ». Orient XXI, le 27 avril 2026 : Gaza. La France claque la porte au nez des artistes et chercheurs palestiniens.

La réponse du consommateur, Boycott Désinvestissement Sanctions

Tout ce qu’il y a de plus utile, légitime et légal,  le fameux BDS, un boycott comme il y en eut contre l’Afrique du Sud lorsque Mandela était en prison. Qui peut l’avoir oublié ? BDS France : Le boycott, pourquoi ?

Un guide du consommateur responsable et solidaire

Déjà en 2010, encore plus vrai 16 ans après. La fabrique éditions, le 8 avril 2010 : Boycott, désinvestissement, sanctions / BDS contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine.

L’hommage involontaire de La Paix Maintenant au boycott

boycott carrefour BRÈVES DE PRESSE #30, le 16 mai 2026 - L’APPEL À LA RÉSISTANCE (AVIS AU CONSOMMATEUR)

Dans sa lettre éditoriale du 3 avril (qu’on ne retrouve pas sur le site) intitulée « Netanyahou déclare la France hostile, les Juifs pris entre deux feux… » Ilan (Alain) Rozenkier, président de l’association La Paix Maintenant se risque à dire qu’Israël « légitime ainsi le boycott dont il est injustement l’objet, qu’il qualifie d’antisémite quand il s’exerce à son encontre, et normal et justifié dès lors qu’il en est à l’initiative. »

Boycott AXA

L’entreprise française de banque et d’assurance est un« facilitateur » de l’occupation coloniale par ses investissements car elle continue de soutenir une économie fonctionnant en mode génocidaire, d’en tirer profit, et de la normaliser (rapporteure spéciale de l’ONU sur les Territoires occupés, juillet 2025). Boycott Axa : AXA Fonds pour le Progrès humain, partenaire de festivals.  

Coordination française du Boycott Universitaire, Culturel et Sportif d’Israël

« Le FRACBI (French Academic and Cultural boycott of Israel), comme son nom l’indique, vise à coordonner les campagnes de boycott d’Israël qui s’inscrivent dans la campagne internationale BDS, quand elles concernent les champs de l’éducation, de l’art, de la culture et du sport. Le FRACBI est la branche française du PACBI palestinien dont elle suit l’esprit et les consignes. »

FRACBI : https://fracbi.org/.

Stop Arming Israël

« Nous sommes des militant·es indépendant·es et des syndicalistes. Nous souhaitons agir là où nous sommes pour relayer l’appel lancé par les syndicats palestiniens à désarmer le génocide. Pour cela, nous proposons des ressources qui permettent à chacun·e d’agir, ici et maintenant. » Pour une vue synthétique des actions menées : Instagram Stop Arming Israël.

Recensement de quelques actions récentes de la Résistance

En France, défaite sioniste pour la loi Yadan

Face à la mobilisation militante mais aussi à la pétition citoyenne signée plus de 700000 fois, elle est tombée au premier jour des débats à l’Assemblée Nationale après avoir été longuement et patiemment promue dans la presse de la zone de pondération par de nombreuses tribunes sionistes sans que jamais la parole fût donnée directement aux antisionistes. Un bon moyen d’éviter tout débat sérieux comme dans cette émission de France Culture dont tous les invités sont sionistes, le 16 avril 2026 : La loi Yadan permet-elle de lutter contre l’antisémitisme ?

La flottille pour Gaza, inlassablement

« La dimension symbolique de la flottille renforce le sentiment de dignité des habitants. Le fait de savoir que des personnes prennent le risque de traverser la mer pour les atteindre envoie un message implicite : leur vie a de la valeur, et leur souffrance n’est ni un simple chiffre ni une information passagère. Ce sentiment a un impact profond sur l’estime de soi collective, souvent fragilisée dans les conditions de blocus » témoignait Abu Amir, de l’UJFP à Gaza ce 26 avril. Après les exactions de l’armée israélienne au large de la Grèce il y a quinze jours, une nouvelle flottille est partie de Turquie ce 14 mai. Ouest France, le 14 mai 2026 : Guerre au Moyen-Orient : une nouvelle « flottille pour Gaza » partie de Turquie.

La résistance par le Droit

* L’association de juristes JURDI a engagé des poursuites contre la France devant le Conseil d’État « pour non-respect de l’obligation de prévention du crime de génocide », et contre l’U. E. devant le Tribunal de l’Union européenne « pour faire constater que la Commission et le Conseil ont manqué à leur devoir en n’utilisant pas « tous les moyens raisonnablement à leur disposition » pour faire obstacle au génocide à Gaza », Le Monde Diplomatique, mai 2026 : Poursuivre les États complices.

* « L’absence de stratégie juridique rend l’occupation plus facile à normaliser, l’annexion plus facile à maquiller et les atrocités plus faciles à oublier. » L’Orient-Le Jour, le 27 amrs 2026 : Face à Israël, le Liban doit enfin se doter d’une stratégie juridique.
* Une plainte déposée en France : Le Monde, le 2 mai 2026 : Un Franco-Libanais porte plainte en France contre l’armée israélienne pour crime de guerre.

En Espagne, le sommet de Barcelone En Défense de la Démocratie

France 24, le 18 avril 2026 : Claudia Sheinbaum, Lula… des dirigeants de gauche à Barcelone pour « renforcer » la démocratie.

L’Espagne soutient Francesca Albanese et le droit international, l’Europe non

La France non plus on le savait déjà.

* Le premier ministre espagnol a demandé à Von der Leyen d’annuler au sein de l’Union Européenne les sanctions états-uniennes contre la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, El País, le 6 mai 2026 : Sánchez pide a Von der Leyen anular en la UE las sanciones de Estados Unidos contra la relatora de la ONU Francesca Albanese.

* La demande du premier ministre espagnol est d’autant plus facile à honorer par l’Europe qu’un juge états-unien américain a suspendu les sanctions prises abusivement contre Francesca Albanese. Le Monde, le 14 mai 2026 : Un juge américain suspend les sanctions imposées par la Maison Blanche à la rapporteuse de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese.

* Francesca Albanese a reçu la plus haute distinction civile espagnole des mains de Pedro Sanchez. Une fois de plus, ce n’est pas dans la presse française qu’on trouvera l’info. Encore que, à la marge… Radio J s’en est fait l’écho. The Guardian, le 7 mai 2026 : Spain awards UN legal expert Francesca Albanese one of its highest civilian honours.

Eurovision

* Pipée ! Courrier International, le 12 mai 2026 : Eurovision : une vaste campagne d’Israël pour influencer les votes révélée par une enquête.

* Dans ce jeu de parieurs, la meilleure initiative revient à l’Espagne, l’Irlande, l’Islande, la Slovénie et les Pays-Bas qui boycottent participation et retransmission. « Alors que l’Eurovision 2026 approche à grands pas, la participation a atteint son nombre le plus faible depuis 2003. » Ouest France, le 26 avril 2026 : Boycott d’Israël, obligations budgétaires… Pourquoi seulement 35 pays participent à l’Eurovision en 2026 ?

* La prestation la plus originale, un vote au-delà de l’Eurovision : écouter la chanson « Drone Song » d’Ahmed Abu Amsha, récemment réenregistrée (musique de Zaid Hilal), interprétée avec le groupe Gaza Birds Singing aux côtés de l’artiste contemporain Yazid Talaa. Pour voter : #VoteJustice4Palestine.

Accord d’association Union Européenne – Israël (24 ans plus tard il n’est pas trop tard)

justice for Palestine BRÈVES DE PRESSE #30, le 16 mai 2026 - L’APPEL À LA RÉSISTANCE (AVIS AU CONSOMMATEUR)

Le 10 avril 2002, le Parlement européen avait voté une proposition de résolution demandant la suspension de l’accord d’association au motif que son article 2 n’était pas déjà respecté par Israël10. 24 ans plus tard, c’est toujours l’impasse européenne. La pétition citoyenne européenne pour la suspension de cet accord a pris le relais. Elle approche les un million-deux-cent-mille signatures. Union Européenne, le 13 janvier 2026 : Violations des droits de l’homme par Israël: exigeons la suspension totale de l’accord d’association UE-Israël.

Résistance dans l’âme et par la joie

« Une forêt de bruit »

« Considérant que les journalistes occidentaux accomplissent mal leur travail, Mosab Abu Toha lit la presse en arabe et poste des nouvelles de Gaza sur les réseaux sociaux ». Le 19 novembre 2024 il était l’invité de la Maison de la Poésie à Paris. Voir la rencontre. Et en 2026 les Éditions Julliard ont publié son recueil « Une forêt de bruit ». L’Humanité, le 11 mars 2026 : « Une forêt de bruit » de Mosab Abu Toha : écrire des poèmes dans l’enfer de Gaza.

Kneecap

kneecap BRÈVES DE PRESSE #30, le 16 mai 2026 - L’APPEL À LA RÉSISTANCE (AVIS AU CONSOMMATEUR)

La Grande Bretagne a tenté de réduire au silence le trio de rappeurs gaéliques irlandais en raison de leur soutien à la résistance palestinienne. «Une plainte déposée par le gouvernement britanniquecontre Mo Chara et l’annulation de leurs visas de travail américains les ont obligés à faire une croix sur les dates qui étaient prévues à l’automne. Douze concerts, tous annulés. Du coup, Kneecap a repris le chemin des studios. » Résultat « éblouissant ». Courrier International, le 1er mai 2026 : “Fenian”, l’éblouissant album plein d’optimisme de Kneecap.

 « Paisiblement », danser pour la paix

« Comment la danse peut-elle s’élever face aux systèmes d’armes ? Sur le plateau comme sur une aire de résilience, une danseuse, deux danseurs et un musicien sans autres armes que l’art et le corps écrivent un manifeste d’humanité. Paisiblement, ou danser pour la paix, et incarner son processus. […] En convoquant des racines druzes, mais aussi les échos des danses amérindiennes ou palestiniennes. » « Paisiblement », mardi 26 mai à 19h30 à l’Atelier de Paris / CDCN. Voir la bande annonce et les Informations pratiques.

  1. Voir les Brèves de Presse #29 du 28 mars 2026.[]
  2. Contrairement à ses déclarations les plus infondées, la France ne respecte ni le Droit international (d’où le double standard évident qui lui est régulièrement reproché) ni les libertés publiques et les droits individuels au prétexte d’une « apologie du terrorisme » d’interprétation extensive. L’apologie du terrorisme est tout simplement devenue un délit d’opinion selon l’historien Renauld Meltz.[]
  3. « À Gaza, la ruine fait corps avec l’intention israélienne génocidaire, visant une société comme telle, afin de compromettre son avenir biologique et politique. Dans le Sud-Liban, elle fonctionne comme instrument facilitant l’occupation israélienne et forçant le déplacement des populations libanaises et rendant impossible tout retour. Mais, dans les deux cas, elle frappe bien davantage que le bâti. Elle vise la continuité. Elle cherche à rendre le lieu étranger à ceux qui l’ont habité, à briser la confiance dans le retour. » Ziad Majed, in Orient XXI, Semer la ruine. L’effacement comme stratégie israélienne.[]
  4. L’express, le 27 juin 2024 : Guerre à Gaza : Israël menace de ramener le Liban « à l’Âge de pierre ».[]
  5. Un exemple récent, le Vénézuéla : Nouvel Obs, le 4 janvier 2026 : « Disciple » de Trump, « irresponsable »… La réaction de Macron à la capture de Maduro suscite de vives critiques.[]
  6. À l’inverse, quand la France veut condamner elle sait le faire : « la France soutient la mise en place du Tribunal spécial pour juger le crime d’agression contre l’Ukraine, complémentaire à la Cour pénale internationale. Et je l’affirme devant vous : la France rejoindra le comité de direction du Tribunal spécial, dont nous espérons voir aboutir la création lors de la réunion ministérielle de Chisinau, les 14 et 15 mai prochains. » France Diplomatie, le20 avril 2026 : Discours de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.[]
  7. Benjamin Duhamel : « Si dans cette interview vous pouviez répondre aux questions que je vous pose, ça aiderait à la pédagogie et à la clarté du questionnement ».[]
  8. « En finir avec le déni », Éditions Anamosa, Paris, 2026.[]
  9. Voir la panique d’une influenceuse à Dubaï et l’appel au secours de l’influenceur états-unien Jake Rosmarin en croisière sur le paquebot MV Hondius : « Nous ne sommes pas que des articles de presse, nous ne sommes pas que des titres de journaux ! Nous sommes des gens avec des familles qui nous attendent à la maison ». France Info, le 6 mai 2026 : « Tout ce que nous voulons, c’est nous sentir en sécurité et rentrer à la maison » : un passager à bord du « MV Hondius », foyer de l’hantavirus, raconte.[]
  10. Cette clause demande aux parties le respect des droits humains et des principes démocratiques. Et le préambule évoque le respect de la Charte des Nations Unies. Le Conseil avait refusé. Un rapport interne de l’Union Européenne, du 20 juin 2025, est lui-même accablant. Club de Mediapart, le 15 juillet 2025 : Texte intégral du rapport de l’UE sur les crimes israéliens à Gaza.[]