La conquête de la Cisjordanie par les troupes israéliennes date de 1967. Elle a été sanglante et s’est soldée par l’expulsion d’environ 300 000 Palestinien.nes, c’était la Naksa. S’en est suivi 60 années d’une occupation brutale et totalement illégale au regard du droit international, contraire notamment à la résolution 242 de l’ONU.
La colonisation d’Hébron a commencé dès 1967. Les disciples du rabbin Zvi Yehouda Kook fondent alors le Gush Emonim (le bloc de la foi). Ils ont pour nom Moshe Levinger1 ou Shlomo Aviner1 et proclament partout que « Dieu a donné cette terre au peuple juif ». Ils s’installent dans le centre historique de la ville avec la protection de l’armée israélienne. Israël est alors dirigé par les travaillistes qui laissent faire.
En 1994, quelques mois après les accords d’Oslo, le colon Baruch Goldstein massacre 29 fidèles musulmans en train de prier dans le Caveau des Patriarches. Yitzhak Rabin a une occasion pour expulser les colons d’Hébron. Il fait le choix inverse : il envoie 2 000 soldats pour les protéger.
En 30 ans, le nombre de colons en Cisjordanie a quadruplé. Quand les principales associations des Droits de l’Homme ont conclu qu’Israël était un État d’apartheid, la propagande israélienne (la Hasbara) a crié au scandale. Il suffit pourtant de passer une heure à Hébron pour comprendre ce que signifie l’apartheid : des rues bouclées, le souk dévasté, les échoppes fermées, les colons déversant leurs ordures sur les maisons palestiniennes, les arrestations incessantes, les enfants des colons éduqués à caillasser les écolier.es palestinien.nes. L’armée israélienne arrête toute personne qui résiste à l’humiliation quotidienne.
Dans ces conditions, la révolte et la violence contre l’armée d’occupation n’ont rien d’étonnant ou d’illégitime. Deux soldats d’occupation ont ainsi été tués le 23 octobre dernier. Faut-il en effet rappeler ce que dit le droit international ?
En cas d’occupation et de colonisation, la résistance aux autorités d’occupation, y compris armée, est légale et légitime. Les médias français n’ont pas eu un mot pour les assaillants palestiniens également abattus. On célèbre pourtant les résistants qui ont perdu leur vie en France contre l’occupation allemande, ou plus récemment en Ukraine contre l’invasion russe.
Les dirigeants israéliens ont immédiatement expulsé 2 600 habitant.es d’Hébron avec toujours l’odieuse conception de la vengeance collective qui rappelle les heures sombres de l’histoire de la France et de la colonisation.
La réalité de ce qui est à l’œuvre en Palestine est terrible : les 2/3 de la Bande de Gaza vidés de leur population, trois camps palestiniens du Nord de la Cisjordanie rasés pour effacer l’idée même que le peuple palestinien est un peuple de réfugiés, des villages attaqués, notamment ceux qu’on voit dans le film « No Other Land », des oliviers déracinés par milliers …
Une nouvelle expulsion du peuple autochtone de la terre de Palestine est en route. L’UJFP appelle les sociétés civiles du monde entier à prendre acte de cette situation inacceptable et à faire pression sur leurs gouvernements pour empêcher, tant qu’il est encore temps, la réalisation de ce crime : l’effacement d’un peuple jusqu’au projet de son extermination.
La Coordination nationale de l’UJFP, le 29 octobre 2026