Tribune parue dans le Journal l’Humanité : Malgré les attaques contre l’UJFP, la solidarité avec Gaza continuera

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Le Journal L’Humanité vient de publier une tribune signée par de nombreuses personnalités et organisations. De nouvelles signatures étant intervenues depuis, la version ci-dessous a été actualisée et sera actualisée, au fur et à mesure, si de nouvelles signatures sont données.

L’UJFP a pris connaissance d’un article du Journal Le Point du 10 février la mettant gravement en cause, en multipliant des informations inexactes afin de compromettre son intervention auprès du peuple palestinien, sur la base de soupçon de terrorisme.

Depuis deux ans et demi, un génocide d’une ampleur incroyable se déroule à Gaza.

Même l’armée israélienne a reconnu que les chiffres donnés par les autorités de Gaza sont véridiques, alors même qu’ils ne concernent que les morts directes, laissant dans l’inconnu les conséquences dramatiques de la destruction des infrastructures vitales sur une population composée à 47 % d’enfants.

L’histoire retiendra que des citoyens dans le monde entier se sont dressés contre un régime suprémaciste dont les dirigeants ont déclaré « qu’il n’y avait pas d’innocents à Gaza » et qui ont délibérément exterminé des dizaines de milliers de civils. Elle retiendra aussi que des organisations prétendument antiracistes ont essayé, dès le 7 octobre 2023, de criminaliser le mouvement de solidarité pour les droits du peuple palestinien. Ces organisations ne se donnent même pas la peine de nier les crimes contre l’humanité qui ont été commis, si tant est qu’elles ne les célèbrent pas et ce, en toute impunité.

L’histoire retiendra aussi que le génocide serait impossible sans une complicité politique, économique, militaire, médiatique en France et en Europe. Celles et ceux qui attaquent l’UJFP voudraient y ajouter une forme de complicité judiciaire.

Il est allégué que le Parquet National Antiterroriste (PNAT) aurait ouvert une enquête préliminaire contre l’UJFP pour « financement du terrorisme » suite à une plainte déposée le 21 juillet 2025 par l’association CHAR (Contre la haine, l’antisémitisme et le racisme). Or l’UJFP n’a pas connaissance d’une telle procédure ouverte à son encontre et conteste cet amalgame grave fait entre l’aide apportée aux civils palestiniens et le soutien au terrorisme.

Cet article allègue que Pierre Stambul a hébergé Mariam Abou Daqqa, membre de « l’organisation terroriste du FPLP ». On rappellera pourtant que Mariam Abou Daqqa a bien obtenu son visa pour une tournée de conférences en France sur la situation à Gaza et qu’elle devait prendre la parole à l’Assemblée nationale.

L’article du Point raconte à sa façon, c’est-à-dire de la manière biaisée qu’on lui connaît, la conférence donnée par Sarah Katz et Pierre Stambul à la foire Biocybèle de Graulhet, celle-là même que l’extrême droite de Graulhet a tenté de faire interdire, sans succès. Ces accusations à l’égard de l’UJFP et en particulier de Pierre Stambul et de Sarah Katz sont une manière de freiner la générosité des donateurs, de critiquer les actions mises en œuvre pour le soutien du peuple palestinien, et de criminaliser le soutien au peuple palestinien sur la base d’un supposé soutien au terrorisme. Cela va avec la politique israélienne qui interdit dorénavant aux ONG d’aller à Gaza, sur les mêmes bases de soupçon de terrorisme. Pourtant aujourd’hui c’est la population palestinienne qui est terrorisée, le mouvement de solidarité s’employant à en diminuer dans la mesure du possible les effets.

Il est reproché aux conférenciers d’avoir fait état du fait que leurs parents étaient résistants. Eh oui, à cette époque, être juif et d’extrême droite était un oxymore. L’UJFP est fière de cet héritage humaniste et engagé du judaïsme européen.

L’article reproche à Pierre Stambul d’avoir indiqué que l’UJFP a envoyé des milliers d’euros à Gaza, en soutien à la société civile palestinienne. Tous les jours, le site de l’UJFP donne la parole (photos et vidéos à l’appui) à ses représentants à Gaza. Celles et ceux qui attaquent l’UJFP préfèrent défendre un régime qui organise la famine à Gaza. Chacun son choix. De son côté, l’UJFP s’honore d’avoir ainsi soutenu des familles laminées par le blocus, d’avoir fait le pari de l’humanisme et de la solidarité entre les peuples.

L’article affirme que l’UJFP a des liens avec le Hamas, ce qui est proprement faux et scandaleux, et vise uniquement à criminaliser une association française, active dans l’aide apportée au peuple palestinien. Il suffit au journal Le Point de consulter le site de l’UJFP pour, sur la base d’un vrai travail journalistique, informer objectivement les lecteurs. Par exemple, l’UJFP n’a pas de « quartier général » à Gaza, mais avait une maison des paysans, qui tentaient de réhumaniser un territoire occupé et dévasté, une maison malheureusement détruite par l’armée israélienne.

L’article affirme que le représentant de l’UJFP, « Abu Amir Eleiwa [est un] dirigeant d’Humani’Terre, une association elle-même visée par une enquête pour financement du terrorisme … C’est de la diffamation. Tous les articles (il y en a des centaines) d’Abu Amir disent clairement ce que sont ses actions et quelles sont ses idées.

Après avoir financé un château d’eau, des canalisations, une maison des paysans, l’UJFP s’est associée avec Humani’Terre pour la construction d’une pépinière solidaire utilisée par des milliers d’agriculteurs. Toute action en Palestine, financée par des solidaires, nécessite d’arborer le logo des donateurs. Aujourd’hui encore, les actions menées par Abu Amir et rapportées quotidiennement par son équipe, arborent le logo UJFP.

L’UJFP n’est pas seule attaquée. L’article se termine par un réquisitoire contre l’association « Nature et Progrès » qui a invité l’UJFP à une conférence intitulée « cultiver sous les bombes ». L’UJFP salue pourtant ce lien humain, entre les agriculteurs en Europe et les agriculteurs à Gaza, qui s’inscrit totalement dans ses valeurs juives et dans sa lutte contre l’antisémitisme.

À l’instar du gouvernement israélien qui accuse systématiquement les ONG humanitaires et qui menace d’interdire 37 de ces ONG en Palestine, en les accusant de terrorisme, le journal Le Point joue la même partition en discréditant l’action de l’UJFP par la formulation de graves amalgames.

Les accusations diffamatoires portées dans cet article visent manifestement à empêcher l’aide humanitaire indispensable à la société gazaouie, le procédé est indigne, il n’y parviendra pas.

Ces accusations s’accompagnent aujourd’hui d’une demande de dissolution de l’UJFP, une association juive, de la part d’organisations qui soutiennent la politique israélienne.

Les signataires, membres ou non de l’UJFP, sont résolument opposés aux poursuites (ou pseudo-poursuites) et à la campagne diffamatoire qui la vise.

Signatures :

Personnalités

Simon Assoun, militant juif décolonial, Ariella Aïsha Azoulay, Autrice et Cinéaste, Étienne Balibar, philosophe, Willy Beauvallet-Haddad, Politiste, Sophie Bessis, Historienne, Rony Brauman, médecin, Alain Brossat, Philosophe, Mona Chollet, Essayiste, Arnaud Clappier, Cinéma Utopia Borderouge, Sonia Dayan-Herzbrun, Sociologue, Ivar Ekeland, Vice-président de l’AURDIP, Annie Ernaux, Écrivaine, Christian Eyschen, Porte-Parole de l’Association internationale de la Libre Pensée, Sonia Fayman, Sociologue, Didier Fassin, anthropologue et médecin, Jérôme Goust, créateur de la foire Biocybèle, Alain Gresh, Directeur des journaux Orient xxi et Afrique xxi, Gérard Haddad, Psychanalyste, Gabriel Hagai, rabbin, Laure Jabrane, membre de la CAALAP (Coordination antifasciste pour l’affirmation des libertés académiques et pédagogiques, Jean-Marc Lévy-Leblond, chercheur, Frédéric Lordon, Philosophe, Gus Massiah, Économiste, Sophie Mendelsohn, Psychanalyste, Dominique Natanson, Animateur du site Mémoire juive et Éducation, Raymonde Poncet Monge Sénatrice du Rhône et Vice-présidente de la commission des affaires sociales, Thomas Portes, député LFI, François Rippe, vice-président de l’AFPS, Denis Sieffert, Journaliste, Eyal Sivan, Cinéaste et Essayiste, Enzo Traverso, Historien, Anne Tuaillon, Présidente de l’AFPS, Stéphane Valter, Stéphane VALTER, Professeur en études arabes et Membre correspondant de l’Académie des sciences d’outre-mer (Paris), Christiane Vollaire, Philosophe.

Organisations

Appel-Égalité, Association de Ami.e.s de Jalboun-Palestine (Toulouse), Association de solidarité inter-peuple, Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Universitaires pour le respect du droit international en Palestine (AURDIP), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association pour la promotion des jumelages entre villes de France et camps de réfugiés palestiniens (AJPF), Collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine (CJACP), Collectif Paix Palestine Israël (CCPI Saint-Denis), Collectif Palestine 69, Comité de vigilance pour une paix réelle au Proche-Orient (CVPRPO), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Émancipation Syndicale et Pédagogique, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fédération nationale de la Libre Pensée (qui a une représentation permanente à l’ONU, Commission des Droits de l’Homme et à l’Organisation Internationale du travail), Femmes Égalité, Forum Palestine Citoyenneté, Libre Pensée 31, Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Pour une écologie populaire et sociale (PEPS), Réseau coopératif de gauche alternative (RCGA), Tsedek!, collectif juif décolonial, Union syndicale Solidaires.

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