Depuis le 17 décembre 2025, le bulletin de mise à jour de la situation humanitaire est publié chaque semaine. Le prochain bulletin sur la situation humanitaire en Cisjordanie sera publié le 6 janvier et celui sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza le sera le 14 ou 15 janvier.

Le Rapport complet en anglais ICI.
Points-clé
- Des centaines de milliers de Palestiniens de Gaza sont en difficultés dans des tentes de fortune endommagées par la pluie, le vent et les vagues de la mer ou dans des constructions qui risquent de s’écrouler.
- Jusqu’à présent, en décembre les partenaires de l’aide humanitaire ont fourni des abris d’urgence provisoires à plus de 80 000 familles.
- La dernière analyse intégrée de classification de la sécurité alimentaire en phases établit que l’état de famine a été allégé mais que l’insécurité alimentaire et la malnutrition graves restent à des niveaux élevés à un point critique.
- Les agences de l’ONU continuent à insister sur l’importance d’un accès prévisible et sans entrave d’un approvisionnement accru et d’un financement durable pour une transition des efforts d’urgence à des efforts de relèvement rapide à Gaza.
- Les efforts de gestion des déchets solides sont entravés par une production de de déchets excédant la capacité de collecte dans plusieurs sites du fait du manque d’accès aux décharges, de l’état des infrastructures abîmées, des coupures d’énergie et des restrictions à l’entrée d’équipements essentiels et de pièces de rechange, selon le groupe Eau, Assainissement et Hygiène.
Vue d’ensemble du contexte
- Les convois humanitaires de l’ONU et de ses partenaires requièrent une coordination avec les autorités israéliennes pour entrer dans Gaza et en sortir et vers d’autres zones ou zones proches où les forces israéliennes restent déployées. Entre le 27 et le 29 décembre, 86 missions humanitaires ont été coordonnées avec les autorités israéliennes ; parmi elles, 46 ont été autorisées, 22 freinées et cinq refusées. Treize missions ont été annulées par les organisations demandeuses pour des raisons opérationnelles, logistiques ou de sécurité.
- On rapporte que des frappes aériennes, des bombardements et des tirs continuent dans la bande de Gaza, causant des blessures. Dans un incident, le 19 décembre, la Défense Civile palestinienne (PCD) a fait savoir qu’au moins cinq personnes avaient été tuées lorsqu’une école abritant des personnes déplacées internes (IDP) avait été touchée à Tuffah, dans l’Est de la ville de Gaza, à l’ouest de la « ligne jaune ». L’armée israélienne reste déployée dans plus de 50% de la bande de Gaza, au-delà de la « ligne jaune » qui reste largement non marquée au sol et où l’accès aux biens et services humanitaires, aux infrastructures publiques et à la terre agricole est restreint ou interdit. L’explosion de bâtiments d’habitation et l’action des bulldozers continuent sont toujours rapportées, y compris à proximité ou à l’Est de la « ligne jaune ». L’accès à la mer reste interdit. Entre le 25 et le 26 décembre, 150 familles vivant dans le quartier d’Al Tuffah dans l’est de la ville de Gaza, ont été déplacées vers des zones proches en raison de l’intensification de l’activité militaire et de la réception retardée des avertissements d’évacuation. Quelques familles sont restées dans cette zone à cause du manque d’options alternatives d’abris.
- Des centaines de milliers de Palestiniens continuent à lutter dans des tentes de fortune inondées ou dans des bâtiments endommagés qui risquent l’effondrement (voir plus loin) alors que les orages hivernaux augmentent le risque de maladies liées au froid et de morts évitables, particulièrement parmi les enfants de moins de cinq ans. Le 28 décembre, le PCD a fait savoir que ses équipes ont récupéré les corps d’une femme de 30 ans tuée par l’effondrement d’un mur et celui d’un enfant de sept ans, noyé dans un puits pendant l’orage. Selon le ministère de la santé (MoH) de Gaza, en décembre, 17 personnes sot mortes dans l’effondrement de constructions endommagées et roid enfant sont morts d’hypothermie, dont un bébé de deux mois, mort le 29 décembre. Auparavant, un nouveau-né de 29 jours est mort le 18 décembre, peu après son admission dans le complexe médical Nasser, selon Médecins Sans Frontières (MSF). Les équipes de MSF informent régulièrement des taux élevés d’infections respiratoires et avertissent qu’elles ne vont faire qu’augmenter au cours de l’hiver.
- Selon le MoH de Gaza, entre le 17 et le 29 décembre, 17 Palestiniens ont été tués, 70 ont été blessés et 47 corps ont été sortis des décombres. Cela porte le nombre de victimes parmi les Palestiniens depuis le 7 octobre 2023, comme rapporté par le MoH, à 71 266 morts et 171 222 blessés. D’après le MoH, le nombre total comprend 292 morts ajoutés rétroactivement entre le 19 et le 26 décembre après que leurs éléments d’identité ont été approuvés par un comité ministériel. Le MoH a rapporté que depuis le cessez-le feu, 414 Palestiniens ont été tués, 1145 blessés et que 680 corps ont été retirés de sous les décombres.
- Selon l’armée israélienne, entre le 17 et le 29 décembre à midi, aucun soldat israélien n’a été tué à Gaza. Le nombre de victimes parmi les soldats israéliens depuis le débit de l’opération terrestre israélienne en octobre 2023, s’élève à 471 morts et 2 995 blessés. Selon les forces armées israéliennes et des sources officielles israéliennes citées dans les médias, plus de 1 671 israéliens et ressortissants étrangers ont été tués, en majorité le 7 octobre 2023 et dans les jours qui ont immédiatement suivi. Le 30 décembre à midi, les restes d’un otage se trouvent dans la bande de Gaza.
- Les munitions explosives continuent de représenter une menace sérieuse dans la bande de Gaza. Le 18 décembre, PCD a rapporté qu’un enfant avait été tué par des ondes électromagnétiques (EO) dans sa maison familiale dans le camp de Nuseirat, à Deir al Balah. Soulignant l’ampleur considérable de la contamination par ces ondes dans la bande de Gaza, le chef de l’UNMAS, Julius Van Der Walt, a noté que les gens se blessent « simplement en collectant des produits de première nécessité au quotidien ». Le système de surveillance du groupement de protection souligne que les enfants restent particulièrement exposés à de graves risques pour la sécurité, y compris les restes explosifs de guerre, lorsqu’ils recherchent du bois de chauffage et du plastique dans et autour des sites où les familles ont été déplacées. Pour atténuer les risques et faciliter la création d’un environnement propice à la livraison d’aide humanitaire, depuis le 10 octobre, les partenaires de la lutte antimines ont répondu aux demandes d’évaluation des risques explosifs (principalement en réponse aux efforts d’enlèvement des gravats), ont appuyé les missions interinstitutionnelles et ont organisé des séances d’éducation aux risques pour les personnes et travailleurs humanitaires de première ligne dans toute la bande de Gaza.
- À la suite de la publication de la dernière classification intégrée de la sécurité alimentaire par phases (CIP) le 19 décembre (voir ci-dessous), le Secrétaire général de l’ONU a déclaré que si les conditions de famine à Gaza ont été repoussées et que l’accès à la nourriture s’est amélioré pour de nombreuses personnes, ces gains restent « fragiles – à un point dangereux ». Soulignant que les besoins humanitaires augmentent plus rapidement que l’acheminement de l’aide, il a appelé à un cessez-le-feu durable ; il a exhorté à la nécessité de « plus de points de passage, à la levée des restrictions sur les éléments critiques, à la suppression des formalités administratives, à des itinéraires sûrs à l’intérieur de Gaza, au financement soutenu et à l’accès sans entrave – y compris pour les ONG ». Il a également réaffirmé que le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains devaient être maintenus dans l’ensemble du territoire palestinien occupé (TPO) et a réaffirmé son soutien à l’UNRWA en tant qu’acteur indispensable dans la réponse apportée.
- Le 30 décembre, les autorités israéliennes ont annoncé qu’elles envisageaient de suspendre le fonctionnement de certaines ONG internationales. Dans un communiqué, l’équipe humanitaire pays de l’OPT, représentant les agences de l’ONU et plus de 200 partenaires humanitaires locaux et internationaux, a exhorté les autorités israéliennes à reconsidérer cette annonce, soulignant que les ONG internationales (ONG) sont essentielles à l’acheminement de l’aide vitale.
Les orages de l’hiver
- La récente tempête de pluie depuis le 26 décembre a déclenché des inondations soudaines, affectant particulièrement les personnes vivant dans les zones de basse altitude, les zones côtières et celles qui s’abritent dans des structures et des tentes inférieures aux normes. L’eau de mer a une fois de plus inondé des tentes abritant des familles déplacées, y compris dans la région d’Al Mawasi à Khan Younis, rendant de nombreux abris inhabitables. De nombreuses familles, déjà vulnérables du fait du déplacement, ont été contraintes de se déplacer vers un terrain plus élevé au fur et à mesure que leurs biens étaient trempés. Les vents violents ont encore aggravé les conditions, détruisant ou endommageant gravement de nombreuses tentes et abris de fortune. Selon le PCD à Gaza, depuis début décembre, 18 bâtiments résidentiels se sont complètement effondrés, entraînant d’importantes pertes humaines et matérielles, tandis que plus de 110 bâtiments supplémentaires ont subi de dangereux dommages partiels, ce qui constitue une menace immédiate pour des milliers d’habitants à l’intérieur et autour d’eux.
- Selon le groupe WASH (eau, assainissement et hygiène), les fortes pluies ont mis à rude épreuve les infrastructures endommagées et mal entretenues, exposant à de graves risques les communautés vivant à proximité des lagunes d’eaux pluviales et des réseaux d’égouts. Les récentes pluies ont fait monter le niveau des eaux dans le Wadi Gaza et la lagune de Sheikh Radwan, démontrant ainsi la nécessité cruciale de veiller à ce que les pompes de drainage puissent continuer à fonctionner dans toute la bande de Gaza. L’Autorité palestinienne de l’eau (PWA) met en œuvre des interventions urgentes et cruciales pour atténuer les risques d’inondation et protéger la santé publique, mais a souligné que les restrictions à l’entrée des équipements nécessaires l’ont contrainte à recourir à des mesures d’urgence. Le groupe WASH a averti qu’une série de mesures de préparation à l’atténuation des inondations nécessite l’entrée urgente d’équipements spécialisés, tels que des pompes, des tuyaux et d’autres composants électromécaniques, dont l’entrée continue d’être refusée, ainsi qu’un approvisionnement régulier en carburant.
- Entre le 21 et le 27 décembre, les partenaires de Protection ont fourni à environ 10 000 personnes des interventions intégrées et vitales, notamment des services de santé mentale et de soutien psychosocial, des services juridiques sur la documentation civique, un soutien complet à la protection des détenus libérés, un soutien en prothèses et en orthèses aux personnes handicapées et une aide financière. Ces services comprennent la réponse adaptée à l’hiver, par laquelle les partenaires de Protection ont fourni des colis de vêtements, des bons de secours et des couvertures à 6 000 personnes.
- Dans l’ensemble, depuis début décembre, les partenaires du groupe Shelter ont atteint plus de 80 000 foyers (environ 448 400 personnes), fournissant 37 740 tentes, 127 860 bâches et 94 980 articles de literie, y compris pour répondre aux conditions météorologiques. Ces chiffres comprennent environ 7 000 tentes distribuées par la coordination de l’ONU et d’autres tentes fournies en tant que dons bilatéraux et distribuées avec le soutien de partenaires du groupe Shelter. En outre, près de 20 650 ménages ont reçu des vêtements d’hiver, ou de l’argent ou des bons pour s’en procurer. Alors que le manque de refuges devait encore diminuer en raison d’efforts soutenus d’intervention, les 65 000 ménages supplémentaires touchés par les récentes tempêtes de pluie ont fait monter le volume des besoins globaux ; le groupe Shelter estime que plus d’un million de personnes ont toujours besoin d’une aide urgente au logement.
Les conditions de famine sont allégées, mais les niveaux d’insécurité alimentaire et de malnutrition demeurent critiques
- Le 19 décembre, une nouvelle analyse du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) pour la bande de Gaza a révélé que l’insécurité alimentaire aiguë et la malnutrition restent à des niveaux extrêmement élevés. L’analyse a noté une amélioration ces derniers mois à la suite de la réduction des hostilités, des mesures rapides vers un plan de paix et une entrée accrue de l’approvisionnement alimentaire humanitaire et commercial. L’IPC estime qu’environ 1,6 million de personnes continueront d’être confrontées à une crise ou à des niveaux pires d’insécurité alimentaire aiguë (phase 3 ou supérieure de l’IPC) jusqu’en avril 2026, y compris environ 571 000 personnes en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et environ 1 900 personnes dans un état de catastrophe (phase 5 de l’IPC). Cela reflète une réduction de près d’un tiers de la population devant faire face à des conditions catastrophiques estimée en août 2025. L’analyse prévoit en outre que jusqu’en octobre 2026, au moins 101 000 enfants entre six et 59 mois souffriront de malnutrition aiguë, dont plus de 31 000 cas graves, ce qui expose les enfants à un risque accru de mortalité. Bien que cela représente une diminution par rapport aux 132 000 cas, dont 41 000 cas graves, estimés en août, les besoins nutritionnels restent étendus. En outre, près de 37 000 femmes enceintes et allaitantes devraient avoir besoin d’un soutien nutritionnel urgent d’ici octobre 2026.
- L’analyse de l’IPC souligne en outre que les déplacements prolongés, l’insuffisance de la disponibilité alimentaire, la faible diversité alimentaire, les marchés perturbés et les contraintes d’accès humanitaire continuent d’entraîner de graves lacunes dans la consommation alimentaire dans la bande de Gaza. Elle indique qu’aucun enfant âgé de 6 à 23 mois n’est au niveau des normes minimales de diversité alimentaire, tandis que 71,5 % continuent de souffrir d’une grave pauvreté alimentaire – ne consommant que deux groupes d’aliments sur huit par jour – contre 92,4 pour cent en septembre, ce qui souligne le risque à long terme de dommages nutritionnels et d’atteinte au bon développement faute d’intervention soutenue. L’IPC souligne la nécessité d’une assistance alimentaire continue et à grande échelle parallèlement à une réponse nutritionnelle élargie et intégrée, y compris le traitement de la malnutrition aiguë, la supplémentation en micronutriments et le soutien à l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants. Il souligne en outre qu’un accès humanitaire soutenu, élargi et cohérent, un approvisionnement commercial prévisible et l’élimination des obstacles opérationnels sont essentiels pour prévenir une nouvelle détérioration et inverser les tendances actuelles en matière d’insécurité alimentaire et de malnutrition dans toute la bande de Gaza.
- Le 19 décembre, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont souligné que, si la dernière analyse IPC confirme que la famine a reculé à Gaza grâce au cessez-le-feu et à l’amélioration de l’accès, les progrès restent extrêmement fragiles : « Les besoins humanitaires restent considérables, l’aide actuelle ne répondant qu’aux besoins les plus élémentaires pour la survie. » La directrice des opérations d’urgence de l’UNICEF, Lucia Elmi, a averti que « la nourriture est désormais disponible sur les marchés, mais de nombreuses familles n’ont tout simplement pas les moyens de l’acheter. Les établissements de santé fonctionnent à peine, l’eau potable et les services d’assainissement sont rares, et l’hiver aggrave les souffrances des personnes déplacées qui s’entassent dans des abris de fortune. Ces progrès fragiles pourraient disparaître du jour au lendemain si les combats reprenaient. » Appelant à une action décisive, les agences ont souligné que « seuls un accès, des approvisionnements et un financement à grande échelle peuvent empêcher le retour de la famine et aider Gaza à passer de la survie à la reprise ».
Accès aux marchés et assistance alimentaire d’urgence
- Selon le dernier Observateur du marché du PAM couvrant la première moitié du mois de décembre, les prix des denrées alimentaires sont restés largement stables dans toute la bande de Gaza, près de deux mois après le cessez-le-feu et les marchés ont montré des signes précoces de reprise, soutenus par la reprise progressive des importations commerciales et par une réduction des prix. Le PAM a indiqué que, si la plupart des prix sont restés plus élevés qu’en septembre 2023 et hors de portée de la plupart des gens, d’importantes réductions des prix de la quasi-totalité des produits de base clés ont été enregistrées par rapport à la période précédant le cessez-le-feu (début octobre 2025). Par exemple, les prix des œufs ont fortement chuté dans tous les gouvernorats, tombant à 40 NIS (9,37 €) pour une boîte de deux kg, le poulet congelé était disponible à 30-35 NIS (6,8-8 €) par kg, et le bœuf congelé à 60-65 NIS (16-15,3 €) par kg. Dans la deuxième semaine de décembre, certains aliments de base ont également été vendus à des prix inférieurs aux niveaux de septembre 2023, tels que la farine de blé, les lentilles blondes et l’huile de tournesol. Un sac de 25 kilogrammes (kg) de farine de blé, par exemple, a été vendu à NIS 30-40 (6,8-9,3 €), contre environ 48 NIS (11 €) en septembre 2023.
- Le PAM a noté que les tarifs de coordination élevés imposés aux marchandises commerciales entrant à Gaza, qui s’élèvent souvent à plusieurs milliers de dollars par camion, combinés à des infrastructures endommagées et à des perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement, restent des facteurs clés de la hausse des prix des produits essentiels, y compris la viande, les œufs, les fruits, les légumes et les produits laitiers. En conséquence, l’accès au marché reste fortement limité. Les trois quarts des ménages interrogés ont fait état de difficultés persistantes d’accès aux marchés au cours de la première moitié de décembre. 98% d’entre eux ont cité le manque de liquidités comme principal obstacle, tandis que 32% ont déclaré ne pouvoir se permettre des produits alimentaires de base malgré les récentes baisses de prix. Les pénuries de liquidités continuent d’affecter la fonctionnalité du marché, 85% des détaillants interrogés signalant une trésorerie insuffisante, ce qui limite leur capacité à se réapprovisionner en marchandises ou à payer les fournisseurs.
- La consommation alimentaire a continué d’afficher une modeste amélioration en décembre, a souligné le PAM, les ménages interrogés ayant déclaré en moyenne deux repas par jour, contre un repas par jour en juillet. Cependant, un ménage interrogé sur quatre n’a continué à consommer qu’un seul repas par jour. La diversité alimentaire reste extrêmement faible, les ménages étant largement dépendants des céréales et des légumineuses. Par rapport aux modèles de septembre 2023, les légumes n’ont été consommés en moyenne que deux jours par semaine (en baisse par rapport à six), les fruits, 0,5 jour par semaine (en baisse par rapport à trois) et de la viande ou d’autres sources de protéines seulement 0,7 jour par semaine (en baisse par rapport à trois), reflétant des contraintes persistantes dans l’accès aux aliments nutritifs.
- Malgré une diminution du pourcentage de personnes qui comptent sur la combustion de déchets pour cuisiner, contre 55 % en novembre, le PAM signale qu’en l’absence de fournitures de gaz prévisibles et suffisantes, les gens continuent de recourir à des options de cuisson et de chauffage dangereuses. 43% des ménages continuent de compter sur la combustion de déchets, 54,5% sur le bois, 1,5% sur le gaz, tandis qu’1% n’ont aucune source de cuisson. Le Groupe de protection note que les incidents signalés de dangers d’incendie, liés à des pratiques de cuisson et de chauffage dangereuses, ont parfois entraîné de graves dommages dans les abris. Lors d’un incident survenu le 19 décembre, un poêle à gaz a dysfonctionné, entraînant un incendie qui a détruit la tente d’une femme veuve avec ses quatre enfants. Les équipes de protection ont depuis lancé des séances de sensibilisation à la sécurité incendie dans les sites de déplacement.
Défis auxquels est confrontée la gestion des déchets solides
- La gestion des déchets solides dans toute la bande de Gaza reste un sérieux défi. Selon le Groupe WASH, depuis octobre 2023, environ 56,2 millions d’euros de dommages ont été enregistrés dans les systèmes de gestion des déchets solides et médicaux, a rapporté le Groupe WASH; cela comprend la destruction ou les dommages portés à plus de 200 camions de collecte de déchets, 18 pièces d’équipement de décharge, cinq véhicules à déchets médicaux, deux micro-ondes à déchets médicaux, 90 installations et environ 6 000 conteneurs de déchets. Les deux principales décharges, Sofa et Johr ad Dik, sont situées près de la frontière et sont restées inaccessibles pendant plus de 24 mois, forçant les municipalités et les partenaires à compter sur des sites de déversement temporaire. En conséquence, le système de collecte des déchets a fondamentalement changé : la collecte primaire est maintenant en grande partie effectuée à l’aide de chariots à ânes et de tracteurs, tandis que la collecte secondaire dépend d’un nombre limité de camions à benne basculante et de compacteurs. La production de déchets est passée de moins de 0,4 kg par habitant et par jour au cours des phases les plus critiques des hostilités à environ 0,5-0,7 kg par habitant et par jour actuellement, ce qui reflète l’évolution des modes de consommation et des mouvements de population. Cette augmentation, combinée à l’infrastructure endommagée, continue de dépasser la capacité de collecte dans plusieurs domaines en raison du manque d’accès aux décharges, de l’insuffisance de l’allocation de carburant et des restrictions à l’entrée de pièces de rechange, d’équipement de collecte des déchets et d’autres équipements.
- Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) rapporte que depuis octobre 2023, il soutient la collecte de plus de 480 000 tonnes de déchets solides – plus de 50 % des déchets totaux qu’on estime générés – desservant actuellement environ 1,4 million de personnes par une collecte quotidienne. Toutefois, la capacité de collecte reste inégale. Dans le sud, où il se trouvent huit des 10 sites de déversement de toute la bande de Gaza, la collecte quotidienne est largement alignée sur la production quotidienne de déchets. En revanche, dans le nord de Gaza, les taux de collecte ne couvrent qu’environ 60 % des déchets générés à la fin de 2025, et les seuls sites de déversement temporaire disponibles (Feras Market dans la ville de Gaza, et Al Khuzndar à Jabalya) sont fortement congestionnés et fonctionnent au-delà de leur capacité. Cela a entraîné une accumulation continue de déchets solides dans les zones densément peuplées, ce qui a entraîné des risques pour la santé publique et l’environnement. Pour aider à atténuer certains de ces risques, un nouveau site de déversement temporaire dans le corridor de Netzarim a été convenu avec les autorités municipales et devrait absorber les déchets accumulés du marché de Feras et d’autres sites de déversement informels dans le nord, à partir du début de 2026, ainsi que prendre en charge la production quotidienne de déchets en cours.
- Avec l’apparition de l’hiver, les déchets accumulés dans les zones inondables et densément peuplées présentent des risques accrus pour l’environnement et la santé publique. Les précipitations et les inondations augmentent la probabilité de dispersion des déchets, de blocage de systèmes de drainage et de contamination des sources d’eau, ce qui pourrait exacerber les risques pour la santé et la propagation de maladies. Dans ce contexte, les besoins prioritaires comprennent les pneus, les batteries, les pièces de rechange, les équipements de traitement des déchets médicaux, les pesticides et les véhicules de collecte supplémentaires. Alors que certains approvisionnements sont entrés dans Gaza, y compris huit camions à bascule, 55 conteneurs, 92 pneumatiques et équipements de protection individuelle pour les travailleurs, et d’autres matériaux attendus pour bientôt, y compris 11 camions à bascule, quatre compacteurs et deux véhicules de collecte de déchets médicaux, des lacunes importantes subsistent entre la capacité actuelle et les besoins opérationnels, note le PNUD. Sans une intensification soutenue de la collecte des déchets, de l’accès aux sites d’élimination et de la réhabilitation des infrastructures de gestion des déchets, les risques pour la santé publique pourraient être intensifiés dans les mois à venir.
Financement
- Au 30 décembre, les États membres avaient versé environ 1,6 milliard de dollars (1,3 milliards €) sur les 4 milliards (3,4 milliards €) (40 %) demandés pour répondre aux besoins humanitaires les plus urgents de 3 millions sur les 3,3 millions de personnes identifiées comme ayant besoin d’aide à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, dans le cadre de l’appel éclair 2025 pour les territoires palestiniens occupés. Près de 88 % des fonds demandés sont destinés à l’intervention humanitaire à Gaza, et un peu plus de 12 % à la Cisjordanie. Le 8 décembre 2025, l’ONU et ses partenaires humanitaires ont lancé un appel éclair de 4,06 milliards de dollars (3,46 milliards €) pour répondre aux besoins humanitaires de 2,97 millions sur les 3,62 millions de personnes identifiées comme ayant besoin d’aide à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, en 2026. Près de 92 % des fonds nécessaires sont destinés à l’intervention humanitaire à Gaza, et un peu plus de 8 % à la Cisjordanie. En novembre, le Fonds humanitaire pour les territoires palestiniens occupés a géré 128 projets en cours, pour un montant total de 73,5 millions de dollars (62,2 milliards €), afin de répondre aux besoins urgents dans la bande de Gaza (89 %) et en Cisjordanie (11 %). Parmi ces projets, 61 sont mis en œuvre par des ONG internationales, 51 par des ONG nationales et 16 par des agences des Nations Unies. Il convient de noter que 58 des 77 projets mis en œuvre par des ONG internationales ou les Nations Unies le sont en collaboration avec des ONG nationales. Pour plus d’informations, veuillez consulter la page internet du Service de suivi financier de l’OCHA et la page internet du Fonds humanitaire pour les territoires palestiniens occupés.











