Situation humanitaire dans le territoire palestinien occupé (TPO)-Rapport du 6 mars 2026

ocha logo Situation humanitaire dans le territoire palestinien occupé (TPO)-Rapport du 6 mars 2026

(au 4 mars 2026, sauf indication contraire)

Le rapport complet en anglais ICI

POINTS FORTS

  • L’escalade au Moyen-Orient a eu un impact immédiat sur les civils dans tout le territoire palestinien occupé (TPO).
  • À Gaza, les restrictions imposées aux opérations d’aide ont augmenté, alors que les fermetures de points de passage étaient accompagnées de la suspension de la coordination des mouvements humanitaires, des évacuations médicales, des retours de l’étranger d’habitants de Gaza, des rotations du personnel. La fermeture des points de passage a fait grimper les prix et accru la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire.
  • La Cisjordanie a vu des fermetures accrues de checkpoints et de barrières routières, empêchant les déplacements entre les villages et les gouvernorats. Les attaques violentes se sont poursuivies, faisant des victimes, des déplacements et des dégâts, avec le risque de chute de débris à la suite d’interceptions de missiles.
  • À Gaza, les services de santé sexuelle et reproductive sont restés gravement perturbés, les services de dépistage et de traitement du cancer du col de l’utérus et du sein étant largement suspendus depuis octobre 2023, avec des restrictions continues sur l’entrée d’équipements essentiels classés « à double usage », tels que les machines à ultrasons, les incubateurs, les ventilateurs et les unités de maternité mobiles, déstabilisant les soins prénatals, obstétricaux et postnatals.
  • Depuis janvier 2026, le Groupe Éducation a touché 107 540 enfants d’âge scolaire et 4 200 enfants ayant l’âge de l’école maternelle dans 110 espaces temporaires d’apprentissage (Temporary Learning Spaces, TLS) à Gaza ; des kits du type « l’école dans un carton » ont été fournis, contenant des outils récréatifs et de développement de la petite enfance pour améliorer la qualité de l’apprentissage.

 VUE D’ENSEMBLE DE LA SITUATION

L ‘escalade régionale a eu des répercussions immédiates dans l’ensemble du territoire palestinien occupé.

Le 28 février, les autorités israéliennes ont fermé tous les points de passage dans la bande de Gaza, suspendu l’entrée de l’aide, du carburant et des fournitures commerciales, la coordination des mouvements humanitaires dans et à proximité des zones où les troupes israéliennes restent déployées, les évacuations médicales, le retour de l’étranger des habitants et la rotation du personnel humanitaire à l’intérieur et à l’extérieur de l’enclave côtière. Ces mesures ont suscité de l’incertitude quant à la disponibilité de fournitures et de services humanitaires ainsi que de biens du secteur privé. Les prix des produits de base ont augmenté, ce qui a accru la dépendance à l’égard du soutien humanitaire à un moment où les stocks n’ont pas pu être reconstitués.

Les importations de carburant à Gaza, où le réseau électrique est en panne depuis octobre 2023, étaient déjà incertaines en raison de problèmes liés aux fournisseurs. La fermeture des points de passages a forcé à rationaliser les réserves de carburant déjà limitées dans l’enclave : les partenaires humanitaires et les fournisseurs de services ont suspendu la collecte des déchets solides par des véhicules et réduit les niveaux de production d’eau. Des mesures d’urgence ont également été prises dans les hôpitaux et les centres de soins de santé primaires.

Le 3 mars, les autorités israéliennes ont rouvert le point de passage de Kerem Shalom pour le carburant et le fret d’aide venant par l’Égypte et Israël, tandis qu’au 5 mars, les transferts d’aide depuis la Cisjordanie et la Jordanie étaient toujours suspendus. Elles ont également permis la reprise de certaines importations commerciales par Kerem Shalom. En outre, elles ont repris la coordination des mouvements humanitaires dans et à proximité des zones où les troupes israéliennes restent déployées.

Les points de passage de Zikim et de Rafah restent fermés et les rotations du personnel humanitaire, les évacuations médicales ou le retour des habitants de l’étranger n’ont pas encore repris.

Les frappes aériennes, les bombardements et les tirs ont continué à la fois près et à l’extérieur de la « Ligne Jaune » dans la bande de Gaza, ce qui aurait fait des victimes. Selon le ministère de la Santé à Gaza, 15 Palestiniens ont été tués, 18 corps ont été retrouvés et 37 personnes ont été blessées, entre le 26 février et le 5 mars dans la bande de Gaza. Dans l’ensemble, entre le début du cessez-le-feu le 10 octobre 2025 et le 27 février 2026, le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU (OHCHR) dans les TPO a enregistré le meurtre d’au moins 224 Palestiniens à l’est ou près de la soi-disant « Ligne jaune » et 347 Palestiniens dans des attaques loin de là.

En Cisjordanie, les forces israéliennes ont renforcé les restrictions de mouvement le 28 février, ce qui entrave davantage l’accès aux lieux de travail et aux services et isole en grande partie plusieurs localités. Ces mesures ont limité la capacité des partenaires humanitaires à fournir de l’aide et à mener les opérations nécessaires, ce qui nécessite une coordination et des arrangements spéciaux, pour sécuriser les opérations dans des cas exceptionnels.

En particulier, l’augmentation des restrictions d’accès en Cisjordanie a entravé la capacité des ambulances et des pompiers à se déplacer entre les villages, les hôpitaux et les centres de services. Entre le 28 février et le 3 mars, l’OMS a enregistré neuf incidents où des obstacles ont entravé la circulation des ambulances. L’OMS a reçu des informations faisant état d’ambulances détenues sous la menace d’une arme à feu aux points de contrôle, d’ambulances fouillées par les forces israéliennes et d’équipes médicales forcées de prendre d’autres voies et de retarder l’accès aux soins. Dans un cas dans la région de Salfit, l’OMS signale qu’une femme en travail a été forcée de traverser à pied parce que l’ambulance a été empêchée de l’atteindre. La prestation de services de santé dans les cliniques et les hôpitaux a également été affectée, les installations médicales reportant des interventions chirurgicales en raison de l’incapacité du personnel médical essentiel à accéder à son lieu de travail ou pour des retards imposés aux points de contrôle ; et les cliniques mobiles de plusieurs partenaires du Groupe Santé ont temporairement suspendu leurs opérations.

Les retards et les fermetures ont également causé des pénuries de carburant, y compris de gaz de cuisson, ce qui a encore affecté la prestation de services.

L’AIDE HUMANITAIRE À GAZA

Entre le 27 février et le 5 mars, sur la base des données extraites du tableau de bord du Mécanisme ONU 2720, à 16h00 le 6 mars, 3 424 palettes d’aide administrée par l’ONU et des partenaires ont été déchargées aux points de passage de Gaza. Environ 71 % de ces palettes contenaient de l’approvisionnement alimentaire, puis des équipements pour des abris (17%), l’éducation, l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WAter, Sanitation, Hygien, WASH) et l’assistance nutritionnelle (8 % cumulés), ainsi que du matériel pour des opérations, de la logistique et des télécommunications (4 %)..

Au cours de la même période, 1 340 palettes d’aide ont été rassemblées aux points de passage de Gaza. Environ 86 % de ces palettes contenaient de l’approvisionnement alimentaire, suivies en quantité par la santé (7 %), l’eau-assainissement-hygiène (WASH) (4 %) et des opérations de logistique et de matériel de télécommunication (2 %).

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Dans l’ensemble, entre l’annonce du cessez-le-feu le 10 octobre 2025 et le 5 mars 2026, environ 329 000 palettes de cargaisons humanitaires ont été déchargées, et plus de 326 000 palettes ont été rassemblées sur les points de passage en exploitation. Quelques 1 532 palettes, seulement 0,5 % de l’aide collectée, ont été interceptées pendant le transport à l’intérieur de Gaza, sans autres interceptions de fret signalées depuis début novembre 2025.

Les données ci-dessus ne comprennent pas les dons bilatéraux ni le secteur commercial.

Entre le 27 février et le 5 mars, les Nations Unies ont coordonné 25 missions humanitaires avec les autorités israéliennes à l’intérieur de Gaza – 9 le 27 février et 16 depuis que des mouvements coordonnés ont été autorisés à reprendre le 3 mars. Au total, onze missions ont été facilitées, trois ont été carrément refusées, trois ont été annulées par les organisateurs et trois ont été approuvées mais ont rencontré des obstacles et ont été partiellement ou pleinement accomplies.

LE CARBURANT

La fermeture des points de passage le 28 février a nécessité que les ressources limitées accessibles soient rationnées et allouées à des services de santé limités et de WASH, qui sauvent des vies. Depuis le 3 mars, à la suite de la réouverture de Kerem Shalom, l’UNOPS (Bureau des Nations Unies pour le service d’appui aux projets) a introduit dans Gaza 28 camions de carburant avec environ 989 000 litres de diesel, tandis que le benzène n’est pas encore entré dans la bande de Gaza.

LA RÉPONSE HUMANITAIRE À GAZA

La Sécurité alimentaire

  • En février, le taux exceptionnellement faible de déchargement de fret humanitaire au point de passage de Kerem Shalom par le corridor égyptien a considérablement affecté la réponse alimentaire à Gaza, en particulier l’aide alimentaire générale au niveau des ménages. Tout au long du mois, les partenaires ont touché environ 1,2 million de personnes avec des rations réduites qui ne couvraient que 50 % des besoins caloriques minimum, contre 1,6 million de personnes ayant reçu des rations complètes en janvier. Le cycle de mars est en cours, avec des demi-rations. Des approvisionnements alimentaires supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour garantir que les partenaires disposent de stocks suffisants pour maintenir les distributions tout au long du mois.
  • Au 28 février, près de 1,65 million de repas continuaient étaient toujours préparés et livrés quotidiennement par des partenaires à partir de 185 cuisines dans Gaza. Cela comprenait 553 000 repas quotidiens produits dans le nord et 1 097 000 repas dans le sud de Gaza.
  • Face à l’enjeu de maintenir l’entrée des approvisionnements, la fermeture de tous les points de passage le 28 février a suscité des préoccupations immédiates quant à la capacité des partenaires à maintenir le même niveau de production de repas cuits en raison de l’épuisement des stocks de nourriture et de carburant. Environ 710 000 repas, dont 12 000 livrés quotidiennement dans des établissements de santé, risquaient d’être mis en attente si la fermeture complète persistait. La réouverture de Kerem Shalom a toutefois permis aux partenaires de soutenir les opérations et d’éviter toute réduction critique. Les analyses précédentes de la Classification de la phase de sécurité alimentaire intégrée (Integrated Food Security Phase Classification, IPC) ont montré que les niveaux de sécurité alimentaire et de malnutrition à Gaza peuvent se détériorer – et aussi se rétablir – rapidement en fonction du volume d’approvisionnement alimentaire autorisé à entrer, soulignant l’importance cruciale d’assurer un flux soutenu et prévisible d’aide humanitaire et de biens commerciaux dans la bande de Gaza.
  • Au 3 mars, environ 133 000 lots de pain de deux kilogrammes continuaient d’être produits quotidiennement dans 30 boulangeries appuyées par les Nations Unies. Un tiers de ce pain est distribué gratuitement, ainsi que des repas cuits, tandis que les deux autres tiers sont vendus par 139 détaillants à un prix subventionné de NIS 3 (0,28 €) le lot.
  • En février, les partenaires ont distribué environ 40 tonnes de tubercules de pommes de terre qui sont entrées par le secteur privé fin janvier. Cinquante-sept agriculteurs du sud de Gaza ont reçu cette aide en soutien à la mise en culture de 42 acres (18 hectares) de pommes de terre. Les partenaires continuent à fournir un soutien technique tout au long du processus de culture.

La Santé

  • Les partenaires de la santé continuent à agir sous des contraintes importantes, en particulier en ce qui concerne la dépendance au carburant, les restrictions de mouvement et les stocks limités de produits de base. Les partenaires continuent à donner la priorité aux services qui sauvent des vies, dont les soins d’urgence et de traumatologie, les services maternels et néonatals et la gestion des maladies transmissibles, tout en mettant en œuvre des mesures visant à conserver le carburant et à ajuster les opérations pour maintenir la prestation des services essentiels. Grâce à la coordination entre OCHA, l’UNOPS (United Nations Office for Projects Support) et l’OMS, les allocations de carburant ont été prioritaires et garanties pour les établissements de santé et les partenaires essentiels, contribuant ainsi à maintenir les services essentiels dans l’immédiat. Toutefois, la situation reste fluide et la planification d’urgence est essentielle. La plupart des services – y compris les opérations hospitalières, les systèmes de chaîne du froid vaccinal, la référence vers des services d’ambulances, les unités de stérilisation et l’approvisionnement interne en eau – restent fortement dépendants de groupes électrogènes. Sur la base des rapports des partenaires, de nombreux services pourraient faire face à des perturbations dans un délai d’environ deux semaines si les pipelines de carburant ou d’approvisionnement sont interrompus.
  • Les équipes médicales d’urgence (Emergency Medical Teams, EMT) continuent de jouer un rôle important dans la prestation de services. Toutefois, l’arrêt temporaire de toutes les rotations du personnel humanitaire international a perturbé la rotation du personnel des EMT déployé à l’échelle internationale. Des efforts de plaidoyer sont en cours pour faciliter l’entrée du personnel des EMT. Depuis le début de l’année, 32 EMT ont été déployés – 30 équipes internationales et trois équipes nationales – soutenant la prestation de services dans 32 établissements de santé.
  • Entre le 25 et le 27 février, 37 patients, dont quatre enfants, ont bénéficié d’évacuations médicales vers l’Égypte, via le point de passage de Rafah, aux côtés de 91 soignants. Dans l’ensemble, depuis la réouverture de Rafah le 2 février, 319 patients et 529 accompagnateurs ont été évacués par ce corridor, portant à 11 176 le nombre total de patients en état critique évacués pour raisons médicale à l’extérieur de la bande depuis octobre 2023. Avec la fermeture de Rafah le 28 février, toutes les évacuations médicales restent suspendues, plus de 18 000 patients à Gaza étant toujours en besoin urgent de traitements médicaux indisponibles localement.
  • Les services de santé sexuelle et reproductive restent gravement perturbés parce que les infrastructures sont endommagées, qu’il y a pénurie de médicaments et de fournitures essentiels et que la capacité d’orientation est limitée. On estime qu’il y a à Gaza 50 000 femmes enceintes et environ 160 à 180 naissances par jour. De graves pénuries de lits signifient que des femmes qui subissent des interventions majeures, dont des césariennes, sont souvent libérées en quelques heures et retournent dans des lieux de déplacement surpeuplés, ce qui augmente les risques de complications et d’infection. Les restrictions persistantes sur les fournitures humanitaires, en particulier sur les articles classés « à double usage », continuent à affecter l’entrée de matériel médical critique tel que les machines à ultrasons, les incubateurs, les ventilateurs et les maternités mobiles. Ces contraintes limitent considérablement la capacité des partenaires à intensifier les services de santé maternelle et néonatale dans Gaza, compromettant les soins prénatals, obstétricaux et postnatals sécurisés.
  • Les services de dépistage et de traitement du cancer du col de l’utérus et du sein ont été largement suspendus depuis octobre 2023, l’accès aux services de planification familiale, aux contraceptifs, ainsi qu’aux tests et au traitement des infections sexuellement transmissibles (Sexually transmitted infections, STIs) étant également limités. En outre, plus de 500.000 femmes et filles sont confrontées à des pénuries de matériel d’hygiène menstruelle et d’accès à l’eau potable.
  • Au début de février, le Groupe Santé a distribué huit types de trousses de santé reproductive à des établissements soutenus par des partenaires, touchant environ 6 223 personnes et soutenant des services de prestations propres, la planification familiale, la gestion des STIs, et les soins obstétricaux d’urgence. Cependant, les kits post-partum sont maintenant épuisés 19.883 ayant été distribués entre octobre 2025 et février 2026, ce qui crée un besoin urgent de réapprovisionnement.

L’eau, l’assainissement et l’hygiène

  • La disponibilité de l’eau potable dans la ville de Gaza est restée fortement limitée entre le 25 février et le 4 mars en raison des dommages continus et des réparations récurrentes du pipeline Mekorot en provenance d’Israël et des puits de Safa. Cela a forcé de nombreux habitants à survivre avec moins que la norme d’urgence de six litres d’eau par personne et par jour. Le 25 février, l’entrepreneur de Mekorot a effectué des réparations sur la partie du pipeline située dans la zone où les forces israéliennes restent déployées, à l’est de la « Ligne jaune ». Le 4 mars, des entrepreneurs palestiniens ont réparé les dégâts juste à l’ouest de la « ligne jaune ». La ligne Mekorot est actuellement testée à un débit de 25 % pour détecter toute fuite supplémentaire.
  • La perturbation de l’approvisionnement en carburant au début du conflit régional a eu un impact immédiat sur la prestation des services WASH. Initialement, sans calendrier clair pour la reprise des livraisons de carburant, les approvisionnements étaient limités aux principaux producteurs et distributeurs d’eau, et la production d’eau était rationnée. La distribution de carburant à la plupart des organisations non gouvernementales et aux organismes de gestion des déchets solides a été suspendue, en s’attendant à ce que leurs services cessent une fois les stocks existants épuisés. À la suite de la reprise de l’entrée de carburant le 3 mars, la hiérarchisation des normes WASH s’est élargie pour inclure la reprise de la collecte des déchets solides par les véhicules, ainsi que les opérations critiques de distribution d’eau par camions et d’exploitation de puits.

Les abris

  • Entre le 25 février et le 3 mars, les partenaires du Groupe Hébergement ont touché 7 720 ménages en leur procurant une aide au logement en nature ou par bons. Les distributions en nature ont inclus 5 240 kits d’étanchéité, 1 595 articles de literie et des kits (chaque kit comprenant quatre matelas, quatre couvertures, six tapis et six oreillers), 711 bâches, 983 kits de vêtements et bons d’achat, et quelques tentes.
  • Les stocks des partenaires du Groupe restent extrêmement limités, des éléments-clé tels que les tentes étant presque épuisés. Cela impose de graves contraintes quant à la capacité des partenaires à répondre au mauvais temps, si la saison pluvieuse continue et que des incidents ou de nouveaux besoins urgents ne permettent qu’une aide partielle du fait du manque de matériel essentiel.
  • OCHA continue à coordonner les efforts pour faire face à des besoins urgents liés au climat et à des accidents. Entre le 26 février et le 4 mars, 253 familles affectées par les pluies et 10 affectées par des incendies accidentels dans le nord de Gaza, à Deir al-Balah et à Khan Younis, ont reçu des lots d’aide diversifiée comportant des tentes, des bâches, des kits d’habillement, des couvertures et des céréales.

La gestion de site

  • Les partenaires de la Gestion de sites ont poursuivi l’examen rapide des sites de déplacement qui a débuté le 3 février. Au 4 mars, 990 sites accueillant environ 1,2 million de personnes ont été enquêtés. Parmi ceux-ci, 78 % sont des sites de fortune, 19 % sont des centres d’hébergement collectif – qui comprennent des abris d’urgence conçus par l’UNRWA – et les 3 % restants sont classés comme des sites dispersés. Les résultats montrent que :
    • Seuls 414 sites (46 %) bénéficient de la présence d’une agence de gestion de site ou d’un acteur, formés, ce qui limite la capacité de relever systématiquement les défis opérationnels et de protection.Les déficits critiques d’infrastructures sont particulièrement évidents dans l’éclairage, avec seulement 101 sites (11 %) équipés d’éclairage collectif. En conséquence, la plupart des sites sont dans l’obscurité après la tombée de la nuit, ce qui augmente considérablement les risques de protection, y compris l’exposition à la violence sexiste. Une visibilité limitée rend également risqué l’accès nocturne aux services essentiels, en particulier pour les femmes et les enfants.Environ 83 % des sites signalent des infestations de rongeurs et de parasites causant des risques pour la santé publique.
    • Plus de la moitié des sites déclarent avoir accumulé des déchets solides qui n’ont pas été collectés depuis au moins 30 jours, et plus de 250 sites (environ 26 %) manquent complètement de latrines, ce qui a motivé des rapports faisant état de défécation à l’air libre et de présence d’excréments dans l’espace public.
  • Ces conditions signalent un besoin urgent d’interventions à grande échelle pour atténuer le manque de protection, prévenir les épidémies et rétablir des normes minimales de dignité et de sécurité pour les communautés déplacées.

La protection

  • Protection générale
      Entre le 26 février et le 3 mars, les partenaires ont fourni des services de protection à plus de 21 500 personnes, dont des enfants, des soignants, des femmes, des blessés et des handicapés, des travailleurs de première ligne, ainsi que des communautés dans des sites de déplacement et dans des abris, dans la bande de Gaza.Les services se sont principalement centrés sur le soutien psychosocial (secourisme psychologique, les séances de soutien psychosocial et les services spécialisés de santé mentale), la gestion de cas individuels, l’assistance juridique, les services adaptés aux personnes handicapées et les services de réadaptation, la sensibilisation de la communauté et le contrôle de la protection, tout en intégrant l’aide humanitaire visant à réduire la vulnérabilité et les mécanismes d’adaptation négatifs.
    • Les partenaires de la protection ont maintenu une forte présence sur le terrain grâce à la fois à des services au niveau des communautés et à de la mobilité dans la sensibilisation. Les activités ont été menées grâce à une combinaison de modalités en présence et à distance, permettant aux partenaires de maintenir la continuité du service malgré les difficultés à se déplacer et les problèmes de sécurité.
  • Protection de l’enfance
    • Entre le 26 février et le 4 mars, les partenaires de la Protection de l’enfance (Child Protection, CP) ont touché environ 4 100 enfants par un soutien en santé mentale et psychosocial (Mental Health and Psychological Support, MHPSS), tandis que plus de 690 soignants ont participé à des séances de soutien psychosocial aux aidants et à des sessions sur la parentalité pour renforcer les stratégies d’adaptation et améliorer le bien-être des enfants.
    • Au cours de la même période, les services de gestion des cas de protection de l’enfance ont touché 39 enfants bénéficiant d’un soutien individualisé. 37 autres enfants ont été orientés vers des services spécialisés fondés sur des projets adaptés à des cas spécifiques, répondant aux besoins en matière de santé, d’éducation et de logement.
    • Les activités de sensibilisation communautaire se sont poursuivies dans les abris et les sites de déplacement, touchant plus de 1 000 aidants et membres de la communauté, avec des informations sur la protection de l’enfance concernant la sécurité, les mécanismes de signalement, la prévention de la séparation familiale et la parentalité positive. En outre, 809 enfants et 220 aidants ont participé à des sessions d’éducation aux risques liés aux engins explosifs (Explosive Ordnance Risk Education, EORE) et du matériel de sensibilisation adapté aux enfants a été distribué.
    • Malgré ces efforts, les enfants continuent de faire face à des risques accrus liés à la protection dans des lieux de déplacement surpeuplés. Sont notamment préoccupants les conditions d’hébergement dangereuses, l’éclairage limité, le manque de vie privée, le travail des enfants et les mariages d’enfants liés à des difficultés économiques, l’exposition à la maltraitance et les blessures causées par le caractère dangereux de l’environnement des lieux d’hébergement. L’accès à des espaces sûrs reste également un défi majeur, et de nombreux enfants ne peuvent pas aller à l’école en raison de la surpopulation ou de l’absence de services fonctionnels d’enseignement.
    • Les contraintes opérationnelles limitent l’ampleur et la continuité des services. Les pénuries de carburant affectent la mobilité du personnel, les déficits de financement entravent la programmation de la protection de l’enfance, les espaces sécurisés pour les activités demeurent limités et les perturbations de l’électricité et d’Internet se poursuivent.
  • Lutte contre la violence fondée sur le genre (Gender-based Violence, GBV)
      Entre le 25 février et le 4 mars, les partenaires qui interviennent sur la GBV ont continué à fournir des services essentiels par l’intermédiaire de 68 espaces de sécurité pour les femmes et les filles, deux refuges sûrs et d’autres points de service de gestion et de sensibilisation. Quelque 8.750 personnes ont reçu un soutien, notamment par le biais d’activités psychosociales collectives, de la gestion individuelle des cas et de la distribution d’argent pour l’aide à la protection. 68 autres personnes ont été orientées vers des services supplémentaires, y compris des soins de santé. En outre, plus de 1 300 femmes et filles ont reçu des kits leur permettant de gérer leur dignité et leur hygiène menstruelle.La semaine dernière, plus de 3 000 personnes, dont 260 hommes, ont participé à des activités de sensibilisation sur les droits juridiques, l’éducation à la santé et la prévention de la violence à l’égard des femmes.
    • Sept partenaires fournissent actuellement des services à distance via des lignes d’assistance. Le Centre des affaires féminines a lancé deux nouvelles lignes d’assistance téléphonique à la fin du mois de février, respectivement pour les femmes et les filles, dont le personnel, en mesure de gérer des cas individuels,
    • Pour améliorer l’accès aux services, les partenaires qui s’attaquent à la VBG mettent à jour la carte de leurs interventions qui sera diffusée en mars. Une équipe spéciale a également été créée à la fin du mois de février pour examiner et contextualiser les directives pour des espaces sûrs pour femmes et filles (Women and Girls Safe Spaces,WGSS). Les partenaires procèdent à des auto-évaluations pour identifier les besoins de formation pour les activités de renforcement des capacités, à partir de mars.
    • Les partenaires qui luttent contre la violence sexiste explorent des possibilités de proposer à des femmes et des filles vulnérables des options de moyens de subsistance durables afin de compenser le manque actuel de sources de revenus.
  • Actions antimines
    • Entre le 25 février et le 4 mars, les partenaires ont mené 69 évaluations des risques liés aux explosifs (Explosive Hazard Assessments, EHA) afin de soutenir les activités de déminage, ainsi que 42 visites d’assurance qualité (Quality Assurance, QA) afin de vérifier la conformité aux procédures opérationnelles standard (Standard Operating Procedures, SOPs) et que le respect constant des normes opérationnelles soit garanti.
    • Entre le 1er et le 5 mars, les activités EORE ont touché plus de 11 000 personnes dans la ville de Gaza, à Deir al Balah et à Khan Younis. La zone de responsabilité de l’action antimines (Mine Action Area of Responsibility, AoR) et le groupe de travail technique EORE (Explosive Ordnance Risk Education) déploient également un outil numérique de hiérarchisation EORE afin de renforcer la coordination entre les acteurs EORE et d’identifier les domaines d’intervention prioritaires.
    • Aucun nouvel incident de munitions explosives n’a été enregistré au cours de la période considérée.

Éducation

  • Au 1er mars, les partenaires du Groupe Éducation opéraient dans 502 espaces temporaires d’apprentissage (Temporary Learning Spaces, TLS) desservant plus de 297 500 enfants à travers Gaza. Entre le 28 février et le 3 mars, les partenaires ont distribué 1 062 kits « une école dans un carton », 78 kits de « loisirs dans un carton » et 94 kits de développement de la petite enfance (Early Childhood Development, ECD) dans 24 TLS à Khan Younis et dans d’autres zones accessibles de Rafah, dont ont collectivement bénéficié 43 300 élèves d’âge scolaire et environ 4 200 enfants en âge de fréquenter l’école maternelle. Ces fournitures contribuent à améliorer la qualité de l’apprentissage dans des situations temporaires, tandis que les kits de loisirs permettent des activités de groupe structurées qui aident les enfants à faire face aux traumatismes et à encourager une interaction sociale positive, essentielle à la fois à leur bien-être et à leur développement. Dans l’ensemble, depuis janvier, le Groupe a touché 107 540 enfants d’âge scolaire et 4 200 enfants d’âge de l’école maternelle dans 110 TLS avec des kits « l’école dans un carton », des kits d’activités récréatives et des kits pour le développement de la petite enfance.
  • De plus, 64 tentes haute performance ont été distribuées, l’installation étant terminée ou en cours dans 13 espaces d’apprentissage dans la bande de Gaza. Cela fait partie des efforts d’expansion du Groupe pour accroître la capacité d’apprentissage et accroître les possibilités d’inscription, permettant aux enfants d’âge préscolaire et scolaire d’accéder à l’apprentissage en présence.

Assistance financière à usages multiples (Multi-Purpose Cash Assistance, MPCA)

  • En février, les partenaires du Groupe de travail sur l’aide financière (Cash Working Group, CWG) ont distribué de l’aide financière à environ 100.000 ménages. Chaque ménage a reçu 1 250 NIS (340 €) par le biais de moyens de paiement numériques, conformément à la valeur minimale convenue du transfert du panier de dépenses. Au total, plus de 177.000 ménages ont reçu au moins un transfert MPCA en 2026.
  • La fermeture des points de passage dans le contexte de l’escalade régionale a entraîné une augmentation des prix des denrées alimentaires et des articles non alimentaires. Les préoccupations sont les plus vives concernant les produits non alimentaires, car la plupart des produits du secteur privé entrant à Gaza sont des produits alimentaires (dont la part est estimée à 70 – 75%), ne laissant qu’un approvisionnement très limité de produits non alimentaires essentiels.
  • Selon la Chambre de commerce de Gaza, le rythme actuel de l’entrée des camions commerciaux continue à limiter la disponibilité des marchandises, à restreindre le réapprovisionnement et à affaiblir la résilience du marché. Les quantités introduites sont trop faibles pour que les fournisseurs puissent maintenir le stock, ce qui fait que les articles sont vendus en quelques jours. Lorsque le stock est disponible, il ne dure généralement que deux à dix jours. Cela contribue à la volatilité du marché et rend difficile pour les acteurs humanitaires de prédire les tendances ou d’apprécier la faisabilité de différentes modalités d’assistance.

Le Groupe de Télécommunications d’Urgence

  • Le Groupe de Télécommunications d’urgence (Emergency Telecommunications Cluster, ETC) et le Département des Nations Unies pour la Sûreté et la Sécurité (United Nations Department for Safety and Security, UNDSS) coordonnent la transition du modèle radio à très haute fréquence actuellement utilisé à Gaza, mais voué à être abandonné, vers un modèle amélioré plus récent. Une fiche de code unifiée a été développée pour normaliser la programmation radio à travers Gaza et la Cisjordanie, en assurant la cohérence et en améliorant la fiabilité opérationnelle.

* Tous les chiffres se réfèrent uniquement à l’assistance de l’ONU et des partenaires dépêchés par le système coordonné par l’ONU et sont préliminaires. Il n’est pas tenu compte des biens entrant par le biais de dons bilatéraux et le secteur commercial.

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