Qui veut communautariser la société française ?

Communiqué UJFP-ATMF – 8 janvier 2009

NE NOUS TROMPONS PAS D’ENNEMI:

QUI IMPORTE LE CONFLIT?
QUI VEUT COMMUNAUTARISER LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE?

« Ensemble, nous essayons de voir quelle est la meilleure stratégie, la meilleure tactique pour atteindre cet objectif, dans la compréhension qu’il ne s’agit pas d’un problème israélien, mais que d’une certaine manière Israël se trouve en première ligne du monde libre et est attaqué car nous représentons les valeurs du monde libre, dont la France ».

Par cette déclaration, à la presse française, le 1er Janvier 2009, à Paris, Madame Livni ministre israélienne des Affaires Etrangères, a posé le cadre de l’exportation israélienne du «conflit du Proche Orient» en France et en Europe. Elle affirme que nous Européens et Français défendons les mêmes valeurs et avons les mêmes ennemis que son gouvernement, ouvrant ainsi la voie à tous les amalgames.

Non madame Livni, et non Monsieur Sarkozy, nous vous le déclarons avec force, nous n’avons pas les mêmes valeurs: nous ne défendons pas la discrimination des populations selon leur origine, ni l’idéologie sociale de la séparation ou l’apartheid, nos valeurs sont celles d’une société qui se fonde sur l’égalité de toutes ses composantes toutes origines confondues.

Nous n’avons pas pour valeur les attaques contre des populations civiles désarmées, l’interdiction de la presse, l’emprisonnement sans procès et la torture, l’occupation et la colonisation, le refus du droit international, nous ne soutenons pas les crimes de guerre!

C’est votre volonté et votre intérêt, et non les nôtres, Madame Livni, de scinder la société française, comme vous réussissez tous les jours à créer des citoyens de deux catégories en Israël, où vous avez emprisonné ces dernières semaines des dizaines de citoyens d’origine palestinienne parce qu’ils manifestaient leur fraternité avec les Gazaouis écrasés sous la bombes de votre armée.

QUI EST COMMUNAUTARISTE:

Le soutien inconditionnel d’une telle politique, par le CRIF, qui s’arroge encore aujourd’hui le droit de parler pour tous les juifs de France, est l’une des principales matrices du communautarisme en France. En proclamant l’identité des termes Juif, Sioniste et Israélien le CRIF prend une responsabilité terrible et provoque un amalgame qui ne peut qu’inciter à la haine. Le mobile est simple et résume toute la stratégie idéologique israélienne et sioniste depuis 2001: Favoriser le repli communautaire et confessionnel, pour dépolitiser le débat public a un intérêt évident: faire oublier les victimes de l’occupation et celles de Gaza, en faisant peser une accusation ou une suspicion généralisée d’antisémitisme sur tous ceux qui en France protestent contre cette politique.

Ainsi, après l’attaque inadmissible d’une synagogue à Toulouse, non revendiquée et à ce jour nul ne peut prétendre en connaître les auteurs, on entend s’élever des voix (les même curieusement que l’on n’a pas entendu contre les déclarations de Livni ou du CRIF) pour s’inquiéter du repli communautaire de la population d’origine arabo musulmane de ce pays, qu’il s’agirait d’éduquer aux valeurs (encore!) de la République.

Nos associations qui luttent ensemble contre le racisme ont condamné ensemble tous les attentats racistes en France contre des lieux de cultes et des cimetières juifs et musulmans, elles luttent contre les replis communautaires par l’exemple de positions claires et communes sur la justice, l’égalité des droits en France, les droits des «sans papiers», contre l’occupation et pour les droits des Palestiniens.

Nous considérons et affirmons ici avec force que ce qui fabrique le communautarisme c’est d’abord et avant tout la désignation d’une partie de la société française comme suspecte a priori de racisme et d’amalgame. Ainsi les populations qui subissent en France chômage, pauvreté, racisme, et exclusion sociale, seraient aussi coupables d’avance de leur fraternité avec les Palestiniens. Décidément la double peine fait école!

Ce qui fabrique aussi le communautarisme pour nous c’est la désertion sur le terrain politique de la défense des droits des Palestiniens.

Si les manifestations françaises pour Gaza sont clairement identifiées comme celles de tous les Français quelle que soit leur origine, il n’y aura pas de repli communautaire. Il y aura du sens au slogan: «tous ensemble» . Ce sont ceux qui s’abstiennent de prendre clairement position pour sauver Gaza, pour les droits des Palestiniens, pour imposer à Israël le respect du droit international, qui renvoient aux «communautés» juives et arabes le soin de régler entre elles un conflit «qui les regarderait». C’est ainsi qu’ils fabriquent le repli communautaire et la confessionnalisation éventuelle des rapports sociaux qu’ils prétendent redouter. Ils font le jeu de Tzipi Livni et de l’idéologie du choc des civilisations.

Ce conflit et sa résolution sont politiques, c’est une bataille internationale pour le droit, qui doit être menée partout et par tous, et concerne toutes les composantes de notre société .

PARLER POLITIQUE! LUTTER POUR LA LIBERATION DE GAZA, ET LES DROITS DU PEUPLE PALESTINIEN, C EST L’AFFAIRE DE TOUS !

RENDEZ-VOUS SAMEDI 10 JANVIER À LA MANIFESTATION PLACE DE LA RÉPUBLIQUE: TOUS ENSEMBLE!