Dans cette tribune, organisations, personnalités et militants réaffirment que soutenir les droits du peuple palestinien, appeler au boycott ou dénoncer les politiques de l’État d’Israël ne constituent ni un crime ni un appel à la haine.
Collectif • 24 juillet 2026
Depuis plusieurs mois, nous assistons à une intensification de l’offensive politique, médiatique et judiciaire visant à délégitimer toute expression de solidarité avec la Palestine. Des campagnes de boycott, des mobilisations citoyennes et des actions non violentes sont régulièrement assimilées à des discours de haine, alors qu’elles relèvent de la solidarité légitime avec un peuple qui, depuis plus de trois ans, est soumis à un effroyable génocide.
La récente polémique autour du concert de Barbara Butch à Grenoble illustre cette séquence politique. Le story telling politico-médiatique dominant occulte totalement les choix politiques de l’artiste. En effet, en juin 2025, elle mixait à Jaffa à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, au moment même où l’ONU dénonçait la famine imposée par Israël à des millions de Palestiniens dans la bande de Gaza. Ce choix est loin d’être insignifiant. En 2026, Barbara Butch apportait son soutien au projet de loi Yadan qui, sous couvert de lutte contre l’antisémitisme, visait à criminaliser la solidarité avec la Palestine.
Face à ces choix, des militants ont décidé d’organiser une campagne de boycott et de protestation. Cette action politique est aujourd’hui présentée, dans le cadre d’une offensive politico-médiatique savamment orchestrée, comme une manifestation de haine, alors qu’elle s’inscrit dans une tradition de mobilisation citoyenne contre des politiques parfaitement contestables.
Nous refusons cette inversion des responsabilités.
Absent de ces récits sont les images qui montrent des militants pacifiques scandant des slogans et dont on essaie de brûler les drapeaux palestiniens. Le lendemain, lors de la cérémonie de commémoration du Vel d’Hiv, Allan Brunon, élu d’opposition qui, depuis plusieurs mois, fait l’objet de harcèlement et de menaces de mort visant également des membres de sa famille, a été violemment pris à partie par les gros bras du CRIF de Grenoble aux cris de « il faut aller à Gaza, pas ici ! ». Eric Hattab, le président du CRIF Grenoble s’est publiquement réjoui de cette agression, dans un silence médiatique assourdissant.
Posture
Nous constatons également, avec amertume, que plusieurs responsables politiques se réclamant de la gauche, ainsi que diverses personnalités publiques, apportent un soutien sans réserve à Barbara Butch tout en gardant le silence sur les raisons politiques qui ont conduit à cette mobilisation. Cette posture contribue à invisibiliser le débat de fond sur la Palestine et participe à la criminalisation des mouvements de solidarité.
Nous refusons cette inversion des responsabilités. Soutenir les droits du peuple palestinien, appeler au boycott ou dénoncer les politiques de l’État d’Israël ne constitue ni un crime ni un appel à la haine. Nous affirmons notre soutien aux camarades ciblés par une campagne politico-médiatique acharnée de délégitimation de leur engagement. Leur combat est celui de la justice, du droit international, et du refus du colonialisme.
Nous appelons l’ensemble des organisations démocratiques, syndicales, associatives et politiques à refuser la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine et à soutenir celles et ceux qui, partout en France, continuent à agir se mobiliser contre la colonisation de la Palestine, pour la justice et les droits du peuple palestinien.
La solidarité n’est pas un délit.
Soutien aux militantes et militants.
Justice et liberté pour le peuple palestinien.
Cliquer ici pour signer la tribune.
Signataires
Organisations
Fondation Frantz Fanon
Front Uni des Immigrations et des Quartiers populaires
Blouses Blanches pour Gaza
Assemblée des Quartiers
Urgence Palestine
Emergence populaire 38
Réseau Solidarité Quartiers (RSQ), Grenoble
Union Juive Française pour la Paix
Grenoble Palestine
Tsedek!, Collectif juif décolonial
Europe Palestine Network
Grenoble en lutte
Jeunesse Communiste
Collectif Liban Palestine, Grenoble
Collectif Solidarité Palestine, Martigues
Riposte populaire
Union pour la Reconstruction Communiste
Campagne Libérez Ali
Comité Vérité et justice pour Zakariyya
Marad, collectif juif décolonial (CH)
Dismantle Damon
Boussole Féministe
Sabaudia Antifasciste
Brigade Panafricaine pour la Palestine
Palestine Action France
Riposte populaire
Al Awda Magazine
Secours Rouge Toulouse
Tours Antifa
AFA Annemasse
L’Antistream
Réseau de Lutte contre le Fascisme Comité de Grenoble
Personnalités/ militants :
Mireille Fanon, présidente de la Fondation Frantz Fanon
Saïd Bouamama, sociologue (FUIQP)
Iman Maarifi, infirmière (Blouses Blanches pour Gaza)
Jean-Louis Haguenauer, pianiste
Ghassan Salhab, réalisateur
Olivier Marboeuf, auteur, artiste, producteur
Yacine Helali, réalisateur
Youmna Charara, autrice, éditrice
Samir Benyoucef (institubeur), humoriste
Djazia Satour, chanteuse
Farid Bennai, militant antiraciste (FUIQP)
Rayan Freschi, CAGE International
Mornia Labssi, inspectrice du travail, militante antiraciste
Khaled Satour, universitaire
Adam Laloum, musicien, militant (Tsedek!)
Marie Coquille-Chambel, doctorante en études théâtrales
Myriam Kendsi, artiste peintre
Johanna Bouchardeau, éditrice
Sofia Martinez, militante trans
Houria Bouteldja, (QG Décolonial)
Samir Bousnina, militant décolonial (PDH)
Elias d’Imzalène, conseiller politique
Romain Heurtault, enseignant et syndicaliste
Youssef Boussoumah (QG Décolonial)
Bader Lejmi, militant antiraciste et anticolonialiste
Bouna Mbaye, militant (Brigade Panafricaine pour la Palestine)
Azadî, militant décolonial (PDH)
Noureddine Aoussat, auteur
Nadia Meziane, militante (Lignes de Crêtes)
Angela Di Pastena, Docteure en Psychologie
Bénédicte Saïller, militante (NPA, UJFP)
Milady Renoir, militante
Djellali Seddaoui, Comité Vérité et Justice pour Zakariyya
Omar Belarouci, militant
Sami Zaid, journaliste indépendant
Non Binary Beats, DJ Thierry Leblan Falzone, conseiller municipal






