Israël, État tortionnaire

Humiliation des naviguants flottille 2026 Israël, État tortionnaire
Militant.es de la flottille 2026 maltraité.es

À plusieurs centaines de km des côtes de Gaza, en eaux internationales et donc en violation délibérée de toute forme de droit international, l’armée israélienne a attaqué les bateaux de la flottille de Gaza. Elle a séquestré plusieurs centaines de militant.es de la solidarité venu.es de plusieurs dizaines de pays.

Il s’agit d’une attaque beaucoup plus violente que celles qu’avaient subies les flottilles précédentes. Le chef des assassins, Itamar Ben Gvir, a lui-même diffusé une vidéo ahurissante où il parade. On y voit le traitement infligé aux militant.es capturé.es.

Les récits et témoignages convergent vers une même description : un passage en conteneur noir, des fouilles intrusives, des coups et des humiliations, dans un contexte de contrôle total et de peur diffuse, dont les effets psychologiques vont persister et entraîner des traumas durables.

Yassine B. témoigne : « On nous a cassé des côtes, des nez, des chevilles, disloqué des épaules. On nous a tasés, tirés dessus avec des balles en caoutchouc. Mon ami Scott a perdu l’ouïe après un coup de matraque et doit se faire opérer. Des agressions sexuelles ont été commises. Des viols aussi. Entendre hurler nos camarades les un.es après les autres pendant toute une journée est peut-être encore plus dur que le temps passé dans ce même conteneur de torture. Hésiter entre se faire asperger de pepper spray ou signer un papier disant que l’on est entré illégalement en Israël. Se laisser gagner par la peur. Ne plus savoir, au fil des jours, si ce qu’on vous pointe sur la tempe est une arme ou une bouteille d’eau qu’on vous tend après quatre heures passées à genoux sous le soleil, tête au sol, les mains menottées dans le dos. La peur du moindre bruit, même lorsqu’il ne s’agit que d’une porte de toilettes qui se referme. La peur que la moindre botte s’abatte sur vos côtes pendant que deux soldats nous maintiennent la tête. Fermer les yeux et revoir les coups. Entendre la voix d’un soldat dire : “Don’t worry, I am the doctor”, avant de nous envoyer une décharge de taser. Entendre encore et encore, les cris de sa camarade qui supplie un soldat de desserrer les serre-câbles parce qu’elle ne sent plus ses mains et le soldat lui dire de se taire. L’entendre supplier à nouveau, puis pleurer. Entendre les coups. Puis entendre le silence. Les cris et les pleurs se sont arrêtés net. Imaginer le pire sans pouvoir lever la tête. Puis le bruit du soldat qui la retourne, et le bruit d’elle qui vomit. C’est horrible. C’est violent. C’est caché. »

D’autres témoignages parlent de l’usage de chiens, ou de l’extrême jeunesse des tortionnaires.. On imagine facilement ce que les Palestiniens subissent depuis des décennies. Selon « Physicians for Human Rights », 98 Palestinien.nes sont mort.es sous la torture entre octobre 2023 et novembre 2025. Et le New York Times, au terme d’une longue enquête, décrit « un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées contre des hommes, des femmes, et même des enfants ».

Les dirigeants israéliens et leurs relais utilisent toujours la stratégie du déni : procès contre le New York Times. À Marseille, au même moment, le CRIF essaie sans succès de faire interdire un colloque scientifique au MUCEM sur l’anéantissement de Gaza.

Trop tard. Plus personne ne peut ignorer ce qu’est devenu l’État d’Israël. Ce n’est plus une opinion, c’est un fait historique. Le problème, ce n’est pas seulement Ben Gvir. Il est au pouvoir parce que l’extrême-droite est idéologiquement majoritaire dans la société israélienne. Il est au pouvoir parce que deux courants fascistes très anciens se sont alliés : le courant « révisionniste » de Vladimir Jabotinsky historiquement lié au fascisme italien et le Kahanisme, courant intégriste très violent issu du sionisme religieux. Le sionisme a conduit au fascisme. Il tue les Palestinien.nes et met délibérément les Juifs du monde entier en danger en voulant les forcer à être complices.

L’attaque contre la flottille survient immédiatement après deux épisodes scandaleux : le refus de l’Union Européenne de suspendre l’accord d’association UE-Israël alors que l’Europe est le principal partenaire économique d’Israël, et la présence de ce pays à l’Eurovision alors que plusieurs pays s’étaient retirés.

Les propos du ministre Jean-Noël Barrot désapprouvant la flottille et condamnant du bout des lèvres les tortionnaires, sont une honte. L’Occident est plus que complice du génocide à Gaza, il est co-auteur.

Les flottilles ont donné l’exemple. La Palestine ne sera pas abandonnée. Tou.tes ensemble, nous forcerons nos gouvernements à en finir avec l’impunité.

La Coordination nationale de l’UJFP, le 24 mai 2026