Intervention de l’UJFP à la manifestation du 28 mars 2026 à Bordeaux pour la Palestine

Cour administrative dappel de Bordeaux Intervention de l’UJFP à la manifestation du 28 mars 2026 à Bordeaux pour la Palestine
Cour administrative d’appel de Bordeaux

J’interviens ici au nom de l’Union Juive Française pour la Paix

Je ne peux dans le temps imparti développer pourquoi Francesca Albanese, la rapporteure spéciale de l’ONU pour la Palestine, a raison d’accuser de nombreux États, dont la France, d’être coupables de participer directement et indirectement au régime d’apartheid en Palestine, aux crimes de guerre et aux crimes contre l’Humanité commis, au génocide en cours. C’est en connaissance de cause que la France refuse d’appliquer les recommandations et les demandes de la Cour Pénale Internationale et de la Cour Internationale de Justice, et qu’elle est donc associée à Israël et aux États-Unis quand ils choisissent de piétiner délibérément le droit international.

Nous sommes ici à quelques mètres de la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux. C’est peut-être ici qu’il faudra attaquer en appel les mesures que la Préfecture sur ordre voudra prendre contre des associations au nom de la « loi Yadan », si par malheur cette proposition de loi est adoptée.

Caroline Yadan et les signataires de sa proposition prétendent lutter contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme ».

Malgré son titre, le texte ne contient pas de disposition visant spécifiquement les discriminations envers les personnes juives. L’objectif est tout autre : c’est interdire la critique de l’État d’Israël en amalgamant cette critique à la notion d’antisémitisme réinventé qui se cacherait derrière l’antisionisme.

Or qu’est-ce que l’antisionisme, qui est d’abord né dans les communautés juives européennes par opposition au projet colonial de Herzl ? C’est le refus d’une idéologie de la séparation, où les Juives et les Juifs ne pourraient vivre avec les autres, où Herzl leur invente un projet national et colonial. Israël a longtemps été présenté comme une jeune nation dynamique, mais inexorablement son projet d’expulser la population palestinienne aboutit à la domination d’une idéologie suprémaciste justifiant un colonialisme de remplacement et sa logique génocidaire.

Si la loi Yadan passe, nous sommes tous menacés.

Il y a 20 jours à Bordeaux nous avons l’exemple de cette logique mortifère à l’occasion de la mobilisation féministe du 8 mars. Quelques dizaines de femmes portant drapeaux d’Israël ou du Chah d’Iran ont été heureusement tenues à l’écart.

Et bien il s’est trouvée la LICRA, une association devenue tristement le relais du gouvernement israélien et du sionisme, pour prétendre que l’AG féministe avait exclu de la manifestation des femmes juives parce que juives, alors que ces femmes ont été tenues à l’écart car soutenant l’apartheid et le génocide, pas parce qu’elles étaient juives.

La déclaration de la LICRA visait en même temps, à quelques jours du 1er tour des Municipales, l’encore maire de Bordeaux Pierre Hurmic, car aujourd’hui c’est toute la gauche qui est accusée de pactiser avec l’antisémitisme, pour mieux créer un arc prétendument républicain jusqu’à l’extrême droite dans une défense commune d’Israël.

L’Union Juive Française pour la Paix le dit ici devant ce Tribunal : défense du droit international, égalité des droits de la mer au Jourdain. Vive la Palestine libre.

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