Depuis la mort d’un militant néo-fasciste venu se battre avec des antifascistes et qui a succombé à leur riposte, les attaques se multiplient contre la Jeune Garde, l’ensemble des antifas et contre la France Insoumise. Face à ces attaques politiques, médiatiques et physiques, les Soulèvements de la terre leur adressent aujourd’hui leur soutien et appellent à poursuivre la résistance nécessaire à la fascisation en cours.

Le drame survenu à Lyon il y a une semaine a été immédiatement manipulé et la réalité des faits dissimulée dans une fable reprise éhontément par une large partie des médias et de la classe politique. Quentin Deranque n’était pas autour de l’Institut d’études politiques de Lyon par hasard, mais dans le cadre d’une stratégie violente délibérée de l’extrême droite lyonnaise. Sa présence au sein d’un groupe armé, masqué et engagé dans l’agression d’un groupe antifasciste est attestée par des vidéos initialement tronquées par TF1. On se doit de remercier ici le travail d’investigation exemplaire réalisé par un média comme Contre attaque.
Il faut le rappeler, depuis des années et notamment à Lyon, des milices d’extrême droite tentent de semer la terreur sur l’ensemble de « la gauche », attaquant des lieux, des manifestations, des débats, dans une grande impunité. Les groupes antifascistes qui se sont constitués pour contrer cette stratégie de la terreur ont participé à en limiter les effets quand les pouvoirs publics ne le faisaient pas. Rien que depuis 2022, 11 personnes ont perdu la vie et 19 autres ont été grièvement blessées, par balle ou à l’arme blanche, lors d’agressions à caractère raciste et fasciste.
Dans un tel contexte, le gouvernement et le Parti socialiste ont estimé que l’essentiel, la semaine dernière, était de s’aligner sur les éléments de langage de l’extrême droite pour tenter d’en finir avec la France insoumise. Ce degré d’opportunisme cynique est de ceux qui historiquement pavent la mise au pouvoir des fascistes.
Pour notre part, l’enjeu se situe toujours dans notre capacité collective à s’organiser pour arracher des victoires dans les luttes sociales et environnementales, et donc à organiser des débats publics, à manifester, bloquer, occuper. À vivre aussi, librement, dans nos quartiers, sur nos places, dans les cafés où l’on aime se retrouver. À se rendre au travail ou au lycée sans se faire cibler comme ce jeune lycéen d’origine syrienne qui le 19 janvier dernier à Lyon était agressé au pied de son immeuble, roué de coups, lacéré au visage, le tout sous un flot d’injures racistes.
Ce samedi 21 février, beaucoup de gens ont peur, à Lyon et partout où les fascistes font leur démonstration de force. La crainte augmente pour les personnes noires et arabes, pour les personnes avec un look « de gauche », pour les personnes queer, pour toutes celles et ceux qui savent que l’extrême droite peut les identifier comme des adversaires. La possibilité d’être dans l’espace public est une bataille concrète, à Lyon, depuis des années maintenant. Car les groupes nationalistes frappent, et frappent souvent. Rue89Lyon et d’autres l’ont largement rappelé ces derniers jours. Un salut à celles et ceux qui s’organisent pour faire face ensemble à cette peur légitime et se donnent les moyens de l’affronter.
Malheureusement, ces attaques ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain et la route sera longue pour reprendre pied contre la fascisation. Il faut s’attendre à ce que les milices d’extrême droite durcissent leurs agressions. Il faut se préparer à ce que les forces de l’ordre leur laissent encore plus de marge d’action et à ce que les procureurs se montrent aussi partisans que leur garde des sceaux. Il faut prévoir qu’une majeure partie des médias les soutienne ou taise leurs crimes et que la répression judiciaire se déchaîne contre celles et ceux qui tenteront de se défendre. Faire ces sombres prévisions n’est pas signe de résignation, bien au contraire : nous pensons que c’est en comprenant ce qui se passe que nous pouvons y résister et contre-attaquer.
Il y a près de deux ans, nous lancions un appel à un soulèvement antifasciste. Depuis, de nombreuses actions ont eu lieu contre l’empire Bolloré et contre Stérin, des discussions publiques et au sein des comités se sont déroulées pour appréhender la montée du fascisme, et des solidarités se sont renforcées avec des collectifs décoloniaux, féministes et antifascistes. Aujourd’hui, ces rencontres dans l’action peuvent contribuer à nous tenir ensemble et à faire face avec les camarades antifascistes.











