Sur la chaîne du Média dans l’émission de Julien Théry « La grande H »
En 2017, devant le premier ministre de l’État d’Israël venu à Paris commémorer la Rafle du Vel d’Hiv (par laquelle l’État français a envoyé des milliers de Juifs à la mort en 1942), le président de la République française a désigné l’#antisionisme comme une « forme réinventée de l’antisémitisme ». Depuis, le même Emmanuel Macron a fait part à plusieurs reprises de son souhait de faire intégrer l’antisionisme à la définition légale du délit d’antisémitisme, ce que vient encore de réclamer une tribune publiée le 21 mars 2025 dans Le Monde par une série de personnalités, parmi lesquelles François Hollande, Manuel Valls, Christian Estrosi et bien d’autres.
La question a pris une acuité nouvelle depuis le 7 octobre 2023 et l’attaque du Hamas contre l’État d’Israël, avec l’engagement de ce dernier dans une guerre génocidaire destinée au nettoyage ethnique de Gaza, puisque les promoteurs de cette entreprise présentent systématiquement ses détracteurs comme des antisémites. Plus largement, toutes celles et ceux qui proposent une analyse approfondie des causes historiques situées à la racine du comportement criminel de l’Etat d’Israël à l’égard des Palestiniens, autrement dit toutes et celles et ceux qui remettent en cause le bien-fondé du sionisme, se trouvent accusés d’antisémitisme.
C’est dire l’actualité et l’importance du livre récemment publié par Sonia Fayman, Béatrice Orès et Michèle Sibony, intitulé Antisionisme, une histoire juive (éditions Syllepse), dont deux des autrices sont les invitées de #JulienThéry pour ce nouvel épisode de La Grande H. Les multiples falsifications dont résultent les tentatives actuelles d’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme apparaissent en pleine lumière à la lecture de la cinquantaine de textes réunis et présentés dans cet ouvrage, rédigés entre 1885 et 2020 par des intellectuel·les, rabbins, militant·es et organisations juives opposés, à divers degrés, au projet puis aux objectifs, faits et méfaits de l’État israélien.
En une cinquantaine de minutes de discussion, Sonia Fayman et Béatrice Orès passent en revue les enjeux brûlants de la situation actuelle. Le premier enjeu de l’antisionisme, vital pour les Juifs, est le rejet de l’assimilation entre judéïté et sionisme par laquelle l’État d’Israël s’efforce de justifier ses crimes coloniaux. Montage Bérénice Sevestre. Une émission de Julien Théry