La douleur de la mémoire qui a touché tant de familles juives et tsiganes pourrait progressivement s’effacer avec la disparition des derniers survivants du génocide nazi. Dans nos sociétés, le travail de la mémoire et l’analyse de l’histoire tentent encore de s’opposer à la récupération tragique de nos histoires en se structurant par une opposition radicale au fascisme, à la persécution, aux violations des droits humains.
Mais la digue contre le fascisme, en Europe, semble bien fragile et les dangers de submersion sont réels.
Nous sommes aujourd’hui à l’heure des rafles trumpiennes, de la barbarie de l’ICE, de Detention centers où l’on sépare les familles, à l’heure où de simples observateurs de la brutalité des milices sont assassinés à Minneapolis. L’Europe ne peut s’indigner et mener la même politique mortifère contre les migrants en Méditerranée.
Et l’on voit avec effarement, le fils d’un chasseur de nazis affirmer1 qu’il faut de « grandes rafles » contre « les OQTF ». La déshumanisation odieuse de ces propos – une OQTF n’est pas une personne, mais une décision administrative xénophobe − est une défaite de la mémoire et de l’histoire.
La mémoire est tragiquement mise à mal à Gaza où, dans le silence et la complicité de l’Occident, le génocide continue son œuvre de mort : bombardements épisodiques qui se poursuivent, gens qui se lavent avec l’eau des égouts, maladies contagieuses, malades non soignés après la destruction systématique des hôpitaux, traumatismes des femmes et des nouveau-nés2… Commémorer n’a de sens que si la mémoire est mise au service d’une vigilance active face aux dérives du présent et à la banalisation de la violence d’État. Le « plus jamais ça » ne peut devenir une formule creuse.
La Coordination nationale de l’UJFP, le 27 janvier 2026
- Arno Klarsfeld sur CNews, le 25 janvier 2026 : « Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec l’ICE des sortes de grandes rafles un peu partout, mais en organisant des grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière, on commet aussi des injustices ».[⇧]
- Selon un rapport récent de Physicians for Human Rights Israel et du groupe Physicians for Human Rights, basé à New York (janvier 2026).[⇧]








