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Pierre STAMBUL

Pierre Stambul, coprésident de l'Union juive française pour la paix. Militant antisioniste pour une paix juste entre les deux peuples, israéliens et palestiniens.

Rroms, unique objet de mon ressentiment

Article publié dans la revue « Emancipation »

Par Pierre Stambul

« Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres, et qui sont évidemment en confrontation, il faut tenir compte de cela, cela veut bien dire que les juifs ont vocation à revenir en Roumanie ou en Pologne. »

Cette citation antisémite est presque exacte. Il suffit de remplacer « juifs » par « roms » et « Pologne » par « Bulgarie ». Par quelle aberration de notre « justice », la plainte pour racisme contre le ministre auteur de ces propos dignes des années 30 a-t-elle été classée sans suite ?

D’autant que le dit ministre s’est vanté de démanteler un ghetto juif (pardon un camp rom) tous les deux jours, débordant nettement sur sa droite son prédécesseur Claude Guéant.


Interview Pierre Stambul co-président de l’UJFP

Interview pour le site algérien Raina.

1 L’attaque israélienne sur Gaza vient de connaître un tournant dramatique avec le massacre de masse commis dans le quartier de Shayjaya que d’aucuns qualifient de crimes de guerre. Quel commentaire faites-vous par rapport à ces événements ?


Israël contre le judaïsme

Yakov Rabkin a choisi un titre plus « soft » pour son dernier livre : Comprendre l’État d’Israël. Idéologie, religion, société.

Mais le fond du propos est bien celui-ci. Beaucoup de juifs qui ont émigré vers l’Israël pensent que c’est le seul moyen de vivre leur judaïsme. Yakov est un juif religieux auteur d’un précédent ouvrage : Au nom de la Torah, une histoire de l’opposition juive au sionisme (2004). Lors de ma première conférence publique en 2002 sur la guerre israélo-palestinienne, j’avais eu cette intuition : « pour construire l’Israélien nouveau, il a fallu tuer le juif ». Un juif athée et un juif religieux arrivent à peu près à la même conclusion : la société israélienne a éradiqué l’histoire, la mémoire, les identités, les langues, les traditions et les valeurs du judaïsme. Quelque part cette société qui a dérivé vers le colonialisme et l’apartheid est tout sauf fidèle à la continuité juive. L’universitaire israélien Amnon Raz-Krakotzkin a bien saisi le paradoxe du sionisme fondé par des juifs athées ou agnostiques : « Dieu n’existe pas et il nous a promis cette terre ».

C’est pourquoi son compatriote Shlomo Sand dans son commentaire sur ce livre dit : « Celui qui voit dans le sionisme une continuation du judaïsme ferait bien de lire ce livre. Mais celui qui croit que l’État d’Israël est un État juif est obligé de le lire ».