Enregistrer au format PDF Version imprimable de cet article Version imprimable


Les voeux de Georges Ibrahim Abdallah

dimanche 5 janvier 2020

Pour la nouvelle année, Georges Ibrahim Abdallah nous a envoyé ce magnifique poème de Samih al-Qasim, palestinien de 1948 (1939-2014). Ce poème, c’est ce qui anime Georges. Et c’est la Palestine.

Je résisterai

Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance

Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas

Je travaillerai peut-être à la carrière comme portefaix, balayeur des rues

Je chercherai peut-être dans le crottin des grains

Je resterai peut-être nu et affamé

Mais je ne marchanderai pas

O ennemi du soleil

Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines

Je résisterai

Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre

Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison

Tu pilleras peut-être l’héritage de mes ancêtres.

Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres

Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens

Tu dresseras peut-être sur notre village l’épouvantail de la terreur

Mais je ne marchanderai pas

O ennemi du soleil

Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines

Je résisterai

Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie

Tu me priveras peut-être de toute tendresse de ma mère

Tu falsifieras peut-être mon histoire

Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis

Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs

Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes

O ennemi du soleil

Je jure que je ne marchanderai pas

Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines

Je résisterai

Samih al-Qasim


Les seules publications de notre site qui engagent notre association sont notre charte et nos communiqués. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 892 / 5352452