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Les empoisonneurs, antisémitisme, islamophobie, xénophobie, à propos d’un livre de Sébastien Fontenelle

samedi 12 septembre 2020 par André Rosevègue

Beaucoup d’entre nous connaissons Sébastien Fontenelle par sa chronique dans Politis et/ou par ses livres (les briseurs de tabous, les éditocrates 2 : le cauchemar continue (en collaboration))
Il publie aujourd’hui chez un éditeur québécois les empoisonneurs un livre qui est une utile recension chronologique d’un certain nombre des déclarations les plus lamentablement racistes de ces phares de la pensée que sont Renaud Camus, Finkielkraut, Rioufol, Zemmour, … non sans rappeler certains des événements montrant que leur « pensée » a d’une certaine façon armé quelques uns des auteurs de crimes de masse récents – Anders Behring Brévik à Oslo, Brenton Tarrant à Christchurch.

Paresseusement je cite la 4ème de couverture

« Quotidiennement, des agitateurs prennent d’assaut les tribunes pour attiser colères identitaires et passions xénophobes. Leur brutalité verbale, qui vise principalement les « migrants » et les « musulmans » rappelle la violence de ceux qui, dans la première moité du siècle précédent, vilipendaient les « métèques » et les « juifs ». De la même façon que les droites d’antan vitupéraient contre le « judéo-bolchévisme », leurs épigones fustigent l ‘« islamo-gauchisme » qu’ils associent à l’antisémitisme.
« Or ces même accusateurs font parfois preuve d’une étonnante complaisance lorsqu’ils se trouvent confrontés, dans leurs alentours culturels et idéologiques, à des considérations pour le moins équivoques sur les juifs ou sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Soudain ils deviennent magnanimes et peuvent même trouver à leurs auteurs des circonstances atténuantes. Et ainsi se perpétue l’abject. »

Je vais prendre un exemple. Renaud Camus, l’auteur de la formule du « grand remplacement » des Français de souche par les arabo-musulmans, écrit dans un tweet quelques semaines après son invitation à l’émission de Finkielkraut en octobre 2017 sur France Culture « Le génocide des Juifs était sans doute plus criminel mais paraît tout de même un peu petit bras auprès du remplacisme global ».

Est-ce qu’enfin Finkielkraut va se désolidariser de son ami et rompre ? Et bien non. L’immortel Finkielkraut lui trouve des circonstances atténuantes. Certes, il « souffre de voir Renaud Camus s’égarer », mais Camus dénonce à juste titre « le remplacisme global » et veut provoquer un sursaut car « c’est un crève-cœur pour lui de savoir que tant de Français vivent à Saint-Denis, Sevran, la Courneuve, Tourcoing et même certains quartiers de Paris comme dans une terre étrangère ».

En résumé, si c’est bien écrit comme chez Maurras, on peut être antisémite, car le véritable antisémitisme à craindre aujourd’hui est celui des musulmans.

Ainsi, Finkielkraut sur France Culture adoube Camus comme Netanyahou adoube Orban.

Ainsi, en une trentaine de billets avec citations référencées, Sébastien Fontenelle nous propose une plongée pour cœurs bien accrochés dans la lepénisation des esprits qui a pleinement conquis Le Figaro et marqué des points dans la gauche médiatique. Une zémmourisation que l’affaire Obono porte au paroxysme.

Un vadémécum à garder à portée de la main.

Sébastien Fontenelle, Les empoisonneurs, antisémitisme, islamophobie, xénophobie, Lux éditeur, 2020, 126 pages, 10 euros.


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