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Al’Araqib, village non-reconnu dans le Negev/Naqab attaqué pour la 142e fois, le 17 avril 2019

samedi 20 avril 2019 par Irène Steinert

Par Irène Steinert.

Une étape dans le cadre de la politique des Autorités qui annoncent de nouveaux projets de déplacement de 125 000 citoyens bédouins de leurs villages du Naqab (Negev).

Au petit matin du 17 avril le Yo’av venait détruire les biens des habitants d’ Al’Araqib, un village bédouin non-reconnu dans le Négev/Naqab. En plus, ia police a confisqué les chevaux et leurs selles.

Voir la vidéo :


C’est la 142e fois depuis le 27 juillet 2010, lorsque 1 500 policiers détruisaient les maisons, les tentes, les clôtures, des parcs à moutons, les vergers et 4000 oliviers de 500 familles entre 4h du matin et 8h du soir.

Al’Araqib avant la démolition, un village avec des maisons et constructions en
pierre.

Voir le film de Nissim Mossek, la démolition d’Al ‘Araqib :

Après la destruction le village a été reconstruit avec le matériel restant, comme chaque fois après des démolitions. Mais aujourd’hui, il en reste peu… ou presque rien….

Adalah explique la politique de l’Autorité israélienne pour le développement et la colonisation des Bédouins dans le Negev.

Les Autorités Bédouines annoncent de nouveaux projets de déplacement de 125 000 citoyens bédouins de leurs villages du Naqab (Negev) afin d’élargir les zones d’entraînement militaire et de mettre en œuvre des projets de "développement économique".

La mise en œuvre du plan devrait débuter en 2019 et se déroulera sur plusieurs années. Le plan confirme clairement que la population bédouine est clairement discriminée. Elle est considérée comme un obstacle qui doit être éliminé du paysage pour ouvrir la voie à la colonisation juive et au « développement de la région ». Le gouvernement prévoit de déplacer les Bédouins vers des townships misérables planifiés par le gouvernement dans d’autres régions du Naqab.

Les processus juridiques

L’État israélien nie les droits de propriété des Bédouins et se réfère à sa propre interprétation juridique ! Les lois foncières israéliennes nient les droits des Bédouins sur les terres héritées de leurs ancêtres. Leurs titres de propriété qui datent de l’Empire Ottoman ne sont pas reconnus, n’étant pas inscrits dans le cadastre israélien. Dans le livre : Emptied Land, a Legal Geography of Bedouin Rights in the Negev, les auteurs A. Kedar, A. Amara et O.Yiftachel montrent comment les Cours Israéliennes apportent systématiquement de faux arguments / critères juridiques contre les droits des Bédouins sur leur terre, et ce, en contradiction aussi bien avec les critères juridiques reconnus internationalement concernant les droits des indigènes que selon les lois, règles de l’Empire Ottoman et du Mandat britannique, en principe encore en vigueur.

O. Yiftachel place la situation des Arabes bédouins du Négev/Naqab dans le cadre du “paradigme de la colonisation intérieure” qu’il caractérise comme suit : la colonisation est le projet d’un groupe externe d’occuper, de s’approprier et d’accroître systématiquement le contrôle sur des régions, terres, populations et sources contestées.

La colonisation, qui peut être extérieure ou intérieure, implique l’adoption d’une politique de discrimination, d’exploitation, d’expropriation et de déplacement / regroupement des populations de minorités vers des réserves.

Le statut d’indigènes et leurs droits civiques sont « vidés » par des lois discriminatoires et des réglementations. Ce qui est en train de se réaliser actuellement….

Libérer le Sheikh Sayah Al-Turi

Depuis vingt ans, Sheikh Sayah al-Turi (69 ans) mène un combat non violent et courageux pour défendre les droits de Bédouins en Israël en s’exprimant pour la coexistence.

Après plusieurs audiences du tribunal de Beersheba en 2018, Sheikh Sayah a été condamné à 10 mois de prison à compter du 25 décembre 2018 et à une amende de 36 000 IL (8366 €) pour « empiétement sur des terres domaniales ». « Empiéter » signifie pour l’État : refuser de quitter l’endroit où il est né. C’est une peine sans précédent - et d’autres risquent de suivre.


Chaque soir, on organise une cérémonie en l’honneur de Sheikh Sayah en comptant les jours depuis son emprisonnement.

Tous les dimanches à 16h30, il y a le rassemblement au carrefour des autoroutes 40/31 près de Lehavim : Arrêtez la démolition d’Al-Araqib.

Photo du 7 avril 2019

Il est plus que nécessaire de soutenir les Bédouins !

Paris, le 20 avril 2019
Irène Steinert


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