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Netanyahou et les antisémites ensemble dans l’islamophobie !

jeudi 14 février 2019 par André Rosevègue

Article paru dans le n°711 du journal "Les Nouvelles des Pyrénées Atlantiques" du 15 février 2019

Notre ami André Rosevègue, responsable aquitain de l’UJFP, nous fait le plaisir de donner cet article aux Nouvelles.

Nous vivons une époque formidable mais qui a d’étranges relents.

Alors qu’lsraël et ses soutiens les plus virulents dénoncent l’antisémitisme de ceux qui critiquent cet Etat et sa politique, Netanyahou s’entend avec les gouvernements les plus réactionnaires comportant parfois des éléments explicitement pro-nazis.

Aujourd’hui, les amis du gouvernement israélien, ce sont les gouvernements de Pologne et de Hongrie, c’est Trump et le nouveau Président du Brésil. On trouve un parti ouvertement pro-nazi en Hongrie. Le gouvernement polonais a fait voter une loi interdisant toute référence à une participation polonaise au génocide des Juifs d’Europe. Le lobby sioniste le plus radical aux Etats-Unis est celui des évangélistes qui attendent du retour de tous les Juifs en Palestine le retour du messie et l’envoi en Enfer de tous ceux qui ne se convertiront pas à la vraie foi.

Leur point commun : de violentes politiques anti-migrants, et l’Islam en bloc comme LA menace.

Alors, il est peut-être utile de reprendre des définitions basiques.

Un juif, c’est un adepte de la religion juive, qui a d’abord été celle du peuple hébreu.

Un Juif, c’est quelqu’un qui aujourd’hui ressent comme une part au moins de son identité le fait d’avoir une relation personnelle à l’histoire et à la culture juives, quelles que soient ses convictions religieuses ou son athéisme. L’antisémitisme, c’est dans le délire classificatoire né dans le dernier tiers du XIX*™ siècle la définition d’une race sémite imaginaire à combattre en raison de ses tares physiques et morales, une manière de voir les Juifs comme les nomades arabes, inassimilables au monde blanc européen.

Dans les deux cas en Europe, alors même que les Juifs ont été longtemps exclus du droit de la propriété du sol et confinés dans le servage agricole, les métiers artisanaux souvent misérables, le doigt des antisémites a été pointé sur leur activité financière théoriquement interdite aux Chrétiens (mais, faut-il le répéter ? , il y a plus de Juifs pauvres que de Juifs riches, plus de riches non Juifs que de riches Juifs !)

Le mouvement du sionisme politique fondé par Théodore Hertzl, c’est l’idée que la seule solution pour échapper à l’antisémitisme était de créer un Etat des Juifs. Il s’agit donc de considérer que les Juifs constituent une Nation, que chaque Nation doit avoir son Etat, adhésion tardive au mouvement des nationalités du XIX*"* siècle européen. Et Herzl va chercher à négocier avec les différents Empires pour trouver « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». La force symbolique de l’idée du « retour » éclipsera toutes les autres localisations coloniales envisagées (Argentine, Madagascar, Ouganda). L’antisionisme sera d’abord une idée juive, largement majoritaire parmi les Juifs d’Europe jusqu’à la deuxième guerre mondiale : en Occident, ils sont de plus en plus intégrés dans des sociétés laïcisées. A l’Est, ils sont plus nombreux encore à participer aux courants anarchistes, communistes, socialistes, ou adhèrent à l’Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie, le Bund, et comptent sur la révolution pour leur émancipation.
Aujourd’hui, l’antisionisme, c’est toujours la critique de cette idéologie de la séparation, c’est la critique de cet Etat qui, fondé grâce à l’appui de l’impérialisme britannique et développé grâce au soutien indéfectible de l’impérialisme américain, pratique un colonialisme de peuplement, l’épuration ethnique, qui discrimine et justifie ses crimes contre l’humanité [1].

Car si l’antisémitisme n’a pas disparu dans la vieille extrême droite, si les masses arabes et musulmanes victimes de discriminations sont poussées à l’antisémitisme par leurs féodaux et leurs dictateurs, c’est la politique d’Israël qui est aujourd’hui le ferment le plus sûr de ce racisme à combattre avec tous les autres.

Voilà pourquoi, contre l’apartheid israélien, la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) est notre réponse.

André Rosevègue, Union juive française pour la paix Aquitaine

L’UJFP est une organisation juive laïque, universaliste, s’opposant à l’occupation des territoires palestiniens. Elle milite, notamment dans Je Collectif Palestine, pour la reconnaissance du droit du peuple palestinien à un État, pour la reconnaissance du droit au retour des réfugiés palestiniens, pour le démantèlement des colonies en Cisjordanie, pour le retrait des colons israéliens de tous les territoires occupés, Jérusalem-Est compris. Elle est affiliée au réseau des Juifs européens pour une paix juste.

[1Comment le sionisme est devenu dominant dans les communautés juives, cela suppose un autre article


Document(s) joint(s)

Les Nouvelles des Pyrénées Atlantiques n°711

14 février 2019
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7.6 Mo

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