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Parti Travailliste : Ehoud Barak, le retour

jeudi 14 juin 2007

C’est sur cette toile de fond que le Parti Travailliste a organisé des élections internes afin de désigner un nouveau chef, qui sera le futur candidat du parti au poste de Premier ministre lors des prochaines échéances électorales. Car aux dernières législatives, les Travaillistes ont réalisé leur pire score depuis la création de l’État d’Israël.

Il n’y a d’ailleurs pas matière à leur remonter le moral compte tenu des derniers sondages, qui annoncent une victoire de l’ancien Premier ministre Benyamin Netanyahou du Likoud. Le Parti Travailliste a épuisé la réserve de sympathie qui lui restait dans l’électorat de gauche avec Amir Peretz dans la posture de Ministre de la Défense pendant la guerre du Liban. Celui qui vient de lui succéder à la tête du parti est nul autre que le général Ehoud Barak, ancien Premier ministre de triste mémoire qui a perdu des élections en 2001 au profit d’Ariel Sharon. Dans cette configuration, les délégués du parti, réunis en congrès de leadership le 12 juin, ont eu le choix entre Barak et Ami Ayalon, qui bénéficie d’une image de « colombe ». Bien que ce dernier fut un ancien chef du Shin Beth (les services secrets) il est plus connu pour avoir signé une initiative de paix avec l’intellectuel palestinien Sari Nussaibeh, président de l’Université Al Quds. Certains adhérents et délégués du Parti Travailliste voulaient se refaire une santé en se donnant une image plus « pacifiste » avec Ami Ayalon. La tâche était ardue et l’aile « colombe » du parti a échoué en présentant cette candidature. Presque tous les chefs de partis gouvernementaux israéliens – et les Travaillistes ne font pas exception - étaient des anciens généraux, ministres de la Défense, chefs du Mossad ou du Shin Beth. Un sacré tableau de bord pour un pays qui se targe d’être « la seule démocratie au Moyen-Orient » ! Comble du hutzbah (culot) israélien, Tel-Aviv a souvent critiqué des pays voisins pour être dirigés par des dictatures militaires. La différence, c’est qu’Israël, au lieu d’être une dictature militaire, est une démocratie militaire. En remettant le général Barak en selle, le Parti Travailliste a fait le pire choix depuis que son chef sortant a accepté le poste de Ministre de la Défense dans le gouvernement d’union nationale. Ainsi, aux prochaines élections, les Israéliens auront le choix entre deux Ehoud : Olmert (Kadima, Premier ministre sortant) et Barak (Travailliste, ancien Premier ministre). Pour beaucoup d’Israéliens, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. En effet, le général Barak a déjà exercé le charge de Premier ministre entre 1999 et 2001, au moment de l’éclatement de la deuxième Intifada. Force est de constater que le Parti Travailliste doit encore effectuer son examen de conscience, faire un bilan critique de son action au cours des dernières années, changer de politique envers les Palestiniens et renoncer définitivement à la présence israélienne dans les territoires occupés. Les Travaillistes n’en sont pas encore là, loin s’en faut. Attendre un tel retournement de leur part, c’est un peu comme attendre le Messie. Si, en définitive, les Israéliens sont perdants dans ce refus de regarder la réalité en face, ce sont les Palestiniens qui en souffrent le plus.


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