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Nîmes : "La peur dans une société, c’est la priver de penser"

mercredi 25 novembre 2015

par STÉPHANE BARBIER

Michèle Sibony, de l’Union juive française pour la paix, dénonce une dérive sécuritaire au lendemain des attentats.

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Michèle Sibony de l’Union juive française pour la paix : "Il faut se poser les questions de la politique étrangère de la France".

Michèle Sibony, vous étiez l’invitée de l’association France Palestine, jeudi soir. Quand et comment l’Union juive française pour la paix (UJFP) est-elle née ?
Elle est apparue avec la première intifada (ou révolte des pierres, partie de la Bande de Gaza en 1987, NDLR) et on a grandi sur la base du rapt de la parole de tous les juifs de France autour d’une pensée unique définie par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). On défend une parole différente et autonome qui représente 500 personnes actuellement.

Quelle est votre singularité ?
On considère que le sionisme a beaucoup nui aux juifs dans le monde et aux Palestiniens bien sûr. On milite pour des conditions de paix juste et une reconnaissance de droits sans laquelle il n’y aura pas de paix. On observe une négation de ces derniers avec l’évolution d’un régime israélien vers toujours plus de violence. Le fondement de la pensée des gouvernements successifs, de plus en plus à droite, consiste à dire que ce que l’on n’a pas réussi avec la violence, on le réussira avec plus de violence. À ce titre, Netanyahou (le Premier ministre israélien, NDLR) a récemment déclaré qu’Israël “vivra toujours par l’épée”. C’est tragique.

Cette dérive sécuritaire en Israël vous amène à tracer un parallèle avec la situation de l’état d’urgence en France.
Quand on insuffle la peur dans une société, on la prive de pensée, d’horizon et de réflexion. La société israélienne s’est construite en 1948, ainsi que le sionisme, sur l’idée du génocide des juifs en Europe et le danger de l’extermination. On a été enfermé dans cela et on empêche le peuple de réfléchir à des solutions de manière positive.

De Hollande à Netanyahou il y a un fossé, non ?
Hollande est-il socialiste encore ? Il avait l’air d’un doux pacifique, il multiplie les guerres, sa politique est libérale et il est l’homme qui va nettoyer le code du travail avec les lois Macron qui sabrent nos droits. C’est un cas d’école de faux-semblant. Il faut ajouter que le 11 septembre est une rencontre extraordinaire avec les thèses israéliennes qui prônaient qu’il n’y avait en Palestine que du terrorisme aveugle et quand François Hollande parle de vivre en état de guerre c’est une convergence très néoconservatrice, issue de l’après-11 septembre. Un néoconservatisme qui a construit une racialisation du monde avec de nouveaux ennemis.

Que préconisez-vous ?
Il est urgent que tout le monde réfléchisse. On refuse l’installation de l’état d’urgence prolongé en modifiant la Constitution. Il faut se poser les questions de la politique étrangère de la France. C’est nos enfants qui vont vivre dans ce monde. Il est urgent de décider d’une alternative.


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