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APPEL DES FEMMES en LUTH

mardi 8 septembre 2015 par Femmes en Luth

Le corps d’un enfant syrien de 3 ans s’échoue sur une plage déserte ... et le monde entier pleure !
Comment ne pas pleurer la mort d’un enfant dans de si terribles circonstances ?
Cette mort n’est pourtant que l’une des 3000 morts annoncées pour l’année 2015 - 30 000 recensées depuis l’année 2000 - parmi lesquelles d’innombrables enfants qui pour le monde entier n’auront jamais de nom ni de visage ...

Alors les "Femmes en Luth" pleurent !
Elles pleurent la mort de cet enfant...
Elles pleurent leurs propres enfants restés dans les pays en guerre, en Centrafrique ou ailleurs, qu’elles appellent tous les jours en répétant sans cesse : "surtout ne prenez pas les bateaux !"...
Elles pleurent aussi ces enfants dont on retrouve les corps desséchés dans les déserts de sable...
Elles pleurent, ce fut le sort promis au fils de l’une d’entre elles, les enfants soldats enrôlés de force dans des guerres sans merci aux relents coloniaux, morts un jour peut-être au champ du déshonneur ...
Elles pleurent encore les victimes innocentes des "coupeurs de tête" de Daech ou Boko Haram et celles déguisées en kamikazes au nom d’ une barbarie sans nom ...
Elles pleurent les enfants de leurs pays, retrouvés dans des fosses en Tchétchénie ou ailleurs ...
Elles pleurent enfin tous les enfants qui, incapables d’entreprendre le voyage disparaissent à bout de forces et d’espoir,... promis à mourir sur place ...

Pense-t-on en dressant des murs et des barricades dérisoires, en militarisant les frontières de plus en plus, en créant sans cesse de nouvelles agences de surveillance, enrayer l’inexorable marche des damnés de la terre ?
Pense-t-on empêcher des hommes, des femmes et des enfants de fuir la misère, la répression et les guerres dans lesquelles les pays dominants à l’Est comme à l’Ouest ont leur part de responsabilité ? Témoin l’appauvrissement et la déstabilisation de régions entières pour servir les intérêts dominants, témoin les complicités sans cesse réaffirmées avec les dictateurs.

Morts annoncées. Ne faisons pas semblant de nous voiler la face ! Il n’est pas de semaine, de jour même qui ne se fasse l’écho de nouveaux naufrages. Mais tous les moyens actuellement mis en oeuvre, si sophistiqués soient-ils, sont tragiquement dérisoires. Ils n’empêcheront RIEN !

L’Europe entière pleure Aylan, l’enfant syrien rejeté par la mer sur une plage de Turquie - on ne parle même pas de son frère, un enfant aussi, ni de sa mère retrouvés sans vie un peu plus loin ! Mais les gouvernants de cette Europe érigée en forteresse par les accords successifs jamais remis en cause, vont-ils s’interroger sur leurs politiques de fermeture des frontières ? Cette Europe accueille un million de ces réfugié-e-s du monde entier, soit 0, 2 % de la population européenne, un chiffre dérisoire sur les 550 millions d’habitants que compte cette Europe-là !
La France qui n’a pas accueilli les Syriens, qui, loin derrière les autres pays européens, ne reconnaît le statut de réfugié-e-e qu’à 17 % des exilé-e-s qui parviennent sur son territoire, et qui ne cesse de revoir ses chiffres à la baisse avance dans un flou artistique un chiffre de 24 000 réfugié-s qui ne signifie rien, qui ne résoudra rien, si honteusement dérisoire est-il ! Situation aggravée par des crispations identitaires indignes héritées de la domination coloniale à l’encontre des noirs et des arabes. On accueille les "Chrétiens d’Orient", il en est souvent question sur les ondes ... On tolère les musulmans bosniaques. "Blancs" ils ne posent pas trop de problèmes ! Mais toujours le même ostracisme : Haro sur les noirs et les arabes !

On avance de nouvelles lois, de nouveaux accords, il n’est question dans les rencontres au sommet que de quotas. Voilà la belle trouvaille ! L’humanité en "quotas", l’humanité discriminée, "critérisée" ...
Que sont tous ces bricolages réglementaires, législatifs, administratifs, ces discours sécuritaires sur fonds de compassion, ce qui est plus humiliant encore pour les victimes ... face à l’immensité du drame planétaire qui se joue ?

Pourtant partout, depuis toujours, de VRAIES RESISTANCES se sont organisées, celles des victimes, et continuent à le faire. Elles font rarement la Une des journaux mais lutte après lutte, elles dessinent les contours d’une autre société, d’une autre humanité ... Les acteurs, les actrices de ces résistances sont hélas souvent méprisé-e-s, rejeté-e-s, voire criminalisé-e-s.

Les "Femmes en Luth, citoyennes à part entière" n’ont pas attendu la mort du petit Aylan pour s’organiser en "citoyennes à part entière"  !
Depuis leur création elles dénoncent les violences de guerre, les mutilations, les discriminations, les inégalités de toutes sortes, le pillage des richesses de leur pays qui les ont contraintes à l’exil. Leur spectacle "Cris d’Exilées", créé il y a a une dizaine d’années, se terminait par ce cri en 12 langues : "Nous sommes des passerelles vers un monde SANS FRONTIERES" ... !

Elles essaient d’engager un dialogue positif sur tous leurs lieux d’action.
En 2013 au FSM de Tunis elles apportaient leur soutien à ces dizaines de mères arborant à l’entrée de l’université les portrait s de leurs fils morts en mer.
Ces mères interpellaient les gouvernants, les leurs et ceux de nos pays.
Dans un recueil de textes diffusé en novembre dernier les "Femmes en Luth" expliquaient pourquoi elles n’eurent pas d’autre choix que l’exil. Elles proposent maintenant depuis près d’un an une nouvelle courte intervention théâtralisée sur ces morts en mer.
Elles savent profondément qu’elles ne sont que les rescapées de ces voyages de tous les dangers, que ces morts évoquées chaque semaine. Cela aurait pu être celle de leur enfant ou bien la leur. Et, se croyant parvenues au bout du voyage, elles vivent ici en France toutes les galères, toutes les angoisses, et les parcours semés d’embûches d’une régularisation incertaine, jamais définitivement acquise et qui pourrait un jour les renvoyer dans le pays dont elles ont dû fuir les atrocités.

Alors elles crient avec toutes celles et tous ceux qui résistent à l’oppression :

"ACCUEILLONS LES REFUGIE-E-S, OUVRONS LES FRONTIERES !
ARRACHONS LES BARRIERES QUI BORNENT LES ETATS ET CELLES AUSSI QUI BORNENT NOS ESPRITS
POUR UN AUTRE MONDE, UN MONDE SOLIDAIRE, UN MONDE A VISAGE HUMAIN"

Au terme de leur réunion du dimanche 6 septembre les "Femmes en Luth" (23 nationalités) ont décidé d’être à nouveau dans la rue avec la volonté d’ouvrir le débat :

MERCREDI 16 SEPTEMBRE A 18 H PLACE PORTE NEUVE A VALENCE

Merci de faire circuler cet appel !
Pour "Femmes en Luth, citoyennes à part entière"
B.P. 70819 - 26008 - Valence Cedex

Odile Schwertz-Favrat
Tél. : 06.13.07.74.76.

Solidarité en ligne : cliquez ici pour soutenir l’association Un Enfant par la Main


Rendez-vous

  • APPEL DES FEMMES en LUTH 
    Le mercredi 16 septembre 2015 à 18h00
    PLACE PORTE NEUVE

    VALENCE



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