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3 questions à Georges Gumpel

dimanche 5 juillet 2015 par Georges Gumpel

Article publié dans la revue "Silence"

Israël : Campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction

Georges GUMPEL est
- membre de l’Union Juive Française pour la Paix
- fils de déporté
- partie civile au procès Barbie.

1 - Une campagne est en cours pour demander le retrait d’Israël des compétitions de football. Cette campagne rappelle le précédent de l’Afrique du Sud en 1976. Qu’est-ce qui pourrait assurer le succès d’une telle campagne ?

Comme toutes les actions initiées par la campagne BDS France, en coordination avec la campagne BDS palestinienne, celle-ci a pour objectif de toucher et mobiliser les plus larges pans de la société civile à qui s’adressent les Palestiniens.
Le football – par sa force symbolique – et c’est ce que comprend parfaitement Israël - parce qu’il concerne un public de tout âge, beaucoup de jeunes, est un enjeu majeur, comme il l’a été hier dans la campagne contre l’apartheid Sud -Africain.
Interpeller la FIFA, qui soutient Israël et boycotte les équipes de football palestiniennes, exiger que les équipes israéliennes, représentant un Etat qui opprime et emprisonne tout un peuple, soient exclues des compétitions internationales, possède un impact pédagogique compréhensible dans le mouvement sportif en général, dans la société civile au sens le plus large du mot.
Dans le cas des équipes de sport israéliennes comme pour toutes les autres cibles de la campagne BDS, ce sont les actions populaires les plus larges qui permettent ou permettront d’éveiller les consciences du plus grand nombre sur la nature exacte du régime israélien imposé au peuple palestinien tout entier.

2 - Vous avez lancé une campagne contre Teva, une marque israélienne de médicaments génériques. Comment se passe cette campagne et que doit-on faire pour y participer ?

Téva est une des plus importantes entreprises israéliennes, elle finance directement les opérations militaires contre Gaza.
Pour mémoire :
Au cours de la dernière attaque militaire israélienne sur Gaza de l’été 2014, parmi les 2220 palestiniens tués, 1492 étaient des civils dont 547 enfants. 3374 autres enfants ont été blessés, plus de 1000 seront handicapés à vie.
Toutes les infrastructures médicales et hospitalières ont été touchées, partiellement ou totalement détruites.
Celles en mesure de recevoir et de soigner des patients ne sont alimentées en électricité que quelques heures par jour, la seule centrale électrique qui était encore en fonction ayant été détruite. Toutes ces structures médicales manquent de matériel et de médicaments - génériques ou non - interdits d’entrer à Gaza du fait du blocus.
Les malades qui souhaiteraient se faire soigner ailleurs ne peuvent pas sortir de Gaza toujours en raison du blocus.
Alors, Téva, première entreprise israélienne de médicaments génériques pour soigner l’humanité ? Sauf s’ils sont Palestiniens naturellement.
Tel est le sens de l’autocollant sur lequel est inscrit TEVA non merci ! diffusé par la campagne BDS, déjà collé sur leurs cartes Vitale par plus de 30 000 personnes.
Un geste de solidarité, de morale très exactement, à la portée de tout le monde. Un refus d’être complice des atteintes faites aux Droits de l’Homme, aux Droits des Enfants, tels qu’ils sont spécifiés dans le Droit International.

3 - Des magasins Lidl ont retiré discrètement des produits alimentaires de marque Mehadrin en provenance d’Israël dans des villes où la campagne BDS est très active (Montpellier, Nîmes). Que conseillez-vous de faire aux groupes qui veulent agir en direction de la grande distribution ?

La grande distribution – toutes marques confondues – cible la clientèle populaire la plus large, souvent la plus démunie, très souvent – également – la plus sensible à la question du sort fait aux Palestiniens.
Nombreuses sont les personnes rencontrées qui, bien qu’ignorant l’existence de la campagne BDS, pratiquent depuis longtemps un boycott solidaire des produits emblématiques israéliens vendus dans la grande distribution.
A cet égard, la campagne BDS, par les informations qu’elle apporte, ne fait que conforter dans cette large partie de notre société civile, les sentiments de solidarité qui étaient déjà les siens.
Aujourd’hui Méhadrin, entreprise israélienne coloniale de production et d’exportation de fruits, légumes et fleurs, cultivés sur des terres palestiniennes confisquées, sinon volées – en Israël et dans les Territoires Occupés — arrosés à partir du détournement des ressources aquifères palestiniennes, représente — par son rôle central dans la dépossession et les humiliations subies par les Palestiniens — le symbole par excellence que nos concitoyens abhorrent.
De nombreuses marques de la grande distribution se sont engagées dans des politiques de ventes respectant des normes éthiques, nous leurs demandons que celles-ci soient également appliquées pour tous les produits importés en France en provenance d’Israël et des Territoires Palestiniens Occupés, dans le respect des normes du droit international.
La campagne BDS est une campagne citoyenne, pédagogique, non violente, aux mains de toutes et tous.
Par sa nature, elle touche toutes les couches de notre société, dans des grandes villes mais aussi dans de nombreuses petites villes de France. Partout, nous demandons aux personnes qui s’en réclament d’observer les caractères pédagogiques et non violents décrits dans le matériel national que nous leurs procurons.


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