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Hommage à Françoise WEIL

lundi 27 octobre 2014

Françoise Weil était née en 1922. Elle a eu une belle vie de lettrée, de chercheuse, d’amoureuse des livres. De militante aussi, cachée pendant la guerre, féministe, autogestionnaire, radicale... Sa sœur Antoinette, infatigable correctrice de notre revue, avait réuni tous ses amis pour lui rendre hommage avant sa crémation ce mardi 21 octobre, au crématorium de Mirande (Côte d’Or).

Elle était depuis toujours membre de l’UJFP, et Pierre ABECASSIS, du Bureau National, a parlé de sa judéité.

Françoise était juive.

Je ne l’ai connue que tardivement et vu qu’elle se confiait peu, j’ignore beaucoup de son histoire personnelle, un peu moins par rapport au judaïsme et à la judéité.

Ce que je sais, c’est que, laïque et non croyante, Françoise avait la judéité chevillée au corps.

Comme elle le disait à son amie Evelyne REBERG qui lui demandait un jour pourquoi le fait d’être ou de ne pas être juive avait tant d’importance pour elle : « Mais enfin, j’avais 18 ans en 1940 ».

Elle racontait comment, pendant la guerre, elle fut cachée par deux sœurs chrétiennes qui tenaient une maison pour former les jeunes filles aux tâches ménagères… Cette maison était située en face du Commissariat… Quand les choses devinrent dangereuses, les jeunes filles furent dispersées et c’est ainsi que Françoise se retrouva placée comme aide ménagère chez un médecin antisémite qui, bien sûr, ignorait son origine juive. Françoise riait encore des dégâts « involontaires » qu’elle provoqua dans la maison de ce médecin, confirmant que de cette époque est née son absence de vocation ménagère.

Françoise, attachée à sa judéité, n’était pourtant pas sioniste, à une époque où le sionisme n’avait pas totalement montré son véritable visage et où la propagande mensongère du « peuple sans terre pour une terre sans peuple » marchait à fond. Elle fut très marquée, jusqu’à sa mort, par l’exil en Israël de son grand frère parti vivre dans un kibboutz religieux dès son jeune âge.

Avant beaucoup d’autres, Françoise comprit que le sionisme était mortifère pour le peuple juif. Elle comprit que le sionisme avait irrémédiablement réduit le « plus jamais ça » universaliste, à un « plus jamais ça, pour nous », sectaire et communautariste, niant jusqu’à l’existence de l’Autre.

C’est pourquoi Françoise tenait tant à son appartenance militante à l’UJFP que je représente ici.

Tant qu’elle l’a pu, malgré son âge et ses problèmes de santé, elle assistait à toutes les conférences et manifestations qui évoquaient les questions du judaïsme laïque et diasporique, du sionisme, de l’indispensable solidarité avec le peuple palestinien.

Au nom du BN d’ l’UJFP, en mon nom personnel, je rends hommage ici à Françoise Weil, pugnace et radicale, affectueuse, ouverte au monde et rayonnante d’humanité. Une « bien belle personne ».

Pierre ABECASSIS


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