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Lettre de Gaza de Sara 31 juillet 2014

jeudi 31 juillet 2014

Outre les bombardements incessants sources de stress, de manque de sommeil et de souffrance à la vue des blessés, des morts et des destructions massives, la vie quotidienne des gazaouis devient plus en plus difficile à gérer.

Le bombardement de la centrale électrique fait que depuis la nuit de lundi à mardi (28 juillet) nous n’avons plus d’électricité. Les conséquences vont être lourdes notamment pour les hôpitaux qui dépendent désormais des générateurs ; risque accru de pannes et d’arrêt définitif .

Mais aussi pour tout habitant de la bande de Gaza. Pas d’électricité signifie :
- impossible de conserver les aliments : les réfrigérateurs ne fonctionnent plus.
- impossible d’utiliser les appareils électriques comme la machine à laver
- de plus en plus de maisons ne sont plus approvisionnées en eau car les pompes électriques qui servent à monter l’eau dans les réservoirs placés sur les toits des bâtiments ne fonctionnent plus.
- Le traitement des égouts ne se fait plus. Les conditions sanitaires se détériorent. Dans les écoles, des cas de gale, poux et gastro-entérites commencent à apparaître.
- Impossible de recharger les portables, téléphones et ordinateurs ; ceci contribue à augmenter le stress car les familles, les amies ne peuvent communiquer entre eux.
- Les ascenseurs ne fonctionnent pas ; les habitants des immeubles sont soumis à un plus grand stress. Hier, par 2 fois l’armée israélienne a bombardé un immeuble de 13 étages situé au cœur même de la ville de Gaza. Le 1er bombardement a tué un homme. Le 2ème missile a été lancé quelques heures après. Entre-temps, l’immeuble avait été évacué.
- Risque important aussi pour les personnes à domicile qui ont besoin d’assistance respiratoire, ils ne peuvent faire fonctionner leurs appareils (asthmatiques…).
- Longues files d’attente devant les boulangeries. Actuellement, le pain est l’aliment de base de la plupart des gazaouis. Les gens déplacés n’ont pas de quoi cuisiner… leur nourriture consiste principalement de pain, fromage, conserves…Dans les écoles, certaines associations distribuent des rations toutes préparées. Hier matin, le boulanger où j’ai acheté mon pain, estimait qu’il avait une réserve de fuel pour son générateur pour encore 2 jours, après...

Hier, l’armée israélienne a bombardé une station de bouteilles de gaz située dans le quartier de Zeitoun (ville de Gaza). Le gaz pour cuisiner viendra à manquer car il n’y a pas de stock important, conséquence du blocus de la bande de Gaza.
Le prix de certains aliments ont doublé voire quadruplé. Les banques sont fermées, les gens manquent de cash pour acheter ce dont ils ont besoin.
La fermeture de la frontière avec l’Egypte contribue à rendre de plus en plus difficile le quotidien de habitants de la Bande de Gaza.
Pratiquement impossible de reloger les personnes déplacées, manque de logement...

Certains paysans déplacés n’ont pas de quoi nourrir leurs animaux, seuls biens qui leur restent. Les ânes, les chevaux sont parqués devant les écoles ; j’ai même vu un garage d’immeuble transformé en étable. Tout est possible à Gaza !

Depuis le début de la guerre, des milliers de bombes ont été larguées sur la bande de Gaza ; certaines n’ont pas explosé. A court ou long terme, c’est un autre risque pour ses habitants.

Sara


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