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La Syrie entre mouvement pacifique et lutte armée

mardi 8 janvier 2013 par Najwa Sahloul

Najwa Sahloul est une Syrienne, vivant en France depuis de nombreuses années. Elle est maître de conférences à l’université Lyon 3. Voici un résumé de son intervention au « café littéraire arabophone » de Lyon le 15 décembre 2012 sur la situation dans son pays. Najwa est également membre de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix).
Le résumé reprend le plan de l’intervention de Najwa.

Le contexte interne

La Syrie est une mosaïque à la fois confessionnelle et ethnique. Sur les 23 millions d’habitants, les musulmans sunnites forment entre 60 et 70% de la population.
Les minorités sont très diverses. Pour les confessions :
Alaouites : 9 à 11% [1]
Chrétiens arabes de rites variés : 4,5 à 7%
Chiites (dont Ismaéliens) : 1,3%
Druzes : 1,9 %
Il reste très peu de Juifs après les émigrations des années 60 et 70.
Pour les ethnies :
Assyriens : 2,2%
Kurdes : 9 à 11%
Il y a aussi en petit nombre des Tcherkesses, des Turkmènes et des Arméniens.

Les Palestinien-ne-s

Les réfugiés-e-s comptabilisé-e-s par l’UNRWA (l’office de l’ONU en charge des réfugié-e-s) étaient 425000 lors du recensement de 2004. Plus d’un quart vivent dans 10 camps totalement gérés par l’UNRWA.
Mais il y a aussi des camps non-officiels mais reconnus par l’UNRWA. Le plus gros est le camp de Yarmouk dans la banlieue de Damas qui comptait 115000 habitant-e-s en 2004.
La situation des réfugié-e-s n’a pas toujours été facile et il leur a fallu du temps pour trouver leur place au côté des Syriens. Ils ont enduré méfiance et racisme.
Officiellement, ils bénéficient d’un statut d’égalité avec les citoyens syriens. Ce statut date du président Shukri Al-Kuwatli (1948-49 puis 1955-59).
Ces camps sont dirigés par une organisation totalement inféodée au régime (le Front Populaire d’Ahmad Jibril) qui réprime systématiquement toute manifestation pacifique de soutien à la révolution syrienne (14 manifestants tués le 6 juin 2011). Du coup, ces camps se sont révoltés. Ils sont aujourd’hui systématiquement bombardés par les forces d’un régime qui affirme que la cause palestinienne est la première cause nationale. L’engagement palestinien dans la révolution est important pour les révolutionnaires et douloureux pour les partisans du régime.
Dans le cadre de la bataille pour Damas, « l’armée libre » est entrée dans le camp de Yarmouk. Celui-ci a d’abord été libéré et Jibril a fui au Liban avec son fils. Le régime a lourdement bombardé le camp. Face à la répression, de nombreux habitants ont fui (le19 décembre 2012, « l’armée libre » s’est retirée du camp en invitant la population à rentrer).
En fait depuis 21 mois, le régime n’a épargné aucun camp palestinien sans réaction notable des forces qui soutiennent la cause palestinienne.

La Syrie et le Liban

La guerre civile libanaise a commencé en 1975 par une confrontation entre une coalition de droite (à dominante maronite [2]) et un camp « palestino-progressiste ». Très tôt, les forces syriennes se retournent contre les Palestiniens. Parmi les crimes commis, le massacre du camp palestinien de Tel al-Zaatar [3]. À partir de 1982, on assiste à la montée des partis chiites, à l’échec de l’intervention occidentale, au retrait israélien de Beyrouth et à une intervention syrienne acceptée par la plupart des partis libanais. À partir de 1990, après la défaite du général Aoun, l’armée syrienne contrôle le Liban à l’exception du sud occupé par Israël. La mainmise sur le Liban est totale. La reconstruction se fera sous contrôle syrien. Il y a des sommes en jeu énormes pour cette reconstruction (10 milliards de dollars seulement pour Beyrouth). Rafiq Hariri sera d’abord l’homme des Syriens. La rupture sera causée par la volonté du régime Assad de tout contrôler, y compris les projets de reconstruction. Avant même de succéder à son père, Bachar avait été chargé par lui du dossier libanais.

Le système politique et l’histoire récente

Le système politique syrien est une monarchie républicaine devenue mafieuse. Toute la société a été corrompue par les appareils du parti unique al-Ba’ath (Baas) et par les appareils d’Etat. Les conséquences économiques et sociales ont été l’appauvrissement massif et le déclassement de la population.
De 1946 (l’indépendance) à 1970, la vie politique en Syrie est rythmée par un grand nombre de coups d’Etat.
Le Baas prend le pouvoir par un coup d’Etat en 1963. Il instaure aussitôt un état d’urgence toujours en vigueur aujourd’hui. En 1970, le ministre de la défense Hafez al-Assad prend le pouvoir par un coup d’Etat et jette ses opposants en prison. Il instaure la domination totale des Assad sur le pays. Les opposants sont éliminés. Le parti Baas décapite et écarte toutes les autres formations politiques.
Le Baas a créé des organisations de masse inspirées par le modèle soviétique. Toutes les catégories de la population (femmes, étudiants, avocats, médecins …) ont été contraintes à adhérer à ces organisations. C’est devenu obligatoire pour avoir une vie professionnelle ou accéder à un poste.
Les purges ont permis au clan Assad de contrôler totalement l’armée. La constitution de 1970 a donné au Baas le monopole de l’action politique (article 8). Plusieurs formations politiques ont accepté pour survivre de se placer sous l’égide du Baas au sein du « Front National Progressiste ». Il s’agit du Mouvement des Socialistes Arabes, des deux tendances du Parti Communiste, du parti Socialiste-Nationaliste, du parti Unioniste-Socialiste et du parti Unioniste-Socialiste Démocratique. En échange de leur silence, ils ont obtenu des postes symboliques.
Tous les autres partis de gauche ou de droite sont pourchassés et réduits au silence. L’appareil de répression est renforcé, tout le monde surveille tout le monde.
Comme dans l’Irak de Saddam, le pouvoir d’Assad est fondé sur les liens du sang, sur le clan et sur le clientélisme. Le pouvoir se proclame nationaliste et socialiste. Il affirme vouloir moderniser le pays.
Il prétend s’opposer à Israël et aux Etats-Unis. En fait l’affichage d’un soutien à la cause palestinienne permet d’étouffer toute démocratie et de dénoncer les opposants comme traîtres à la solde l’ennemi.
Jusqu’à sa mort, Hafez al-Assad a été confirmé dans ses fonctions par 5 référendums (plébiscites). Il n’y a jamais eu d’élection. Le modèle, c’est celui de la Corée du Nord.
Le régime a veillé à endoctriner très tôt la population. Tous les élèves (garçons et filles) ont des uniformes militaires pour aller en classe. Tous les matins, ils/elles chantent à la gloire du président. Les manuels scolaires font l’apologie du régime. À l’université, il y a des stages encadrés par les militaires.
Pour éviter tout coup d’Etat militaire, Assad a verrouillé le système. Tous les postes de responsabilité sont confiés à des proches. Toutes les associations, tous les syndicats sont contrôlés. Tout le monde est surveillé. Dans les familles, les parents ont peur d’émettre des critiques en présence de leurs enfants.
Il existe 14 services de sécurité politique.

Situation régionale et internationale

Dès le départ, le régime Assad a lié son sort au bloc de l’Est et à l’URSS. Cette alliance ne s’est jamais démentie. On voyait des Russes dans tout le pays, surtout des experts militaires. Tout en tenant un discours anticapitaliste, antiimpérialiste et antiaméricain, le régime a donné une aide précieuse aux Américains pendant la guerre du Golfe. Depuis que Bachar est au pouvoir, des intérêts communs ont renforcé les liens avec l’Iran.
Quand la révolte a éclaté, le régime n’était pas du tout isolé. Avec l’Union Méditerranéenne, il a beaucoup de partisans et d’admirateurs parmi les diplomates occidentaux et européens. Et ceux-ci l’ont défendu dès le début de la répression.
La Syrie est une pièce maîtresse au Proche-Orient dans un environnement où l’Occident défend inconditionnellement Israël, est un partenaire de la Turquie, a des intérêts au Liban et occupe l’Irak.
Le régime iranien soutient sur tous les plans le régime syrien qui est un relais indispensable entre l’Iran et le Hezbollah.
Pour la Russie de Poutine, l’aide à un régime qui lui ressemble permet de maintenir une présence historique dans la région.

Quand la révolte a éclaté, en Occident, une bonne partie de la gauche a défendu ce régime qui se disait « anticapitaliste » et « ami des Palestiniens ». Quant à l’extrême droite, elle a toujours fait de la propagande pour ce régime. La position de la gauche a peu évolué et certains continuent à défendre ce régime criminel. Du coup, le régime a des défenseurs à gauche comme à l’extrême droite au nom du « péril impérialiste envahissant la Syrie ».
Les Etats-Unis, grands protecteurs d’Israël, ne souhaitent pas la chute d’un régime qui a si bien protégé la frontière du Golan (aucun incident depuis 1973).
Les dirigeants arabes sont divisés entre soutiens au régime syrien (Algérie, Irak) et opposants. Les monarchies pétrolières qui ont beaucoup investi en Syrie ont d’abord essayé de convaincre le régime « d’agir en douceur » et de « contenir la protestation ». Cette stratégie ayant échoué, elles ont parié sur la révolution, imaginant que dans la foulée du printemps arabe, la fin du régime serait proche.
Le facteur humain joue en faveur des révolutionnaires syriens. Il y a beaucoup de Syriens émigrés dans les pays du golfe (médecins, ingénieurs, informaticiens …) qui ont soutenu dès le début la révolution.
L’Arabie Saoudite héberge depuis 1982 ceux qui ont échappé au massacre de Hama (30000 morts qualifiés de « frères musulmans » en 1982). Ces Syriens réfugiés financent de façon importante « l’Armée Syrienne Libre ». La réussite de la révolution leur permettrait de rentrer d’exil.

L’opposition avant la révolution

Elle a été décapité après le coup d’Etat de 1970. Le parti unique a monopolisé le terrain avec toutes les organisations qu’il contrôle. Les Frères Musulmans ont été éradiqués après le massacre de Hama en 1982. En dehors du « Front National Progressiste », quelques petits groupes de gauche ou d’extrême gauche ont continué de vivoter sans réelle existence à la base et sans capacité de mobiliser.
Au moment de l’arrivée au pouvoir de Bachar en juillet 2000, le peuple syrien a un vrai espoir de changement et de libéralisation comme ça s’était fait en URSS. C’est le « printemps de Damas ». Il y a à l’époque des débats intenses politiques, sociaux, culturels, intellectuels, féministes … qui ont influencé ce qui se passe aujourd’hui.
Il y a eu des forums de discussion, des cahiers de revendications, des pétitions, des communiqués, des lettres ouvertes appelant à l’ouverture.
Des Comités de Relance de la Société Civile et des associations de défense des Droits de l’Homme ont commencé à publier des témoignages sur les exactions des forces de sécurité.
Ce printemps n’a duré que 6 mois. En février 2001, les services de sécurité ont gelé l’activité de tous les forums et ont emprisonné de nombreux militant-e-s et personnalités politiques.
Parmi les victimes de cette répression, des Alaouites dénoncés comme « traîtres ». Cela dément l’idée (fausse) qu’ils seraient protégés par le régime. Ils sont surtout sommés de se laisser embrigader.
La dictature et la répression ont repris comme avant. Pendant 10 ans, le pays a connu un calme apparent avec des opposant-e-s régulièrement arrêté-es et emprisonné-e-s.
En 2006, il y a eu la « déclaration de Damas » avec des personnalités comme Michel Kilo, Suhair Atassi, Anouar Bounni. Le régime a jeté en prison certain-e-s de ces opposant-e-s.

Une révolte devenant révolution.

Avant le 15 mars 2011, date des premières grandes manifestations contre le régime, il y a eu des manifestations de soutien aux autres révolutions arabes.
La première manifestation pour la démocratie a eu lieu à Qamishli le 12 mars 2011, dans une ville frontalière avec la Turquie à majorité kurde, chrétienne et assyrienne.
Le 15 mars, devant la mosquée des Omeyyades à Damas, les manifestants (en majorité des jeunes) se sont heurtés aux services de sûreté. Il y a eu beaucoup d’arrestations. Le 16 mars les parents des jeunes emprisonné-e-s ont manifesté pour exiger leur libération. Avec eux, des artistes, des intellectuel-le-s, des militant-e-s des droits de l’homme. Le régime a répondu par de nouvelles arrestations dont Souhair Atassi (qui est devenue depuis la Vice-Présidente de la « Coalition Nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition Syrienne »). Libérée, Suhair Atassi est rentrée dans la clandestinité avant de quitter la Syrie.
À Deraa, grande ville du sud, 15 enfants qui avaient tagué des slogans hostiles au régime sur les murs de leur école ont été arrêtés et torturés. La ville est descendue dans la rue le 18 mars 2011. Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles. Les images des mort-e-s ont été filmées et diffusée-e-s partout.
Le mouvement de solidarité s’est alors généralisé à l’ensemble du territoire.
Cette quête d’une liberté confisquée, d’une dignité bafouée face à une brutalité impunie, et la revendication d’une vraie vie démocratique se sont exprimées dans des manifestations à travers toute la Syrie.
A Alep, ce sont des milices privées qui ont réprimé dans le sang des manifestations d’étudiant-e-s. À Homs, Hama ou Idleb, la population a manifesté par centaines de milliers.
La brutalité de la répression a obligé les manifestant-e-s à s’organiser et à rentrer dans la clandestinité. Des petites structures se sont créées, encourageant les gens à se joindre à eux et à « casser le mur de la peur ».
Il y a eu des manifestations à la sortie des mosquées et le pouvoir s’en est servi pour essayer de discréditer l’opposition. Il faut comprendre qu’avec l’état d’urgence et l’interdiction de tout rassemblement, dans un pays à majorité musulmane, mosquées et cimetières sont les seuls endroits où l’on peut se rassembler. Ce qui s’est souvent passé dans les mosquées, c’est la prise de parole de quelques militants à la fin de la prière appelant à la liberté, la démocratie et la manifestation. Ces prises de parole sont très dangereuses pour leurs auteurs, vite repérés.
L’atout de cette révolution mais aussi son point faible, c’est l’absence totale de leadership. Cette révolte spontanée est née d’une injustice faite aux enfants de Deraa qui s’est embrasée à tout le pays.
En face le régime a parlé de « microbes à éradiquer » et de « complot international ». Il a fait preuve d’une incroyable brutalité. Un exemple des pratiques utilisées : le régime a arrêté le beau-frère et le mari d’une militante des droits de l’homme, Razan Zeitouneh, pour la forcer à se livrer. Cette pratique est très courante.

Un mouvement resté longtemps pacifique

Malgré l’endoctrinement, les jeunes n’ont pas eu peur de manifester. Ils/elles se sont organisé-e-s pour prendre en main leur quartier. Cette démarche citoyenne a effrayé le régime qui a voulu liquider cette jeunesse. La propagande du régime s’est déchaînée pour présenter ces jeunes comme des islamistes, des terroristes armés par les pays du Golfe pour déstabiliser un « pays laïque grand défenseur des Palestiniens », des infiltrés à la solde d’Israël et des Etats-Unis.
La révolution est restée totalement pacifique pendant 9 mois. Tout a été essayé : il y a eu des manifestations gigantesques chaque vendredi (jour chômé, pour inciter la population à descendre dans la rue) dans les grandes villes du pays. La violence de la répression s’est accrue sans arrêt et elle a atteint les universités.
Il y a eu des grèves à répétition. Contre les grèves de commerces, le pouvoir a fait casser des devantures et piller des magasins.
L’appareil de répression a utilisé les unités fidèles de l’armée et des milices privées épaulées par des repris de justice libérés à dessein. Toutes les armes ont été utilisées : les balles, les chars, les avions de combat, les mines, les armes blanches …
Les villes et villages rebelles ont été privés d’eau et d’électricité. L’armée les a encerclés pour empêcher la nourriture et les médicaments d’arriver.
Pour la répression, le régime est aidé par la Russie, l’Iran et le Hezbollah. Pour provoquer des affrontements communautaires, des massacres et des attentats sont perpétrés là où il y a des mélanges de populations de religions ou d’origines différentes. On parle aujourd’hui d’une utilisation possible des armes chimiques.

La lutte armée

Le régime syrien est d’une telle nature qu’il ne peut pas céder et décider de partir de lui-même. Son architecture verticale qui date d’Hafez et sa nature mafieuse et clanique avec une somme d’intérêts importants (du petit employé au plus gradé) ne le permettent pas.
Depuis juillet 2011, les désertions se sont multipliées dans l’armée. Ce sont des simples soldats et parfois des officiers qui ont refusé de tirer sur la foule. Certains ont été exécutés. Le régime les pourchasse et, s’ils sont pris, c’est la torture et l’exécution. Ceux qui restent à leur poste le font souvent par peur pour eux ou leur famille.
Ces déserteurs se sont donc organisés. « L’armée libre » est devenu le bras armé de la révolution avec comme drapeau celui de l’indépendance de la Syrie en 1946.
Au départ, cette armée n’avait que des armes légères. La situation a changé. En face, le régime a utilisé des armes lourdes. Depuis août 2012, « l’armée libre » est passée d’une logique défensive à une stratégie de libération. Des civils et des simples citoyens ont rejoint cette armée. Après une phase de lutte dans des villages autour d’Alep, les combats ont atteint les grandes villes. La bataille de Damas dure depuis déjà depuis plusieurs semaines. Depuis le début du mouvement, le gouvernement syrien, sûr de son armement et de ses alliés, souhaite un affrontement militaire « classique ».
Les groupes islamistes, dont les médias parlent beaucoup, représenteraient 9% de l’armée libre. Depuis bien longtemps, le régime syrien est passé maître dans l’infiltration et la manipulation de différents réseaux. Citons plusieurs exemples : il y a eu Mahmoud Abu al-Qaqaa, un agent syrien qui recrutait grâce à ses prêches des Libanais et des Syriens qu’il envoyait combattre en Irak. Ou Michel Samaha, un politicien chrétien libanais qui préparait des attentats terroristes pour le compte du régime syrien. Ou encore le Fatah al-Islam, un groupe salafiste qui s’était emparé du camp Palestinien de Nahr el-Bared au nord du Liban.
Ces précédents rendent vraisemblable l’idée que certains groupes jihadistes aient été créés par le régime … avant de s’autonomiser voire de changer de camp.

L’aspiration à la liberté.

Depuis le début de cette révolution, on assiste à une véritable explosion de syndicats libres, de journaux libres, de radios libres, de cinéma ou de théâtre libres.
Le régime qui s’était habitué à tout imposer et à tout contrôler, ne comprend pas cette explosion.
Sa réaction consiste à tout détruire : infrastructures, écoles, hôpitaux, lieux de culte, maisons, immeubles… Les mort-e-s se comptent par dizaines de milliers.
On ne reviendra pas en arrière. Le mouvement social qui traverse la société syrienne, continue les grèves et les manifestations. Dans les zones libérées, on nettoie, on repeint, on reconstruit, on pratique une nouvelle citoyenneté, on exige la transparence, on expérimente l’autogestion.
L’opposition de l’intérieur s’est structurée : comités de coordination, coalition de la jeunesse révolutionnaire, union des coordinations. Les décisions sont prises collectivement, par un vote. Dans la charte des coordinations, il y a une clause où chacun-e s’engage à ne pas avoir d’ambition personnelle et à ne pas se présenter à une élection de la future Syrie démocratique pendant 7 ans.
Les réseaux sociaux ont permis d’informer sur la répression.

L’opposition politique syrienne, à l’intérieur comme à l’extérieur, est unanime.
Elle dénonce l’ingérence des Russes, des Iraniens, du Hezbollah dans les affaires syriennes.
Elle rejette catégoriquement toute intervention étrangère régionale ou internationale.
Elle demande un soutien logistique, financier et en armement pour l’Armée Syrienne Libre.
Les Syrien-ne-s dénoncent la volonté des puissants de ce monde de maintenir Bachar al-Assad au pouvoir coûte que coûte et de pérenniser la situation actuelle. Cette stratégie affaiblit le pays et fait le jeu d’Israël qui se retrouve avec un voisin affaibli.
Les citoyens du monde que nous sommes portent une lourde responsabilité dans la situation tragique des Syrien-ne-s. Nous devons nous mobiliser pour dénoncer les manœuvres cyniques qui se jouent entre Américains et Russes.
Il est grand temps pour les forces de gauche (ma famille de pensée) de faire une analyse juste de ce qui se passe là-bas et d’appliquer notre devise : « soyons solidaires avec les peuples opprimés » !

Ce régime meurtrier et mafieux doit tomber. Soutenons la lutte du peuple syrien !

Najwa Sahloul le 8 janvier 2013
(propos résumés par Pierre Stambul)

[1Cette branche de l’islam chiite apparaît au IXe siècle après JC. Les Alaouites sont nombreux au nord-ouest de la Syrie. La doctrine mystique alaouite est basée sur le sens caché

[2C’est la plus importante communauté pré-arabe du Liban. Au Liban depuis 1943, le Président de la République doit être maronite.

[3Ce camp palestinien situé près de Beyrouth fut l’objet d’un grand massacre commis par des milices chrétiennes protégées par l’armée syrienne en 1976.


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