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A la mémoire des 23 du groupe Manouchian

mardi 21 février 2012 par Georges Gumpel

Il y a maintenant 68 ans, le 21 février 1944 au matin, 22 des 23 résistants du groupe Manouchian, combattants de la MOI, tombaient sous les balles nazies au Mont Valérien.
La 23ème, la résistante Olga Bancic, était transférée en Allemagne. De nouveau jugée et condamnée à mort à Stuttgart, elle sera décapitée le 10 mai 1944.

3 étaient français, 1 était espagnol, 5 étaient italiens, 2 étaient arméniens, 3 étaient hongrois, 8 étaient polonais, Olga Bancic était roumaine.

Certains étaient juifs d’autres non.

Tous étaient antifascistes, communistes, luttaient contre cette idéologie criminelle née au coeur de l’Europe Occidentale, dans les pays impérialistes alors en guerre déclarée contre l’URSS, contre le bolchevisme comme cela se disait alors.

En ces temps où il est de bon ton de réduire le nazisme à la seule destruction des Juifs d’Europe, de masquer les raisons principales du déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, de taire la participation active de Vichy à la campagne nazie contre l’URSS ;

En ces temps où le ministre de l’intérieur Guéant affirme sans vergogne que :« toutes les civilisations ne se valent pas » ;

En ces temps où il ne se passe pas un jour où la presse et les médias ne véhiculent en boucle des propos racistes et islamophobes à l’encontre de nos concitoyens de religion - réelle ou supposée - musulmane, à l’encontre de tous les peuples du Moyen-Orient en lutte pour leur indépendance et leur liberté ;

En ces temps toujours - ici même en France - où l’Etranger, l’ Autre, est stigmatisé, où se généralise un discours raciste et xénophobe d’Etat d’une violence inouïe, où l’ennemi intérieur n’est plus le communiste ou le juif comme au temps de Vichy, mais tout simplement les jeunes des quartiers populaires et des banlieues, ghettoïsés, voués au chômage sans fin, à la misère absolue ;

Honorer la mémoire de ces Hommes et de cette Femme, leur combat, pour nous, membres de l’UJFP, revêt une signification particulière.
Les héros de l’Affiche Rouge se battaient au nom de principes universels : le refus de la barbarie nazie, cette expression criminelle de la civilisation occidentale européenne, l’exigence de l’émancipation de l’Humanité ; l’exigence de paix et de justice pour tous.

Nous le savons aujourd’hui, les peuples colonisés étaient exclus de ces grands principes universels, mais rien ne peut altérer le symbole qu’ils ne cessent de représenter – aujourd’hui plus que jamais – pour nous qui affirmons notre totale solidarité avec le peuple palestinien victime de la politique coloniale israélienne d’un autre temps, notre totale solidarité avec ses justes revendications de liberté et de justice dans son propre pays : la Palestine.

Notre exigence que soit reconnu au peuple palestinien le principe universel accordé à tous les peuples : celui à disposer de lui-même.
Nous qui ne cessons de dénoncer et de lutter contre le racisme et la xénophobie d’Etat, l’islamophobie, ce racisme du XXI siècle, qui gangrène la France et l’Europe occidentale toute entière,

Plus que jamais, les 23 de l’Affiche Rouge éclairent notre combat !

le 21 février 2012.


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