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ISRAËL : COMBATTRE LE RACISME PAR L’ÉDUCATION

mercredi 26 décembre 2007

Nurit Peled-Elhanan est la fille du regretté général Matti Peled, un officier qui avait compris qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit avec les Palestiniens. Le père de Nurit est devenu un des artisans historiques du mouvement pacifiste israélien. En 1994, Nurit Peled-Elhanan a perdu sa fille, tuée dans un attentat suicide palestinien à Jérusalem.

Elle commence son article ainsi : « Je voudrais dédier ces mots à la mémoire des enfants palestiniens assassinés jour après jour, de sang froid, non pas à la suite d’une erreur humaine ni à cause d’un raté de la technologie - comme on nous l’explique dans les médias - mais conformément aux procédures.

Ces enfants dont jamais personne n’est jugé coupable de l’assassinat méthodique, routinier. Je voudrais dédier ces mots aux mères de ces enfants assassinés, elles qui continuent à mettre au monde des enfants et à fonder des familles, elles qui se dépêchent de préparer des sandwiches en voyant les bulldozers approcher pour détruire leurs maisons, elles qui accompagnent chaque jour leurs enfants jusqu’à l’école sur des kilomètres de destruction et de saletés, devant les fusils brandis par des soldats apathiques, elles qui savent que ces soldats, assassins de leurs enfants, ne seront jamais amenés à comparaître devant un tribunal et que même s’ils devaient l’être, ils ne seraient jamais jugés coupables, parce que le meurtre d’enfants palestiniens n’est pas un crime dans l’Etat d’Israël (…). Enfin je voudrais dédier ces mots à la mémoire de l’écrivain et poète, le professeur Izzat Ghazzawi, avec qui j’ai eu l’honneur de partager le Prix Sakharov pour les Droits de l’Homme et la liberté de pensée. Quelques mois avant de mourir d’humiliation, il m’écrivait à propos des soldats qui faisaient irruption chez lui la nuit, brisant meubles et fenêtres, souillant tout, terrorisant les enfants, ‘il me semble qu’ils cherchent à faire taire ma voix’.

Izzat Ghazzawi m’a demandé de m’adresser au Ministère des Affaires étrangères pour demander qu’ils corrigent l’erreur. Mais son cœur savait la vérité et a cessé de battre peu de temps après. » La suite du texte jette un regard lucide sur les enfants israéliens, la façon dont ils sont éduqués par le système scolaire, par leurs familles, par les médias.

L’article de Peled-Elhanan est un plaidoyer pour un changement radical dans le système éducatif du pays. Et sa conclusion un chef-d’œuvre d’humanité : « Je ne suis pas une femme politique mais il est clair pour moi que les politiciens d’aujourd’hui sont les étudiants d’hier et que les politiciens de demain, ce sont les étudiants d’aujourd’hui. C’est pourquoi il me semble que celui qui fait de la paix et de l’égalité sa devise doit s’intéresser à l’éducation, l’explorer, la critiquer, protester contre la propagation du racisme dans le discours pédagogique et dans le discours social, proposer des lois ou réactiver des lois contre un enseignement raciste et instaurer des cadres alternatifs où s’offre à s’enseigner une connaissance de l’autre réelle, profonde, barrant toute possibilité de s’entretuer. »


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