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Boycott culturel

vendredi 30 septembre 2011 par Michel Warschawski

VENDREDI, 16 SEPTEMBRE, 2011

Michel Warschawski

La compagnie genevoise Alias est programmée le 5 octobre au Centre Suzanne Dalal, à Tel Aviv, avec son spectacle chorégraphique Sideways Rain. Les militants israéliens de « Boycott de l’Intérieur » seront présents pour rappeler aux artistes suisses qu’un pays qui viole systématiquement le droit international doit être boycotté, comme l’avait été l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid.
_ L’appel au boycott culturel et universitaire a souvent été critiqué, au motif que la culture était un pont entre les peuples et qu’il était contre-productif de casser ce lien. Par ailleurs, certains parmi ceux qui soutiennent le boycott culturel souhaiteraient le limiter aux seules productions réalisées dans les colonies. On pourrait leur répondre que le boycott de l’Afrique du Sud ne se limitait pas aux bantoustans mais s’appliquait à l’Etat d’apartheid sud africain en tant que tel.
Laissons l’Afrique du Sud de côté et posons la question de fond : peut-on, quand on parle de boycott, faire la distinction entre Israël et ses colonies ? Sous le titre « Le Ministère du développement du Neguev finance la construction d’un Palais de la culture à Kiryat Arba », le quotidien Haaretz du 12 septembre 2011 s’étonne que des budgets destinés au développement des régions pauvres d’Israël soient utilisés pour renforcer une colonie. Car si le Neguev se trouve bien sur le territoire israélien, Kiryat Arba, elle, est une colonie sur le territoire de la ville palestinienne d’Hébron.
Cet exemple, parmi de nombreux autres, montre à quel point il est pratiquement impossible de faire la distinction entre Israël et ses colonies, qu’il s’agisse de produits, d’entreprises ou d’institutions culturelles.
Dans le même article de Haaretz, on apprend également que les compagnies théâtrales Cameri et Beit Lessin, de Tel Aviv, vont se produire dans ce nouveau Palais de la culture de la colonie de Kiryat Arba. Il y a pourtant eu un appel au boycott, mais celui-ci vient de l’aile extrémiste des colons qui, par l’intermédiaire de leurs élus au Conseil municipal de la colonie, ont dénoncé le maire pour avoir « malheureusement invité des traîtres » à Kiryat Arba : « Leur culture n’est pas la nôtre ; nous avons une culture glorieuse d’amour pour la terre d’Israël et pour le peuple d’Israël, et nous n’avons que faire de [leur] culture boiteuse. » Ils appellent en outre à la constitution d’une commission spirituelle (sic) qui décidera quelles créations pourront être montées au nouveau Palais de la culture.
Le maire de la colonie, Malachi Levinger, a salué le gouvernement israélien pour sa contribution au développement de la Ville des Patriarches (Hébron, ndlr), et son soutien à la colonisation à Kiryat Arba et Hébron.
Un bon point à l’artiste Rami Baruch, du théâtre Cameri, qui a annoncé qu’il annulait son one-man-show prévu à Kiryat Arba. « Pour des raisons de conscience » a-t-il déclaré.


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