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Les Juifs Européens pour une Paix juste (JEPJ) réclament une initiative européenne audacieuse au Proche-Orient

samedi 14 juillet 2007

Avant qu’il ne soit trop tard !
Résolution adoptée par la 5ème convention annuelle de la Fédération des “Juifs Européens pour une Paix Juste” (dont l’UJFP est membre fondatrice), tenue à Berlin du 1er au 3 juin 2007.

Le 5 Juin 1967 débutait la Guerre entre Israël et ses voisins arabes, durant laquelle Israël conquit la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, le plateau du Golan et le Sinaï.

La présidence allemande du Conseil européen se termine à la fin juin ; le sommet du G8 est accueilli par la chancelière allemande Angela Merkel.

En se rencontrant à Berlin à la veille du quarantième anniversaire de l’occupation par l’armée israélienne des territoires palestiniens, les Juifs européens pour une paix juste (JEPJ) veulent montrer leur préoccupation devant l’indifférence de l’Union européenne et des pays membres du G8 face aux violations du droit international par Israël et au sort des Palestiniens.

En particulier, les JEPJ pressent la présidence et les membres du Conseil européen de prendre des mesures décisives pour mettre fin à l’occupation israélienne et permettre la création d’un Etat palestinien viable dans la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est avant qu’il ne soit trop tard pour toute perspective de paix et de stabilité au Moyen orient.

Les JEPJ demandent avec insistance à tous les pays participant au sommet du G8 d’exercer sur Israël des pressions pour qu’il mette fin à l’occupation et accepte un Etat palestinien viable et continu. La persistance de ce conflit est une donnée fondamentale pour toute la région, considérant que depuis 60 ans, les politiques israéliennes attisent les flammes de l’extrémisme politique, ethnique et religieux dans les pays arabes et musulmans.

Considérant ces quarante années d’occupation, nous, Juifs européens pour une paix juste, tenons les gouvernements israéliens successifs pour responsables d’infractions quotidiennes au droit international et à la quatrième Convention de Genève dans les territoires palestiniens occupés. Nous attirons l’attention sur les nombreux rapports concernant ces infractions, issus d’organisations réputées, tant internationales qu’israéliennes et palestiniennes, parmi lesquelles Al-Haq, Amnesty International, l’Association pour les droits civils en Israël, B’tselem, les fonctionnaires de l’Union européenne, Gisha, Human Rights Watch, le Comité israélien contre les démolitions de maisons, Médecins pour les Droits de l’homme, la campagne publique contre la torture en Israël, les rabbins pour les Droits de l’homme, Guerre à la pauvreté et la Banque mondiale, ainsi que le travail des Nations Unies à travers son Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l’office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), et le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés depuis 1967.

Depuis plusieurs années, ces rapports ont pointé en détail :

• les confiscations massives de terre et d’eau ; les barrages sur les routes, les sièges, les fermetures, les exécutions extrajudiciaires, les punitions collectives, les démolitions de maisons, les détentions administratives arbitraires. Il y a plus de 11 000 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, et parmi eux se trouvent des centaines de femmes et d’enfants. La torture est d’utilisation routinière. La construction du mur “de séparation”, qui sépare en fait des Palestiniens d’autres Palestiniens et annexe de larges bandes de territoire palestinien, constitue une redéfinition de facto des frontières israéliennes. La fragmentation des territoires palestiniens, avec l’isolement total de Gaza de la Cisjordanie, et la division de la Cisjordanie elle-même en zones et sous-zones dans lesquelles il s‘avère difficile voire impossible de circuler.
• l’encouragement de la fragmentation de la société civile palestinienne via l’application de politiques qui étranglent le développement économique de la Palestine et encouragent l’émigration.

Ces mesures constituent un ensemble qui sape la viabilité d’un Etat palestinien et donc la possibilité d’une solution au conflit sur le modèle de deux Etats, qui est la base de tous les plans de paix soutenus par la communauté internationale.

Une politique de “deux poids, deux mesures”

Nous condamnons la politique de “deux poids, deux mesures” suivie par les Etats-Unis et l’Union européenne face à Israël et à l’Autorité palestinienne.

Quelques exemples, parmi d’autres, de cette politique :

• l’Union européenne, en tant que membre du Quartet, demande que les Palestiniens renoncent à l’utilisation de la violence alors qu’elle accepte l’usage d’une violence excessive et disproportionnée par Israël ;
• l’UE accepte que des ministres du gouvernement israélien ouvertement racistes (tel Avigdor Lieberman) préconisent le recours au nettoyage ethnique, tout en punissant la population palestinienne tout entière en raison des positions adoptées par le Hamas ;
• Des Juifs, d’Israël ou d’ailleurs, reçoivent des incitations financières pour s’installer dans les territoires palestiniens tandis que les Palestiniens sont privés de leur liberté de mouvement à l’intérieur de leur propre territoire ;
• Des Palestiniens citoyens israéliens sont empêchés par la loi de vivre avec des conjoints originaires des territoires occupés, alors que les droits des Juifs citoyens israéliens ne sont pas frappés de semblable limitation ;
• Israël contrôle le droit des Palestiniens des territoires occupés de se déplacer à l’intérieur de ces territoires ou à l’étranger, en particulier pour des voyages à but économique, éducatif ou de formation en Europe ou ailleurs, alors que les Israéliens sont libres de promouvoir leur économie, leur commerce ou de poursuivre leur éducation à l’étranger ;
• Les titulaires, palestiniens ou autres, de passeports étrangers, sont de plus en plus souvent empêchés de vivre et de travailler dans les territoires occupés en raison du refus israélien de renouveler les visas, ce qui a un impact dévastateur sur les universités et autres organisations, tandis que l’éducation et l’économie israéliennes continuent de bénéficier de l’accès libre consenti aux titulaires de passeports étrangers.

Cette politique de “deux poids deux mesures” est la plus visible dans l’action combinée des contrôles de frontières israéliens et du boycott du gouvernement Haniyeh qui étranglent l’économie palestinienne, tandis que les marchandises israéliennes sont importées en Europe sous le régime préférentiel prévu par l’accord d’association entre Israël et l’UE. Celui-ci reste en vigueur en dépit du fait qu’Israël est en contravention avec l’article 2 de l’accord (“Les relations entre les parties, de même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, qui inspire leurs politiques internes et internationales et constitue un élément essentiel du présent accord”). Les Palestiniens, eux, sont délibérément et totalement isolés économiquement et politiquement.

Par ailleurs, ceci aggrave la frustration ressentie par la jeunesse musulmane d’Europe, victime elle-même de discriminations. En tant que Juifs nous combattons à ses côtés la discrimination et la politique du “deux poids deux mesures” en Europe comme au Proche-Orient.

Dans le passé les Juifs ont été soumis à cette discrimination du « deux poids deux mesures ». Nous nous opposons à cette politique pratiquée par nos gouvernements nationaux et par le Conseil européen à l’égard des Palestiniens.

Cette politique du « deux poids deux mesures » met en danger les Juifs d’Israël et du monde entier, puisque Israël prétend représenter tous les Juifs.

Punis pour avoir pratiqué la démocratie dans les territoires occupés

Durant les quarante dernières années, on a exigé des Palestiniens qu’ils se conforment à des demandes en matière de démocratie et de leadership qui n’auraient été imposées à aucune nation souveraine. Les Palestiniens – un peuple sous occupation militaire – ont organisé des élections démocratiques non pas à une mais à deux reprises en dépit des entraves mises à la campagne des candidats et au vote des électeurs.

Après s’être vu refuser leur gouvernement démocratiquement élu, les Palestiniens ont réussi, avec l’appui du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, à former un gouvernement d’union nationale qui regroupe tous les partis politiques significatifs des Territoires occupés, un gouvernement qui a rencontré toutes les conditions mises par le Quartet ; c’est un pas important qui a demandé des compromis pénibles de la part de toutes les parties dans des conditions extrêmement difficiles. Et malgré cela, l’Autorité palestinienne est toujours confrontée à un boycott de l’Occident et donc à un déni de démocratie qui ne peut se justifier moralement, et démontre un aveuglement dangereux. C’est une punition collective infligée à la population palestinienne dans son ensemble, et qui a ébranlé tous les services publics y compris l’éducation.

Notre Convention lance un appel au Conseil européen

• pour mettre un terme au boycott du gouvernement palestinien et à la punition collective ainsi imposée à la population palestinienne depuis les élections démocratiques organisées en Palestine en janvier 2006 ;

• pour reconnaître et soutenir le gouvernement palestinien d’union nationale. Le président du Conseil européen et l’ensemble du Conseil doivent réactiver le Quartet et faire campagne activement pour la reconnaissance du gouvernement palestinien. Les Etats membres de l’Union et les autres institutions européennes responsables doivent non seulement reprendre l’aide économique directe à l’autorité palestinienne comme mesure urgente mais encore mettre en place un réseau de coopération économique, culturelle et scientifique, pour aider à développer l’infrastructure, les qualifications et les compétences qui sont nécessaires à la création d’un Etat palestinien viable ;

• pour demander à Israël de transférer à l’autorité palestinienne le produit des taxes et droits de douanes qu’il retient, considérant que son refus de le faire empêche des milliers de professeurs et d’autres employés du service public d’être payés ; les restrictions de plus en plus importantes à la circulation des biens et des personnes sont la cause principale de la détérioration de la situation économique et sociale des Palestiniens. La crise s’est considérablement aggravée depuis la décision prise l’année dernière de suspendre les paiements directs à l’Autorité palestinienne en dépit de la mise sur pied du « mécanisme temporaire international » et l’augmentation significative de l’aide directe.

• pour contraindre Israël à libérer immédiatement les ministres et membres du parlement palestinien emprisonnés. Le simple fait que le président du Parlement, Aziz Dweik, 20 députés et 8 membres du gouvernement Hamas démocratiquement élu soient détenus par Israël depuis le 29 Juin 2006, et que le ministre de l’Education, Dr Nasserdene Shaer et d’autres aient été emprisonnés la semaine dernière sans aucune protestation de la part des gouvernements et des parlements des pays membres du G8 remet en question notre confiance dans les valeurs morales et politiques de la démocratie et de la liberté occidentales.

Depuis les années 1980, l’OLP a reconnu l’Etat d’Israël à différentes reprises dans ses frontières de 1967. Les JEPJ appellent aujourd’hui la communauté internationale – et en particulier le Conseil européen – à réclamer qu’Israël reconnaisse le peuple palestinien en reconnaissant un Etat palestinien à l’intérieur des frontières de 1967.

Durant quarante années d’occupation, et avec l’acceptation tacite d’une large part de la communauté internationale, le gouvernement israélien s’est cru autorisé à enfreindre le droit international, la charte des Nations unies, la déclaration universelle des Droits de l’homme, la quatrième Convention de Genève. Les pays du G8 et même les Nations Unies ont fermé les yeux sur le refus israélien d’accepter les décisions de la Cour internationale de Justice à propos de l’illégalité du tracé du Mur. Les Nations Unies et la communauté internationale ont échoué à mettre en œuvre des sanctions effectives contre les infractions israéliennes au droit international.

Le mépris des initiatives arabes cruciales pour la paix

Les JEPJ déplorent le rejet arrogant par Israël de l’initiative de paix saoudienne et sa minimisation par le G8. Cette initiative a été lancée à l’origine par la Ligue arabe à Beyrouth en mars 2002 et récemment réactivée. Elle prévoit la reconnaissance de l’Etat d’Israël par tous les membres de la ligue arabe, une paix complète et des relations normalisées entre eux, en échange du retrait israélien total des territoires occupés et d’une juste solution au problème des réfugiés palestiniens.

Nous appelons la communauté internationale et en particulier l’Union européenne à demander qu’Israël réponde favorablement à la proposition arabe qui a été une fois de plus ratifiée à l’unanimité par les pays membres de la Ligue arabe lors de la conférence de Khartoum en Mai 2006 et plus récemment encore à Riyadh en mars 2007.

Conclusion

Les JEPJ saisissent l’opportunité du sommet du G8 à Heiligendamm sous la présidence de la chancelière allemande Angela Merkel pour rappeler aux pays membres du G8 et à l’Union européenne que le conflit israélo-palestinien est le conflit central de la région. Les politiques israéliennes des 60 dernières années portent une lourde responsabilité dans la violence au Moyen-Orient.

Le nœud du problème est la poursuite de l’occupation israélienne du territoire palestinien depuis 1967.

Les injustices quotidiennes et répétées dans les territoires occupés empêchent une solution pacifique de cette situation injuste infligée aux Palestiniens qui ont été contraints de fuir en 1948. Tout cela alimente la spirale de la violence.

Les JEPJ rappellent aux leaders européens la décision prise par l’Union en mars 2004, lorsque les présidents des pays européens ont déclaré unanimement leur opposition aux modifications des frontières de 1967 qui ne seraient pas mutuellement acceptées par les deux parties. Il faut souligner que, vu le déséquilibre des forces des deux parties un accord entre eux ne peut être atteint que si l’Union Européenne est disposée à voir appliquée sur Israël une forte pression pour qu’il remplisse ses obligations internationales.

Les JEPJ sont d’accord avec un rapport publié par le bien connu « International Crisis Group » en octobre de l’année passée : “Tant que l’on ne s’attaquera pas aux racines du conflit israélo-palestinien, il demeurera une source inépuisable et un prétexte de répression, de radicalisation, et de sang versé dans la région et au-delà.” Il n’y aura pas de paix, ni pour Israel ni pour la Palestine, sans un Etat palestinien viable et souverain à l’intérieur des frontières de 1967, le démantèlement des colonies juives dans les territoires occupés, l’établissement d’une Jérusalem arabe comme capitale palestinienne et une solution juste au problème des réfugiés palestiniens.

Les JEPJ réclament un changement décisif dans la politique européenne pour le Moyen-Orient

Après 40 ans d’occupation israélienne, le moment est venu d’inaugurer une ère nouvelle dans laquelle les populations de la région pourront poursuivre leur propre programme politique, économique et social.

Les JEPJ appellent le Conseil européen à

• mettre fin à la punition collective infligée au peuple palestinien depuis Janvier 2006 en reconnaissant et soutenant le gouvernement palestinien d’unité nationale ;
• demander à Israël de transférer le produit des taxes et droits de douane palestiniens à l’autorité palestinienne ;
• contraindre Israël à libérer immédiatement les membres du gouvernement et du parlement palestiniens ainsi que les autres prisonniers politiques ;
• engager Israël à répondre positivement à l’initiative de paix saoudienne récemment réaffirmée par la ligue arabe ;
• appliquer des sanctions pour obtenir la fin de l’occupation israélienne.

Nous avons tous intérêt à mettre fin à l’occupation, à construire un Etat palestinien viable dans les frontières de 1967 et à mettre en œuvre une paix juste et durable tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens.


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