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Le bras exécutif des basses œuvres de l’occupation israélienne reçu à Paris ?

vendredi 19 janvier 2007

Encore une fois, va se tenir à Paris au Bataclan le 21 janvier 2007 un Gala en l’honneur de MAGAV, avec collecte de fonds, organisé par l’association française Migdal « sous le haut patronage du ministère israélien de la Défense »...

Qu’est ce que MAGAV ? (Abréviation des mots hébreux : « la garde de la frontière »)
Issues de la police anti-émeute israélienne, et constituées en Garde Frontière, les unités mobiles de MAGAV sont chargés de la sale besogne de l’occupation illégale des territoires palestiniens : contrôles et harcèlement de la population palestinienne sur les 750 barrages de Cisjordanie, dans les villages et les villes palestiniens, à Gaza, gardes des centres de détention et tribunaux militaires dans les territoires occupés. Ses escadrons agissent aussi en Israël même : contrôles au faciès des Palestiniens citoyens ou non, démolitions des maisons dans les villages bédouins du Néguev, et aussi contre les juifs orthodoxes…

MAGAV est dénoncé depuis des années par les organisations israéliennes des droits humains qui demandent son démantèlement. Les chiffres parlent : il ne s’agit pas de bavures mais d’une politique délibérée de harcèlement, de traitements humiliants et meurtres de civils non recherchés et non armés, qui fait de MAGAV le bras exécutif des basses œuvres de l’occupation. Ses actions illégales, dont nous donnons ci-dessous quelques exemples recensés par BETSELEM et ACRI (association pour les droits civiques en Israël) font de MAGAV un contrevenant grave à la législation israélienne, au droit humanitaire, comme aux normes et conventions internationales. En effet nombre des actes commis le plus souvent dans l’impunité par MAGAV sont caractérisés par les normes internationales comme des crimes. Il se pourrait donc que cette réception dans un cadre public ou privé relève de l’apologie de crimes interdite en France tant sur le domaine public que dans un cadre privé. L’entrée sur le territoire français de ce corps de police devrait être refusée ou pour le moins contrôlée de très près, et son apologie devrait être interdite.

Serait-il imaginable d’admettre aujourd’hui la réception en France dans un cadre public ou privé d’une unité de police américaine basée en Irak, comme hier celle de certaines unités de l’armée serbe, ou de la police d’Afrique du Sud du temps de l’apartheid ?

La complicité des autorités françaises qui se manifeste déjà dans l’étranglement économique du peuple palestinien et de sa direction démocratiquement élue, dans l’impunité accordée à Israël au mépris des droits et de la justice internationale - comme la décision de la Cour internationale de justice de La Haye contre le Mur de l’apartheid, comme la décision du vote du Parlement européen pour des sanctions économiques - ne devrait pas aujourd’hui se voir augmentée d’une tolérance complaisante à l’apologie de crimes sur le territoire national.

Le silence complice des pouvoirs publics à l’égard d’une telle manifestation favorise exactement comme le fait Migdal et comme le souhaite le gouvernement israélien l’identification de tous les Juifs français à la politique d’oppression d’Israël. En conséquence il participe à la stigmatisation de toute expression légitime de protestation contre cette politique israélienne comme relevant de l’antisémitisme.

L’affiche du gala comporte l’en-tête suivant : « Le MAGAV se bat pour moi, mon cœur bat pour le MAGAV ». Ainsi le thème est annoncé : Le MAGAV se battrait pour les Juifs de France, et ils lui devraient allégeance ?

Cet amalgame permanent entre Israël et Juifs français voulu par des groupes communautaires juifs qui se comportent en « pompiers pyromanes » constitue à la fois un danger pour les Juifs français qu’il place en ligne de mire, mais surtout un danger pour la cohésion sociale de la république. En cela il est en soi perturbateur de l’ordre public.

Le message se doit d’être très clair : Il n’y a pas de place en France pour une complaisance provocatrice envers l’occupation israélienne et son bras armé.

Des exemples :
(source Betselem années 2003 à 2006 http://www.btselem.org/
– témoignages et plaintes
5 gardes frontière : pour tortures et traitements dégradants (versement d’urine sur la personne, cigarettes éteintes sur le corps)
2 gardes frontière : pour avoir battu des Palestiniens et les avoir obligé à embrasser leurs chaussures et à manger du sable et des graviers.
11 gardes frontière du bataillon 25 de Hébron inculpés de harcèlement sur des habitants, pillage des magasins, destruction de biens privés, et pour avoir battu systématiquement les passants dans les rues.
6 gardes frontière : pour avoir kidnappé un garçon de 17 ans à Hébron, et l’avoir tué en le poussant hors d’une jeep en marche à vive allure.

Betselem : tableau de violences illégales pratiquées sur des Palestiniens pris en Israël sans autorisation de séjour de 2004 à 2006
Plus de 60 gardes frontière impliqués dans des coups et blessures volontaires, traitements dégradants et humiliants : plusieurs cas rapportés de personnes obligées de ramasser avec la bouche leurs papiers d’identité sur lesquels les policiers ont uriné. Plusieurs cas rapportés de menaces sexuelles et coups portés sur les organes génitaux.

Source : Betselem : de 2000 à 2006 http://www.btselem.org/english/Statistics/Casualties_Full_Data.asp?Category=1
65 cas de Palestiniens non recherchés et non armés, dont les âges varient 8 ans, 11 ans, 14 ans, 17 ans jusqu’ à 57 ans, tués par des tirs de gardes frontière.

Source : ACRI - www.acri.org.il
Dizaines de plaintes recensées sur les comportements des gardes frontière aux barrages. Des exemples sur l’année 2006 :
Empêchement du passage des ambulances. Février
Tir à arme réelle sur un Palestinien à un barrage (perte de ses doigts). Septembre.
Humiliation, obligation de se déshabiller, coups à la tête et sur le corps. Septembre.
Harcèlement et traitements dégradants sur les habitants de trois villages : « Je te baise ou je te fais mordre par le chien ». Janvier.
- Plainte sur le comportement de MAGAV à Bi’lin : tirs sur des manifestants israéliens et palestiniens lors de manifestations contre le Mur.
- Tir à bout portant d’une balle métallique enrobée de caoutchouc sur l’avocat israélien Limor Goldstein, gravement blessé à la tête. Août.
- Plainte pour harcèlement par les gardes frontière, d’enquêteurs d’organisations de droits humains. Décembre.

UJFP Ile-de-France, le 16 janvier 2007


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