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La destruction volontaire de Gaza

dimanche 2 mars 2008

"Plus les tirs de roquettes Kassam s’intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la shoah à laquelle ils s’exposeront sera importante, parce que nous emploierons toute notre puissance pour nous défendre", a dit Vilnaï, adjoint du ministre de la Défense Ehud Barak à la radio de l’armée israélienne".
On peut discuter sur l’usage du terme "shoah", le terme est utilisé par l’adjoint du ministre israélien de la Défense. Est-ce un simple hasard ? Qu’importe !

La politique israélienne s’inscrit dans une volonté d’un Etat juif ethniquement pur ce qui implique la destruction de la Palestine ; les actions à répétitions contre Gaza le montrent suffisamment. On comprend alors combien le retrait israélien de Gaza relevait moins d’une quelconque volonté de paix que de la volonté de mieux contrôler un territoire quitte à le détruire si nécessaire, que ce soit par l’action armée ou que ce soit par un blocus destiné à réduire la population en lui ôtant ses moyens d’existence.

Le sionisme a conduit l’Etat d’Israël à une militarisation extrême et à une guerre permanente contre les Palestiniens chassés de leur terre et soumis à une occupation destructrice. La "seule démocratie du Moyen-Orient", comme ses amis se complaisent à la dire, est une démocratie sélective, réservée aux seuls juifs ; cette démocratie ne peut exister que par la lutte contre ses ennemis et l’unité israélienne se construit sur la destruction de la Palestine. En cela le projet d’un havre de paix pour les juifs proposé par les Pères fondateurs a échoué pour se transformer en un Etat guerrier qui ne vit que par le destruction de ceux dont il a conquis la terre.

Partie du monde occidental dont il représente le bastion avancé au Moyen Orient, Israël sait qu’il peut compter sur les pays occidentaux (USA et UE) pour mener sa politique, ce qui lui permet de violer le droit international en toute impunité. D’autres Etat seraient soumis à des sanctions, mais il semble interdit que la moindre sanction soit prise à l’encontre d’Israël ; d’une part un monde occidental qui porte une part de responsabilité dans l’antisémitisme et ses conséquences meurtrières et s’appuie sur une culpabilité quelque peu indécente pour refuser toute sanction contre l’Etat dit juif, d’autre part des raisons géopolitiques conduisent les Etats occidentaux à soutenir leur bastion avancé.

Dans quelques jours, le Salon du Livre de Paris s’ouvrira avec un invité d’honneur ; l’Etat d’Israël qui fête son soixantième anniversaire. On oublie facilement que c’est aussi le soixantième anniversaire de la Naqba, la destruction de la société palestinienne et l’expulsion d’une grande partie de la population, on oublie facilement que la création de l’Etat d’Israël s’accompagne d’un déni de justice envers la population de la Palestine.
Cette invitation est déjà un premier scandale, mais le fait qu’elle ait lieu au moment où l’Etat d’Israël ajoute au blocus qu’il impose à la population de Gaza des attaques meurtrières contre cette population, au moment aussi où un représentant officiel israélien se permet de parler de Shoah des Palestiniens, on ne peut que comparer le Salon du Livre aux Jeux Olympiques de Berlin de 1936 qui marquait une acceptation, sinon une reconnaissance, du nazisme par les démocraties qui y envoyaient leurs athlètes. Une différence cependant, tout en participant au grand spectacle mis en place par les nazis, les démocraties savaient que l’Allemagne nazie était un ennemi, alors que ceux qui invitent l’Etat d’Israël à Paris considèrent cet Etat comme un ami.
Condamner Israël passe aux yeux de certains comme une forme d’antisémitisme. Peut-on condamner les enfants de la Shoah ? On peut alors répondre que les responsables des agissements guerriers israéliens ne peuvent prétendre au titre d’enfants de la Shoah lorsqu’ils comparent eux-mêmes leurs actes à ceux des nazis, lorsqu’ils pratiquent une politique de destruction d’un peuple. On peut aussi ajouter que cette judéophilie qui consiste à soutenir la politique d’un Etat que l’on appelle juif est tout aussi suspecte que les diverses formes de judéo phobie, qu’elle est essentiellement un prétexte qui masque des intérêts géopolitiques.

Une politique de sanctions contre cet Etat guerrier est aujourd’hui nécessaire si on veut mettre fin à la destruction de la société palestinienne, au rétablissement du droit et de la paix dans cette région, politique qui comprendrait un boycott des relations économiques, politiques et culturelles. Et que l’on arrête de se référer à la lutte contre l’antisémitisme pour protéger l’Etat d’Israël. Comme si, dans les années trente du siècle dernier, on s’était référé aux ravages qui se sont produits en Allemagne pendant la guerre de Trente Ans ou les guerres napoléoniennes pour défendre le nazisme.

Rudolf Bkouche
Vice Président de l’UJFP


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