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Israël a empêché la tenue d’un Concert pour la Paix...

lundi 7 janvier 2008

Un concert pour la paix était prévu le 18 décembre dans la Bande de Gaza. L’association palestinienne à but non lucratif Al Kamandjati (« le petit violoniste » en arabe), dont l’objectif est de promouvoir la musique au sein de la population palestinienne, devait jouer avec un orchestre de 20 musiciens dans le cadre d’un festival de musique baroque qui avait alors lieu à travers Israël et les territoires palestiniens.

Nicole Schnitzer-Toulouse, chanteuse lyrique et ancien membre du Bureau national de l’UJFP, ainsi que l’UJFP dans son ensemble, ont soutenu un projet en France en 2004 pour venir en aide à cette association musicale palestinienne. Quant au festival de musique baroque, qui a eu lieu en Israël et en Palestine au mois de décembre, il était soutenu par la Fondation Barenboim-Saïd, du nom des deux célèbres personnalités, le chef d’orchestre juif Daniel Barenboim et l’intellectuel palestinien feu Edouard Saïd.

Afin de pouvoir passer de la Cisjordanie à Gaza, et avec l’aide du Consulat général de France à Jérusalem, les membres de l’orchestre d’Al Kamandjati avaient tous reçus l’aval des autorités israéliennes. Pour motifs de sécurité, Tel-Aviv octroi en effet ce genre « d’autorisation de passage » (sic) alors qu’il s’agit de deux territoires palestiniens.

Pourtant, à la veille du concert, l’Administration de liaison et de coordination pour Gaza (qui dépend du ministère de la Défense israélienne) a refusé au chef d’orchestre de Ramallah, Ramzi Aburedwan, la permission de franchir le point de passage d’Erez. Le ministère de la Défense n’a fourni aucune explication, prétendant qu’Aburedwan « n’avait pas les autorisations nécessaires ». Alors qu’ils auraient pu passer, les autres musiciens ont rebroussé chemin par solidarité avec Aburedwan.

Lors d’une conférence de presse le 17 décembre, Daniel Barenboim a fustigé la décision israélienne, exprimant sa « désolation profonde devant cette discrimination flagrante contre un musicien palestinien, qui a empêché l’orchestre de faire ce geste humanitaire vital pour la population de Gaza. » Peut-être les autorités israéliennes considèrent-t-elles qu’un concert pour la paix constitue un acte terroriste et une menace pour la sécurité.

Mais cet incident, comme des centaines d’autres tous les jours aux barrages militaires dans les territoires occupés, n’a rien à voir avec des impératifs de sécurité. Il constitue tout simplement une mesure vexatoire destinée à exaspérer la population et la pousser à la révolte. Si la musique adoucit les mœurs, on ne peut pas dire autant de l’arbitraire exercée par l’armée israélienne.

- Richard Wagman


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