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Se confronter à la critique ! (Evelyn Hecht-Galinski)

jeudi 12 octobre 2006

Article paru le 8/9/2006 dans le "Frankfurter Allgemeine Zeitung"

C’est justement en tant que fille d’Helsinki Galinski, ancien président du "Conseil Central" (l’équivalent du CRIF en France-NDRL) et survivant des camps de concentration que j’ai considéré de mon devoir d’adhérer à l’organisation des [url=http://www.ejjp.org/]Juifs Européens pour une Paix Juste[/url]
On trouve dans cette organisation des positions très diverses concernant la foi, le sionisme, la nationalité. Mais sur une chose nous sommes tous d’accord : Israël porte la responsabilité principale de ce conflit.
Il n’y a pas UN Israël, c’est pourquoi je ne veux pas être solidaire d’une politique israélienne qui n’est pas parvenue en presque 60 années à établir une existence pacifique avec ses voisins.

Le devoir principal du gouvernement israélien, avec tous les moyens de son armée dotée d’un équipement de haut niveau technologique, est de protéger sa population le long de ses propres frontières, c’est à dire pour moi les frontières de 1967, antérieures à la guerre de Juin (la guerre des 6 jours).
Imaginons que toute l’armée stationnée illégalement dans les territoires occupés soit déployée le long de sa propre frontière pour protéger la population. On ne peut imaginer un état qui protégerait mieux sa population.
Toujours plus de juifs, de tous les pays, protestent contre cette politique qui bafoue les conventions de Genève depuis 39 ans. Occupation permanente, non-respect des droits, oppression et humiliation quotidienne des Palestiniens, opérations militaires innombrables contre un peuple sans état ni armée, assassinats ciblés, expropriations arbitraires de terres, destruction des infrastructures, maisons dynamitées, construction forcenée d’une barrière et d’un mur , implantation permanente de colonies ainsi que, dernièrement, la guerre d’agression contre le Liban et Gaza, tout ceci ne peut plus être accepté en silence.
Au lieu de la demande d’Israël d’un déploiement de soldats allemands au Liban pour, entre autre, y remplir a posteriori les objectifs de guerre non atteints, les soldats allemands doivent être utilisés pour la reconstruction des infrastructures délibérément détruites. Le cycle désormais classique : destruction par Israël, reconstruction par les européens, dernière destruction par Israél entraînant une paupérisation massive, régression économique des territoires occupés, ce cycle doit être brisé.
En tant que juive allemande, je me sens obligée de dénoncer l’injustice, même si elle émane du soit-disant « seul état démocratique du proche-orient ».
Les gouvernants d’Israël n’abusent pas seulement de mon nom, il ont le front de se référer à mes ancêtres assassinés. Ils n’ont pas honte d’invoquer mes grands-parents assassinés dans les camps de concentration et les fosses communes pour justifier leurs méfaits en Palestine et au Liban. Les morts ne peuvent se défendre. Moi ! Si !
Le Comité Central des Juifs en Allemagne ne remplit pas, pour la énième fois, sa fonction en s’érigeant comme porte-parole du gouvernement israélien et de l’ambassade israélienne en Allemagne. Ceci est pour moi comme pour mes camarades juifs insupportable, ceci n’est pas une opinion personnelle .
La réfutation automatique des critiques justifiées d’Heidemarie Wieczorek-Zeul ou de Rolf Verleger, l’ancien membre du bureau du Conseil ; plus grave encore, la diffamation envers ma personne de la part de Salomon Korn, vice-président du Conseil Central en tant que juive ayant la « haine de soi » et « juive de cour utile » est une réaction de colère aveugle et démontre un désarroi intellectuel. S’il faut parler de « juifs de cour », cette caractérisation diffamatoire convient davantage au Conseil Central. Je ne fréquente ni la « cour », encore moins les « cours ».
Le Conseil Central devrait s’engager pour l’avenir et tout d’abord faire la clarté dans ses rangs, par exemple sur la critique d’Heidemarie Wieczorek-Zeul, qui n’a fait qu’attirer l’attention sur les bombes à fragmentation aux effets très aléatoires au Sud-Liban qui mettent en danger les civils et les enfants lors de la reconstruction et qui devraient, en outre, être universellement interdites. D’autre part elle exigeait une commission d’enquête de l’ONU sur l’utilisation de bombes à fragmentation au Sud-Liban par Israël qui est actuellement mise en place. Le coordinateur des actions d’urgence de l’ONU Egeland avait, en préambule, trouvé choquant et immoral, le fait que 90% des bombes à fragmentation aient été lâchées dans les dernières 72 heures du conflit.
Tôt ou tard, le Conseil Central devra se confronter à la critique et aux faits, dans son propre intérêt, pour redevenir crédible.

Traduit de l’allemand par Elias Seidowsky, vice président de l’UJFP


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