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Haniyeh : Nous accepterons Israël dans les frontières de 67

mardi 11 novembre 2008

Par Amira Hass

Le dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, Ismail Haniyeh, a déclaré hier que son gouvernement était disposé à accepter un Etat palestinien aux côtés d’Israël dans les frontières de 1967.

Il s’exprimait lors d’une rencontre avec 11 parlementaires européens qui étaient partis de Chypre pour la bande de Gaza afin de protester contre le blocus maritime du territoire imposé par Israël. Haniyeh a déclaré à ses hôtes qu’Israël avait rejeté son initiative.

Clare Short, qui a fait partie du gouvernement de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, a demandé à Haniyeh de renouveler son offre. Il a répondu que le gouvernement du Hamas avait décidé d’accepter un Etat palestinien sur les frontières de 1967 et avait offert à Israël une hudna ou trêve à long terme, si Israël reconnaissait les droits nationaux des Palestiniens.

En réponse à une question sur l’impression de la communauté internationale qu’il existait deux Etats palestiniens, Haniyeh a déclaré : « Nous n’avons pas d’Etat, ni à Gaza ni en Cisjordanie. Gaza est assiégée et la Cisjordanie est occupée. Ce que nous avons dans la bande de Gaza n’est pas un Etat, mais plutôt un régime d’un gouvernement élu. Un Etat palestinien ne sera pas créé pour l’instant sauf dans les territoires de 1967 ".

La délégation parlementaire était dirigée par Lord Nazir Ahmed, qui est né au Pakistan et est membre de la Chambre des Lords britannique. Ahmed, la Grande-Bretagne le deuxième élu musulman et le seul né musulman, a raconté comment, il y a 10 ans, il avait prêté serment à la Chambre des Lords sur un Coran. "Et maintenant, vous nous représentez », lui a dit Haniyeh hier.

Ahmed a interrogé Haniyeh sur les relations du Hamas avec l’Iran et lui a demandé de répondre aux affirmations de" nos amis sionistes" disant que le Hamas, comme l’Iran, avait l’intention de détruire l’État d’Israël et de jeter les Juifs à la mer.

"Nos relations avec l’Iran sont comme celles avec les autres États musulmans. Est-ce qu’un peuple assiégé qui attend en haletant un bateau venant de la mer veut jeter les Juifs à la mer ? Notre conflit n’est pas avec les Juifs, notre problème est avec l’occupation », a dit Haniyeh.

Le bateau de protestation, le Dignité, a accosté dans le port de Gaza hier matin, avec à son bord neuf députés anglais et irlandais, un député suisse et un député italien. Les parlementaires ont voulu exprimer leur opposition au blocus de la bande de Gaza et voir par eux-mêmes ses effets sur la population de Gaza.

Les 11 parlementaires faisaient partie des quelques dizaines de membres des parlements européens qui, il y a environ deux semaines, ont été interdits d’entrée à Gaza au point de passage de Rafah par les dirigeants égyptiens.

Il s’agissait du deuxième voyage en 10 jours du Dignité entre Chypre et la Bande de Gaza et du troisième voyage en trois mois que l’organisation Free Gaza Movement organisait en protestation et en visite de la Bande de Gaza.

Le moment le plus important de la première journée du groupe dans la bande de Gaza a été leur rencontre avec Haniyeh dans sa résidence officielle située à Rimal, un quartier chic de la ville de Gaza – l’ancienne résidence de Yasser Arafat. La rencontre de deux heures s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, à l’issue de laquelle les parlementaires ont pu noter les bonnes manières de leur hôte.

"Votre visite prouve que le peuple palestinien n’est pas seul dans sa lutte contre le blocus et que beaucoup des peuples du monde libre et cultivé nous soutiennent », a déclaré Haniyeh à ses invités.

Il leur a expliqué les raisons pour lesquelles le Hamas boycottait les pourparlers avec le Fatah qui devaient commencer aujourd’hui au Caire. « Nous avions 17 prisonniers politiques [du Fatah, détenus sans procès et sans avoir été inculpés] qui étaient détenus dans des conditions difficiles - Je ne suis pas fier de cela », a dit Haniyeh. "Ils ont été libérés. Nous nous attendions à une mesure similaire de nos frères de Ramallah, mais, malheureusement, la situation n’a fait que s’aggraver avant la réunion du Caire."

Selon Haniyeh, environ 400 activistes du Hamas sont détenus dans des prisons de l’Autorité Palestinienne en Cisjordanie, et aucune des demandes de leur libération n’a été entendue.

Haniyeh a déclaré que les déclarations du Président palestinien, Mahmoud Abbas, à la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, lors de sa visite prouvaient que les États-Unis ne permettent pas que les deux factions palestiniennes parviennent à se réconcilier. Il a déclaré que l’Autorité Palestinienne devait se débarrasser du "poing américain" qui le contrôle.

Les politiciens européens avaient amenés avec eux une tonne de médicaments et trois scanners utilisés pour les blessures à la colonne vertébrale, a déclaré Arafat Shoukri, 37 ans, un médecin basé en Grande-Bretagne.

« Nous apportons des médicaments de base comme du paracétamol et des analgésiques. Nous avons été choqués lorsque nous avons eu la liste du Ministère de la Santé dans la bande de Gaza - cela signifie qu’ils n’ont rien », dit Shoukri.

Les agences d’aide internationale, y compris le Comité International de la Croix-Rouge, ont dit que pratiquement pas de médicaments entraient dans la bande de Gaza.

Source : http://www.haaretz.com/
Traduction : MG pour ISM


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